STE-MARIE-AD-MARTYRES
C'est la première fois qu'on rencontre le nom de Panthéon appliqué à ce monument. Devant le temple s'étendait une place rectangulaire entourée de portiques. Au milieu de « l'area » il y avait un arc auquel Dante fait allusion, et que les Mirahilia appellent « arcus pietatis », sans doute parce qu'un bas-relief représentait un prisonnier implorant pitié; c'était probablement un arc triomphal d'FIonorius et Arcadius.
Les thermes d'Agrippa ', derrière le Panthéon, furent construits vers 735, après l'achèvement de l'aqueduc de l'eau Vierge. Hadrien les restaura. Ce qu'on voit adossé au temple est une partie du « frigidarium » découverte en 1882 ; les sculptures très élégantes représentent des dauphins, en souvenir de la bataille d'Actium. Le « calidarium » était à r « arco délia Ciambella » (ainsi nommé à cause du voisinage d'un hôtel au moyen-âge); le « tepidarium », entre le séminaire français et le palais de l'Académie ecclésiastique. Ces thermes s'étendaient jusque vers les Stimmate et St- André-della-Valle ; ils sont indiqués sur un fragment du plan de Rome retrouvé au Forum en 1901. Ils étaient entourés de jardins qu'ornaient de très belles statues, notamment i'Apoxiomenos de Lysippe, dont une reproduction en marbre est au musée du Vatican. Le « lacus Agrippae » était près de St-André-della-Valle. De l'autre côté se trouvait le temple d'Isis et Sérapis, d'où proviennent tous les monuments égyptiens recueillis dans ce quartier. Deux de ces monuments, les lions au cartouche de Nektanebo II (30^ dynastie, IV® siècle avant J.-C), après avoir été transportés à la place de Termini, ont été placés dans le musée égyptien du Vatican ; on en voit des copies à la fontaine de l' Acqua Félice, près de Ste-Susanne. Deux autres monuments sont restés presque à leur place :( robélisque de Ramsè» II (IQ^ dyn., 120O av. J.-C.) sur la place du Panthéon ; et celui de Uahabra, THofra de la Bible (26^ dyn.. Vie siècle av. J.-C), sur la place de la Minerve.
Le Panthéon, comme temple païen, dut être fermé au IV^ siècle, sous Théodose; mais il put continuer à servir comme lieu de réunion. Au VIP siècle, Boniface IV, avec la permis-
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sion du gouvernement de Constantinople, le consacra au culte chrétien (13 mai 610). Cette région manquait en effet de grandes églises. Boniface ayant été élu en 608, la même année où fut érigée la colonne de Phocas, il est possible qu'il ait eu quelque part à l'érection et qu'en retour l'empereur ait voulu lui donner une preuve spéciale de sa bienveillance (1). Une inscription des cryptes Vaticanes O, composée par Boniface VIII pour le tombeau de Boniface IV, rappelle la dédicace du Panthéon, sous le nom de S. Maria-ad-martyres. Une légende veut qu'à cette occasion le pape y ait fait transporter 38 chariots de reliques de Saints. C'est tout à fait invraisembleble, les grandes translations ayant commencé beaiicouep plus tard. Ce qui est possible, c'est que Boniface y ait déposé des «patrocinia» ou même quelques vraies reliques. Ne lui aurait-on pas aussi attribué une translation ordonnée plus tard par Grégoire IV, qui restaura l'église et en fit une nouvelle dédicace le 1^^ novembre? A cette seconde dédicace doivent leur origine la fête de la Toussaint, et secondairement la commémoration des morts instituée au XI^ siècle. Au moyen-âge, le Panthéon s'appelait « S. Maria rotunda », et le nom est resté dans le langage populaire. On voit près de la porte d'entrée une inscription de 1270 relative au clocher, ,« nolarium » (^), et rappelant la plus longue vacance qu'ait connue le St-Siège, celle qui suivit le pontificat de Clément IV (f 1268) et qui se termina par l'élection de Grégoire X ^à Viterbe (1271). Dans les dernières réparations faites au pavé, avant 1870, on a détruit beaucoup de tombeaux. Il reste encore le modeste monument de Raphaël avec la célèbre inscription composée par le cardinal Bembo :
Ille hic est Raphaël timuit quo sospite vinci Rerum magna parens et moriente mori.
1. Cf. Lazeri, Délia consecrazione del Panthéon fatta da Bonifazio IV, Roma, 1749.
3. On appelait les cloches « nolae », parce qu'on les croyait instituées par S. Paulin de Noie.