‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 2)Chapitre 58 sur 400 · De Winghe, cod. cit · texte numérisé non relu

De Winghe, cod. cit

LA DECORATION DES BASILIQUES

Les mêmes artistes travaillèrent également à Subiaoo, où on lit sur le cloître de Ste-Scholastique les noms de Cosmas, Luc et Jean; et sur la porte intérieure du monastère de St-Benoît l'inscription:

*i* LAVRENTIVS CVM lACOBO FILIO SVO. FEECIT HOC OPVS.

En même temps qu'eux prospérait une autre école, celle des 'Vassalletti. Ils furent les auteurs du cloître de St-Jean-de- Latran, dont l'inscription, lue jadis par Sirmond (^), a été retrouvée récemment sous des constructions postérieures :

NOBILITATE DOCTVS HAC VASSALECTVS IN. ARTE CVM PATRE CEPIT OPVS QVOD SOLVS PERFICIT IPSE

Ce cloître est une œuvre du commencement du XI II'^ siècle, car celui de St-Paul, qui en est manifestement une imitation, fut achevé la dernière année de l'abbé Jean d'Ardée, mort en 1241. C'est aussi un Vassalletti qui fit la chaire de la cathédrale d'Anagni : vasalet de roma ; — le candélabre de la même église: vasaleto me fecit ;

I. B. N. de Paris, cod. suppl. lat. 1420, fol. 29. Cf. de Rossi, Biillett., 1S91,

— le tabernacle aux saintes huiles de St-François à Viterbe: BASSALECTVS.ME FECIT ; — le lion en marbre placé à l'entrée de l'église des Saints-Apôtres : *i* BASSAL'ECTVS ; — le candélabre de St-Paul-hors-les-Murs : EGO NICOLAVS DE AN- GELO CVM PETRO BASSALETTO HOC OPVS COMPLEVI.

On peut deviner le même nom dans l'inscription qui se lisait sur une statue d'Esculape conservée au palais Verospi: ASALECTVS. Winkelman crut y reconnaître le nom d'un artiste grec ancien qui se serait appelé ÂTs-aAs/.To; ; il est plus probable que cette statue était simplement une copie

LA DÉCORATION DES BASILIQUES

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de statue antique ayant servi de modèle dans l'atelier de cet artiste du moyen-âge.

Le P. Grisar a aussi fait connaître une autre école artistique qui travailla en Ombrie, surtout à Spolète, au XII^ siècle (^).

Enfin en dehors de ces familles de « marmorarii », il y eut encore des artistes isolés, comme le Pascal qui fit le candélabre de Ste-Marie in Cosmedin:

VIR DOCTVS ET PROBVS PASCALIS RITE VOCATVS SVMMO CVM STVDIO CONDIDIT HVNC CEREVM

un Dudus ;de Trivio (-) ; un « Ivo magister », auteur du tabernacle aujourd'hui détruit des Sts-Côme-et-Damien près de Vicovaro: QVAE VIDETIS IVO ME FECIT (3).

Pour composer toutes leurs décorations, ces artistes firent main basse sur les pierres cimitériales, faciles à scier en plaques de toute forme, comme les demandait 1' « opus tessellatum », principalement pour les pavages. Ainsi voit-on dans l'ambon de St-Laurent-hors-les-Murs l'inscription d'un prêtre du titre de Nicomède. Elles furent même transportées en dehors de Rome, par exemple à Genazzano (*), à Corneto, et jusqu'à Westminster. Un fragment de l'inscription damasienne de S. Hippolyte, qui avait servi au même usage, est aujourd'hui fixé au mur du cloître de St-Jean de Latran.

1. fJna scuola cla>isica di marmorarii, inedioevali, dans le Nuov. Bulîett. 1895, p. 42 sq., 127 sq.

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