‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 2)Chapitre 82 sur 400 · Le théâtre de Pompée · texte numérisé non relu

Le théâtre de Pompée

2. La partie de l'Esquilin oii s'élève St-Martin s'appelait anciennement « carinae », parce qu'elle a quelque ressemblance avec la carène d'un vaisseau. La station de vSt-Martin fut supprimée pendant quelque temps, puis rétablie par Paul IV.

3. Autrefois les ruines du « Nymphaeum Alexandri », sur la place Victor Emmanuel, étaient arbitrairement appelées « trophées de Marius ».

4. Après la démolition de l'église de St-Cyriaque, aux Thermes de Dioclétien, la station fut transportée à Sts-Cyr et Julitte, entre le Forum d'Auguste et celui de Nerva. Elle a lieu en même temps à Ste-Marie in. Via Lata, qui possède le chef du martyr S. Cyriaque.

66 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.

Et Lateranensi celebratus in aede Joannes Samedi : St-Jean-de-Latran.

Excipiat quintas qua prius aure preces

Ultimus e merito Pancratius ore rogetur Qiiasinwdo : St-Pancrace.

Et tua sic tolli crimina posse puta.

Il y a encore station pendant l'Avent, jusqu'à l'Epiphanie, les Quatre-Temps, les Rogations, la fête de l'Ascension et le dimanche dans l'octave, la veille, le jour et l'octave de la Pentecôte. Les églises stationnales, sont les mêmes que pendant le Carême. La nuit de Noël, la station pour la messe de l'aurore avait lieu autrefois à Ste-Anastasie.

Aujourd'hui le cérémonial des stations est très réduit : il ne comprend guère 'que l'exposition des reliques de l'église, le chant de la grand'messe, la récitation des litanies des Saints et de quelques autres prières déterminées.

Des stations peut-être est dérivé l'usage des chapelles papales. Jusqu'au XIV^ siècle, les papes faisaient souvent des cérémonies dans différentes églises, surtout pour les stations d'Avent et de Carême. Pendant leur séjour à Avignon, ils célébrèrent ces cérémonies dans l'intérieur de leur palais ; et l'usage se maintint à leur retour, d'autant que pendant leur absence beaucoup d'églises de Rome avaient été abandonnées et tombaient en ruines.

Le quatrième dimanche de Carême, parce que l'introït commence par les mots Laetare Jérusalem, la station avait lieu « ad Jérusalem », à Ste-Croix. Pendant la messe, qu'il chantait, le pape tenait à la main une rose d'or parfumée de musc, et après l'évangile, prêchait un- sermon, dont la forme, la couleur et le parfum de la rose lui fournissaient les développements (^). En rentrant chez lui après la messe, il remettait la rose d'or au préfet de la ville. A une époque tardiv^e, au XV^ siècle suivant Benoît XlV, l'usage s'introduisit de bénir cette rose, même pendant quelques années de la consacrer avec le saint Chrême, et de l'envoyer soit à quelque église, soit à quelque prince que le pape voulait honorer. Ce dernier usage s'est conservé jusqu'à maintenant.

Le Jeudi-Saint, station à St-Jean-de-Latran. Le Pontife y

I. Cf. le Serm, XV 11 d'Innocent III (/'. Z., t. CCXVII col. 393 sq.).

l'année liturgique. 67

consacrait les saintes huiles avec un rite analogue à celui du pontifical actuel (^). Mais les Ordines (^) signalent une particularité tout à fait propre à la messe de ce jour. L'autel papal était creux. Après le Credo, \es diacres et les sousdiacres en enlevaient la table, sur laquelle ils avaient replié les nappes, et la portaient à la chapelle de St-Pancrace, près du cloître des chanoines; on l'y gardait « cum omni cautela » jusqu'au samedi suivant. Le pape entrait alors dans l'autel et y consacrait, avec l'assistance d'un évêque et d'un prêtre. Après la messe, on recouvrait l'autel d'un drap scellé aux quatre coins. De retour au palais, le pape lavait les pieds à douze sous-diacres dans l'oratoire de St-Laurent. Le même jour avait lieu hors de la basilique une cérémonie qui n'est pas sans analogie avec celle par laquelle commence aujourd'hui l'office du Samedi-Saint. Avant le feu jailli de la pierre on allumait un cierge attaché à un roseau et une lampe qui était conservée dans un endroit caché de la basilique pour allumer le cierge du Samedi-Saint {^).

Le Vendredi-Saint, station à Ste-Croix-de-Jérusalem. Tandis que le pape s'y rendait processionnellement, un cardinal portait devant lui l'Eucharistie consacrée la veille. Après r^adoration de la croix, le pape récitait le Pater et le Libéra nos, mettait une parcelle de l'Eucharistie dans le vin non consacré du calice. Le reste de la cérémonie se passait à peu près comme aujourd'hui, sauf que tout le monde était admis à la communion.

Le Samedi-Saint, bénédiction du cierge pascal (au moins au XF siècle), bénédiction des fonts, et baptême solennel. C'est de bonne heure que les cérémonies de l,a vigile de Pâques furent transportées, d'abord à la soirée, puis au matin du Samedi-Saint ; nous trouvons cette coutume déjà fixée au temps de la composition des plus anciens Ordines.

i. La consécration des saintes huiles se fait aussi à St- Pierre, en vertu d'un privilège accordé (1026) par le pape Jean XIX à l'evêque de Sylva Candida {P. L., t. LXXVIII, col. 1054- 1058).

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