‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 2)Chapitre 277 sur 400 · STS-PIERRE-ET-MARCELLIN · texte numérisé non relu

STS-PIERRE-ET-MARCELLIN

+ HOC BENEDICTI PP QVIESCVNT MEMBRA SEPVLCHRO

SEPTIMVS EXISTENS ORDINE QVIPPE PATRVM

HIC PRIMVS KEPPVLIT FRANCONIS • SPVRCA SVPERBI

CVLMINA QVI INVASIÏ SEDIS APOSTOLICAE

QVI DOMINVMQVAE SVVM CAPTVM IN CASTRO HABEBAT

CARCERIS INTEREA VINCLIS • CONSTRICTVS IN IMG

STRANGVILATVS VBI EXVERAT HOMINEM

CVMQUE PATER MVLTVM CERTARET • DOGMATE SCO

EXPVLIT A SEDE INIQVVS NAMQVE INVASOR

HIC QVOQVE PREDONES SCORUM FALCE SVBEGIT

ROMANE ECCLESIE IVDICIISQVAE PATRUM GAVDET AMANS PASTOR AGMINA CVNCTA SIMVL HICCAE MONASTERIVM STATVIT MONACHOSQ • LOCAVIT. QVI LAVDES DNO NOCTE DIEQVAE CaNANT CONFOVENS VIDVAS • NECNON ET INOPESQ PVPILLOS VT NAIOS PROPRIOS • ASSIDVE REFOVENS INSPECTOR TVMVLI COMPUNCTO DICITO CORDE CV XPO REGNES • O BENEDICTE DO D • X • M • IVL IN APLA. SEDE RESIDENS • VIIII • ANN • OBIIT AD XPM INDIC • XII.

Les nefs ne renferment plus rien d'antique, sinon les colonnes et le pavé. On attribue à Giotto la grande peinture de l'abside, qui représente le Sauveur et des épisodes de l'invention et de l'exaltation de la Croix; certainement elle a été très retouchée à une époque très postérieure. Le clocher garde encore sa forme du XI P siècle.

On peut voir à côté 1' « amphithéatrum castrense » (I^r siècle) englobé plus tard dans l'enceinte d'Aurélien.

§ X. Sts-Pierre-et-Marcellin.

L'église urbaine des Sts-Pierre-et-Marcellin a beaucoup moins d'importance que la basilique cimitériale du même nom bâtie par Constantin sur la voie Labicane. Elle était à côté d'un temple du culte isiaque. La première mention que nous en avons remonte au temps de S. Grégoire le Grand C). Il semble' qu'elle devint titre en même temps que Ste-Croix-de-Jérusalem, et que ces deux nouveaux titres se

f . Cf. Grisar, Storia di Roma e dei papi, t. I, pag. 254.

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partagèrent les habitants appartenant à l'ancien titre de Nicomède ou à celui de « Matthaeus in Merulana.

Dans des fouilles faites sous la confession en 1750, on trouva un fragment avec le nom du pape Sirice :

NATAL SIRICI -f PAPAE

ECCLESIAE RIQVE • OR //////

Et un autre : SVMPTV • PROPRIO • FECIT

M. Armellini en a conclu que l'église existait dès le IV® siècle; mais rien ne prouve que ces fragments n'y furent pas apportés d'ailleurs. Le Liber pontificalis parle d'une restauration sous Grégoire III (732): « Fecit de novo ecclesiam SS. Marcellini et Pétri prope Lateranum. » Au IX® siècle, elle hérita des privilèges de l'église suburbaine abandonnée après l'enlèvement des corps saints par des pèlerins allemands Q-). Elle a été presque entièrement refaite sous Alexandre IV au XIII® siècle, et restaurée au XVI 11^ par Benoît XIV. Dans ces environs devait être un titre appelé de Fullonica, absolument inconnu, et dont le nom nous a été révélé tout récemment par une inscription, retrouvée dans le cimetière de St-Calixte.

I. Cf. Notions générales, p. 104 ; Itinéraire des catacombes, p. 210.

LA IVe région ecclésiastique correspondait aux IV^ et VI^ régions civiles, « Templum pacis » et « Alta semita ».

Les principaux monuments de la IV^ région civile étaient: le « Templum Pacis », construit par Vespasien sur le « Forum Pacis », c'est-à-dire derrière Sts-Côme-et-Damien, à peu près à l'extrémité de la Via Alessandrina ; on y gardait les trésors enlevés aux villes vaincues, en particulier le chandelier à sept branches; — le « Templum Romae », ou « Templum Urbis, Templum Sacrae Urbis », avec une entrée latérale, encore visible, où se trouvaient la préfecture urbaine, le dépôt du p.' an de Rome, des registres d'impôts, etc. ; — le temple rond de Romulus, construit par Maxence en l'honneur de son fils, et dédié plus tard à Constantin, comme l'attestait l'inscription qu'y vit encore Panvinio; — ■ le temple dédié par Antonin à sa femme Faustine, et ensuite par le Sénat à Antonin lui-même; — la « Basilica Aemilia », sur le côté septentrional du Forum Romain. La IV^ région s'étendait de Ste-Marie-aux-Monts au Colisée, comprenant le côté nord du Forum, le Forum de Nerva ou « Forum transitorium », commencé par Domitien, et la Subura.

§ P^ St-Laurent-in-Miranda.

Le sens de l'appellation « in Miranda » est très controversé. D'aucuns veulent y voir une allusion aux merveilles du Forum, mais cette étymologie n'a pour elle aucune preuve positive. L'église de St-Laurent fut formée dans l'intérieur du temple d'Antonin et Faustine. Cet édifice avait été dédié d'abord à Faustine: DIVAE FAVSTINAE EX SC, c'est-à-dire la première Faustine, car il est tout à fait semblable à celui

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que représentent les médailles de cette princesse. Elle mourut en 141. A la mort d'Antonin (160), on ajouta la première ligne de la dédicace: Divo antonino et. Les Mirabilia nous parlent de cette église. La transformation a donc été faite dans le haut moyen-âge. A quelle époque exactement? nous l'ignorons. Mais il est probable que ce fut à l'époque byzantine, vers la fin 'du VJe siècle, au plus tard pendant le VlJe.

Dès l'origine elle fut dédiée à S, Laurent. Quand il s'agit de saints étrangers, comme les SS. Côme et Damien, il faut attribuer à une dévotion spéciale le choix qui les a fait prendre comme titulaires d'une église. Mais pour les saints romains, il faut en chercher la raison dans quelque souvenir local. Nous voyons en particulier pour S. Laurent que l'église St-Laurent-in-Panisperna rappelle le lieu de son martyre, St-Laurent-hors-les-Murs son tombeau, St-Laurent-in-Lucina la maison d'une dame chrétienne qu'on mit en relation avec le saint diacre, etc. Peut-être y avait-il ici un souvenir de son procès, soit que celui-ci se fût déroulé au « Tem' plum Telluris », près du Forum d'Auguste, comme celui de bien d'autres martyrs, ou au « Templum sacrae Urbis » qui était la préfecture urbaine, ou même à la basilique Émilienne ; car, plus d'une fois des martyrs ont été condamnés dans des monuments sacrés ou civils, et à cause de cela quelques-uns sont devenus des églises, pai, exemple, celui de Palestrina en souvenir du martyr local S. Agapit (1).

St-Laurent-in-Miranda est un temple proprement dit transformé en église chrétienne, tandis que le « Templum sacrae Urbis » était un monument consacré, il est vrai, mais sans caractère religieux, et le « Templum divi Romuli » n'était qu'un « heroon », un monument commémoratif où on n'offrait pas de sacrifices. L'église moderne, bâtie au XVIP siècle sur l'ancienne, est de mauvais goût et ne renferme rien d'intéressant. Sa désaffectation, désirée par plusieurs, serait néanmoins regrettable, aussi bien que celle

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