DÉCEMBRE
13 Ste Lucie
25 Noël
26 vS. Etienne
27 S. Jean
28 S S. Innocents
31 S. Svlvestre
A ces fêtes fixes il faut ajouter les fêtes mobiles de Pâques, l'Ascension et la Pentecôte.
Maintenant quelques observations à propos de ces fêtes. La date de Noël, — et par conséquent celles des fêtes qui en dépendent, Circoncision, Epiphanie, Purification et Annonciation, Naissance de S. Jean-Baptiste, — a été choisie arbitrairement. Les calculs des auteurs les plus anciens aboutissent à des résultats contradictoires. Cependant la date du 25 décembre fut adoptée dès la fin du III^ siècle (^).L'n peu plus tard Rome emprunta à l'Orient la fête de l'Epiphanie; celle de la Circoncision a la même origine, elle ne figure pas encore dans le Sacramentaire d'Hadrien, qui au 1*^^ janvier marque seulement l'octave de Noël. Il faut en dire autant des quatre grandes fêtes de la T. Ste Vierge mentionnées par le même Sacramentaire.
L'apôtre S. Pierre était naturellement très fêté à Rome. Nous voyons au mois de février le « natale S. Pétri de cathedra », le 29 juin le « natale SS. Pétri et Pauli », et le l'^' août la solennité « ad S. Petrum ad vincula ». La fête de la Chaire de S. Pierre rappelait l'établissement du pouvoir apostolique; la fête du 29 juin, la mort des deux apôtres, et aussi leur translation « ad catacumbas » sous Valérien ; celle du l^"'' août, la dédicace sous Sixte III de l'église qui possédait
I. Voir dans Duchesne, op. cit., p. 250 sq., les explications qu'on a données de ce choix.
62 ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
les chaînes de S. Pierre (^). C'est aussi l'anniversaire d'une dédicace d'église qui avait fait fixer au 1'^'' mai la fête des SS. Philippe et Jacques et au 6 mai la fête de S. Jean devant la Porte latine, au 14 et au 29 septembre celle de l'Exaltation de la croix et celle de l'archange S. Michel.
L'histoire ecclésiastique nous a conservé le souvenir de toutes lies querelles que suscita la question du comput pascal, querelles qui commencèrent dès le IP siècle et ne prirent fin qu'au VP {^). Dès l'origine, la fête de Pâques fut précédée d'un jeûne, dont la forme et la durée varièrent suivant les époques et suivant les pays. A Rome, dès le V^ siècle, le carême durait six semaines; vers le VIP siècle, on y ajouta les quatre jours qui précèdent le premier dimanche : ils étaient nécessaires pour compléter la quarantaine, puisque le dimanche était exempt du jeûne.
Le carême avait pour caractéristique liturgique l'usage des stations. On appelait ainsi des réunions solennelles, ordinairement présidées par le pape, et qui se tenaient tous les jours du carême dans un certain nombre d'églises déterminées d'avance {^). L'origine de cette institution n'est pas absolument claire. On peut la rattacher aux assemblées des premiers chrétiens dans les cimetières souterrains et les églises, les jours de jeûne précédant les solennités et les anniversaires des martyrs. Tertullien, parlant de ces assemblées, emploie comme synonymes les expressions « solvere jejunium » et « solvere stationem ». Le nom même de station est, suivant le même apologiste, emprunté aux coutumes militaires : « Statio de militari exemplo nomen accepit, nam et militia Dei sumus. » Il indiquait proprement la caserne, le oorps-de-garde, et aussi le lieu où les employés d'une administration avaient leurs bureaux : « Statio primae cohortis, Statio annonae, Statio aquarum. » D'après le Liber pontifîca-
1. L'origine de ces fêtes soulève plusieurs problèmes historiques qu'on trouvera discutés dans de Rossi, Bullett.^ 1867, p. 37 sq., et Duchesne, op. cit.^ p. 265-270.