Cf. Ni/ûv. bullett.^ 1896, p. 14 sq., 122 sq
3. Cf. de Rossi, Bullett., 1880, p.65, 133; — Gerspach, Lamosaïque, p. 34-72.
Élém. d'archéol. chré:, — III. 5
26 ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
PATER INVENIRIS, etc. 0); — d'autres mosaïques, à Carthage, à Milan, etc.
Du Ve siècle: les mosaïques de Ste- Marie-Majeure (sauf l'abside, qui est postérieure), de Ste-Sabine, du baptistère de Latran. Celles de Ste-Marie-Majeure sont du temps de Sixte III ; le P. Grisar pense même que quelques-unes remontent plus haut et appartenaient à un autre édifice que le pape Libère transforma en basilique. De fait, on y reconnaît le style classique, surtout dans les draperies. — La mosaïque de Ste-Sabine a été exécutée sous le pontificat de Célestin l^^ ; c'est à elle qu'appartiennent les deux célèbres figures personnifiant les Juifs et les Gentils : eclesia EX GENTIBVS, eclesia EX CIRCVMCISIONE. — Celle du Baptistère de Latran date du pontificat d'Hilaire.
Du VL' siècle : les mosaïques de Ravenne, et de l'église des Sts-Côme-et-Damien. Dans cette dernière, malgré les restaurations faites par Urbain VIII, on reconnaît encore le type goth. A cette époque en effet les barbares exercent leur influence sur les arts, le style romain disparaît et fait place au style byzantin.
Du VIP siècle: les mosaïques de Ste-Agnès-hors-les-Murs : la sainte, vêtue e,n princesse byzantine, entre les papes Symmaque et Honorius ; — de l'oratoire de St-Venance au Latran, où l'on voit des figures de saints Slaves ; — de St-Étienne-le-Rond, où pour la première fois l'image du Sauveur est rapprochée de la croix; — le S. Sébastien de Sv-Pierre-aux- Liens. offert en ex-voto par les Romains à la suite d'une peste.
Du VHP et du IXe siècle: les mosaïques de l'oratoire de la T. Ste Vierge, au Vatican, exécutées sous Jean VII, détruites sous Paul V, et dont les fragments sont conservés, partie dans les grottes Vaticanes, partie à Ste-Marie in Cosmedin, partie à St-Marc de Florence ; — celle des Sts-Néréeet-Achillée, contemporaine de Léon III; — le fameux « Triclinium Leonianum », qui faisait partie du Palais de Latran et fut démoli par Sixte V ; la mosaïque que l'on v^oit près de la « Scala Santa » est une copie de l'ancienne, exécutée
I. Cf. deRossi, BiiUett.^ 1866, p. 86, 95, 99 ; — Marangoni, DeJle cose gentilesche, p. 462 ; et Storia del Sancta l:^anctortim^ p. 168.
LA DÉCORATION DES BASILIQUES
sous Benoît XIV d'après un dessin: elle représente Notre Seigneur au milieu des Apôtres ; d'un côté, S. Pierre avec Ch,arlemagne ; de l'autre, S. Sylvestre avec Constantin. — Le pape de cette époque qui a décoré le plus d'églises est Pascal pi' : c'est lui qui fit exécuter les mosaïques de Ste-Cécile, de Ste-Praxède, de Ste-Marie in Domnica. Dans les trois ion voit son portrait, avec le nimbe carré qui est, d'après Jean Diacre (^), l'insigne d'un personnag-e vivant; par humilitié, il s'est fait représenter très petit. — Grégoire IV orna aussi d'une mosaïque l'église de St-Marc, où il avait transféré les corps des SS. Abdon et Sennen.
A partir de ce moment, l'art des mosaïques tombe dans l'oubli pendant la période d'ignorance et de barbarie qui comprend le X^ et le XI^ siècle. Au XII^, elles reparaissent, mais dans un style nouveau, qui n'est ni le style romain classique ni le style byzantin. A cette Renaissance sont dues les mosaïques de St-Clément, de Ste-Marie-Nouvelle, les absides de Ste-Marie-Majeure et de Ste-Marie-du-Trastévère (Xlle siècle); — l'abside de St-Paul et la mosaïque d'Innocent III au Latran, dont les fragments sont conservés par le prince Torlonia dans sa villa de Poli (XI Ile siècle). La grande Renaissance des siècles suivants méprisa cet art : les artistes voulaient rester plus indépendants dans leurs travaux et préféraient composer des œuvres demandant moins de temps et moins d'argent.
II. La sculpture servit, dans les basiliques, principalement à décorer les autels, les tabernacles et les ambons. Nous en avons quelques fragments très anciens qui peuvent remonter jusqu'au IVe siècle: le fût de colonne de la basilique de Ste-Pétronille, sur lequel est représenté le martyre de S. Achillée ; et un débris de plutée de la basilique de Ste- Agnès oii la Sainte est figurée en orante.
La plupart des autres sculptures an-
r. Vita S. Gregorii, 1. IV, c. 84 {P. L., t. LXXV, col. 231).
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ciennes que nous connaissons proviennent aussi des plutées. Au VP et au VI I^ siècle, ils sont ornés de croix, de monogr,ammes, etc.: les plutées de St-Clément, par exemple,
portent le monogramme de Jean II. Au VHP et au IX^ siècle, la décoraition est formée d'entrelacs parfois très compliqués, comme on peut le voir sur l'ambon de Nepi, contemporain de Grégoire IV.
III. Plus tard nous rencontrons un travail nouveau, mélange de sculpture et de mosaïque, propre à, une école de « marmorarii romani i» dont les œuvres se retrouvent en beaucoup de basiliques. Le nom d' « opus alexandrinum », sous lequel on l'a parfois désigné, serait mal choisi. Lampride, en effet (^), nous apprend que 1' «; opus alexandrinum » était formé des marbres « porphyreticum » et « lacaedemonium » : ce n'est pas du tout ce que l'on trouve dans les ouvrages dont il est ici question. — On a, aussi appelé ce genre de travail « opère cosmatesco (-). » La vérité est que les