‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 2)Chapitre 370 sur 400 · Ovide, Pas t., I · texte numérisé non relu

Ovide, Pas t., I

466 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.

un dessin du Xy^ siècle nous y montre encore le buste d'Esculape et la fig'ure du serpent.

Dans cette petite île il y a deux églises : celle de St-Jean- Calybite et celle de St-Barthélemy.

L'église de St-Jean-Calybite remonte peut-être au V^ siècle; on pense qu'elle fut construite par Pierre, évêque de Porto (484), sur la maison même du saint à qui elle est dédiée. La vie extraordinaire de ce saint est tout à fait semblable à celle de S. Alexis, au point que beaucoup de critiques y ont vu une seule et même légende. Une bulle de Benoît VIII (1012-1024) cite cette église. Le manuscrit de Turin la mentionne, mais comme une église détruite. L'église actuelle date du XVI P siècle; elle fut rebâtie en 1640. On y retrouva alors les reliques de S. Jean Calybite et d'autres saints, qu'y avait déposées Formose, évêque de Porto et plus tard pape (\). Le sarcophage, maintenant au musée de Latran, porte l'inscription suivante:

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YPPOLITI • TAVRINI • HERCVLANI • ATQVE ' lOHANNIS

CALIBITIS • FORMOSVS • EPS ' CONDIDIT (2;.

L'église de St-Barthélemy, plus récente, fut dédiée d'abord à S. Adalbert, évêque de Prague au X^ siècle. Othon III, empereur d'Allemagne, la fonda pour abriter les reliques de ce saint et celles attribuées à S. Barthélémy et à S. Paulin de Noie, qu'il avait rapportées de Bénévent. Nous la voyons citée pour la première fois en 1029, dans un document où elle ^st appelée « ecclesianS. Adalberti in insula Lycaonia ». Plus tard elle reçut le nom de S. Barthélémy, encore qu'il soit fort douteux que les citoyens de Bénévent aient vraiment livré à Othon le corps de cet apôtre, comme l'a reconnu Benoît XIII, archevêque de Bénévent avant d'être pape. L'inscription gravée au-dessus de la porte rappelle une restauration faite sous Pascal II (1099-1118):

1. Au moyen-âge, une partie du Transtévère et l'île du Tibre dépendaient ■de l'évêché de Porto.

2. Cf. Marucchi, Guida del museo cristiano /ateranense, p. 201.

LES ÉGLISES DE l'iLE DU TIBRE. 467

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C'est la seule inscription dédicatoire dans laquelle soit nommé Othon III. Ce prince aimait beaucoup Rome. Proclamé empereur en 983, il fit élire pape son cousin Grégoire V (996), et fut couronné par lui la même année. Tous deux entreprirent de concert une réforme de l'Église. Après avoir quitté Rome, il y revint pour châtier l'antipape Philagate; il s'empara aussi ^de Crescentius, qui s'était enfermé dans le château St-Ange (993). A la mort de Grégoire V, il fit porter les suffrages sur son ancien maître Gerbert, Sylvestre II (9'99-1003). Othon se construisit un magnifique palais sur l'Aventin, près de St-Alexis ; plusieurs de ses actes sont ainsi datés : « datum Romae in palatio monasterio » (}). C'est alors aussi que, par dévotion pour S. Adalbert, il éleva l'église de l'île du Tibre, que consacra l'évêque de Porto. De l'édifice primitif, modifié par de fréquentes restaurations, il ne reste que les douze colonnes en granit. Le campanile est du commencement du XI I^ siècle, la façade du temps d'Urbain VIII.

A l'intérieur devant le maître-autel on voit un puits très ancien dont l'origine se rattache peut-être au temple d'Esculape. L'enceinte cylindrique en marbre de ce puits est du X^e Qu Xlme siècle. Les sculptures très grossières représentent le Sauveur, S. Barthélémy, S. Paulin de Nola et l'empereur Othon.

Dans la chapelle à gauche dédiée à S. Paulin furent conservées les reliques de ce saint jusqu'à nos jours. Le pape Pie X les donna en 1909 à l'évêque de Nola où elles furent transportées. Sous le maître-autel on vénère les reliques de S. Barthélémy.

Je termine avec cette église la description des églises

I. Cf. Duchesne, Les premiers temps de V État pontiûcal^ p. 191 sq.

468 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.

urbaines de Rome qui relèvent plus particulièrement de l'archéologie. Pour les autres, dont quelques-unes, à vrai dire,, sont très anciennes, mais qui dans leur état actuel ne présentent comme monuments aucun intérêt spécial, on pourra se reporter au catalogue complet placé en appendice à la fin du volume.

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Gï)apitre liou3ième.

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