‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 2)Chapitre 390 sur 400 · BASILIQUE DE ST-PANCRACE · texte numérisé non relu

BASILIQUE DE ST-PANCRACE

L'autre est une des inscriptions damasiennes les mieux conservées; c'est l'éloge de S. Eutychius, victime de la persécution de Dioclétien, et la description des supplices qu'il endura:

EVTYCHIVS MARTYR CRVDELIA IVSSA TYRANN^ CARNiFICVMQVE VIAS PARITER TVNC MILLE NOCENDI VINCERE QVOD POTVIT MONSTRAVIT GLORIA CHRISTI CARCERIS ILLVVIEM SEQVITVR NOVA POENA PER ARTVS TESTARVM FRAGMENTA PARANT NE SOMNVS ADIRET BIS SENI TRANSIERE DIES ALIMENTA NEGANTVR MITTITVR IN BARATRVM SANCTVS LAVAT OMNIA SANGVIS VVLNERA QVAE INTVLERA 1' MORTIS METVENDA POTESiAS NOCTE SOPORIFERA TVRBANT INSOMNIA MENTEM OSTENDIT LATEHRA INSONTIS QVAE MEMBRA TENERET QVAERITVR INVENTVS COLITVR FOVET OMNIA PRAESTAI" EXPRESSIT DAMASVS MERITVM VENERARE SEPVLCRVM

S. Eutychius martyr est fêté le 4 février; son corps a été transporté à St-Laurent-in-Damaso. Il y avait probablement un oratoire extérieur au-dessus du souterrain; et c'est là peut-être qu'était placée l'inscription damasienne.

Une inscription moderne, fixée à droite de la chapelle de St-Sébastien, mentionne comme appartenant à cette catacombe un grand nombre de tombeaux de papes et tous les souvenirs qui se rattachent réellement au cimetière de Calixte. Elle est manifestement fausse; on peut s'étonner qu'elle n'ait pas encore été supprimée. La pierre conservée aussi dans cette église, sur laquelle on prétend distinguer la trace des pieds du Sauveur, est une reproduction du moyen âge faite pour rappeler la légende de la célèbre apparition.

§ IV. Basilique de St-Pancrace.

S. Pancrace est, d'après la tradition, un jeune martyr de douze ans, victime de la persécution de Dioclétien; une matrone, Octaville, recueillit ses restes et les déposa dans le cimetière privé qu'elle possédait sur la « via Aurélia ». De bonne heure on construisit sur le tombeau une basilique

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qui fut, à la, fin du IV^ siècle, restaurée et ornée par le pape Symmache (1). Au VI I« siècle, Honorius 1^^(630) la rebâtit, changea un peu la position du sarcophage du martyr qui, lors de la construction de la basilique, avait été laissé à sa place primitive, « ex obliquo aulae», et plaça dans l'abside une inscription qui nous est connue par l'Itinéraire d'Einsiedeln: « Ob insigne meritu et singulare beati Panchratii Martyris beneficium basilicam vetustate confectam extra corpus martyris neglecti antiquitatis extructa Honorius eps Di famulus abrasa vetustatis mole ruinaq. minante a fundamtis noviter plebi Di construxit et corpus martyris quod e% obliquo aulae jacebat altari insignibus ornato metallis proprio loco collocavit »i^). Le corps n'ayant jamais été transporté à l'intérieur de la ville, ce tombeau resta toujours en grande vénération: c'est ce qui explique comment on a concentré là au moyen-âge tous les souvenirs chrétiens de la voie Aurélienne.

De l'ancienne basilique il ne reste presque plus rien. On voit au musée de Latran quelques fragments de mosaïque ayant appartenu à l'ambon, avec l'inscription en vers rimé du XI^- ou XIP siècle:

Qui legit attendat ad quid sacra lectio tendat.

L'édifice actuel date du XVI le siècle: la façade et l'autel ont été faits par ordre du cardinal de Torres (1609), l'abside par les soins du cardinal Vidoni (1673). Les quatre colonnes qui entourent le sanctuaire proviennent de l'ancienne église, ainsi qu'une colonne isolée qui, d'après la tradition locale, aurait servi de support à l'ambon. Une autre restauration eut lieu en 1765. Placée à l'entrée de la ville, la basihque fut deux fois, en 1798 et en 1849, profanée et pillée par les révolutionnaires. Les reliques du martyr ont même été dispersées dans la première de ces profanations.

Un escalier moderne conduit de la basilique au cimetière. Près de la porte d'entrée de ce dernier on voit une inscrip-

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