I Cor., III, 16-17 ;// C^r., vi
40 ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
frappe trois fois le seuil avec sa crosse en disant : « Tollite portas principes vestras. » Le chœur exécute tout le psaume XXIII, puis lon entre dans l'église au chant des Litanies, et tout le clergé se prosterne au pied de l'autel jusqu'à ÏAgniis Dei 'qui les termine. Après une oraison, l'évêque trace sur le sol avec sa trosse les premières lettres de l'alphabet, A, B, C, répétées sur 'deux lignes formant une croix de St-André qui va d'un angle à l'autre de l'édifice. Certains manuscrits parlent de tout l'alphabet écrit de cette manière, ou des deux alphabets, grec et latin, comme il se pratique encore aujourd'hui. D'anciens liturgistes ont voulu y voir un souvenir de la tradition du symbole ou de la doctrine chrétienne aux néophytes. Sans écarter cette signification mystique, M. de Rossi (^) pense qu'il f^aut chiercher ailleurs l'origine historique de la cérémonie. Il la trouve dans l'habitude qu'avaient les arpenteurs romains de marquer de deux lignes en forme d'X le terrain à mesurer, et de désigner par les lettres de l'alphabet les distances et désignations qu'ils avaient à y relever. Attribuer à cette pratique un sens symbolique chrétien était d'autant plus facile, que le signe X est identique à l'initiale grecque du nom du Christ, et que le Sauveur lui-même est appelé par certains auteurs « pax terminationis », sa naissance apportant aux hommes la paix, comme la paix devait sortir de la détermination des limites des champs. De sorte que, remarque l'illustre archéologue, « il rito délia consecrazione délie chiese... congiunge e compenetra in uno solo atto solenne la prima definizione dell' area destinata al sacro edificio e la conséquente sua dedicazione ». (^) Quant à l'usage d'orienter les églises, on pourrait en reconnaître l'idée dans les rites religieux des Étrusques.
Suivent des exorcismes et bénédictions sur l'eau et sur le sel. L'évêque fait un mélange de sel et de cendre et le verse dans l'eau, à laquelle il ajoute aussi du vin. De cette eau il marque avec le doigt les quatre coins de l'autel ; puis il y trempe un rameau d'hysope et asperge à plusieurs reprises