‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 142 sur 378 · PARTIE DE LA VOIE LATINE · texte numérisé non relu

PARTIE DE LA VOIE LATINE

A droite, tombeaux païens; à gauche, basilique de St-Étienne.

tombeaux découverts en 1857 (') ; de là elle continue vers les monts Albains.

Il y eut sur cette voie divers monuments chrétiens ; ils

I. Cf. Fortunati, RelazioJie générale degli scavi e scoperte faite lufigo la via Latina dalt ott. i8s7 ail' oit. i8^S, Roma, 1859.

sont malheureusement presque inconnus ; les cimetières de la voie Latine sont, avec ceux de la voie Aurélienne, les seuls de la Rome souterraine qui n'aient jamais été explorés régulièrement. Une seule entrée appartient à la Commission d'archéologie sacrée, les autres ne sont que des trous ; et les galeries que l'on peut visiter sont fort peu étendues, car on est bientôt arrêté par les ruines et les décombres.

En suivant les Itinéraires, on peut établir l'ordre topographique des trois groupes de monuments chrétiens qui se trouvaient sur la voie Latine : 1° l'église de St-Gordien, « ubi ipse cum fratre Epimacho in una sepultura jacet », le groupe des SS. Quartus, Quintus, Trophimus, etc.; — 2° la basilique de Tertullin ; — 3° l'église de Ste- Eugénie et le cimetière d'Apronien. Le De locis SS. Martyricm ajoute : <L Ibi S. Stephanus papa cum toto clero suo. » C'est une erreur : le pape Etienne fut déposé à St-Calixte ; mais il y avait là une basilique dédiée au premier martyr S. Etienne, où sans doute quelques membres du clergé romain étaient enterrés. L'indication que nous pouvons donner des cimetières de cette voie n'est qu'approximative ; seules des fouilles pourront permettre d'en fixer la vraie topographie.

Quand on a passé la Porte Latine, on aperçoit une première trace de catacombe à droite de la voie, près de la grange appelée vulgairement « Fienile Cartoni >. On peut y reconnaître le cimetière des Sts-Gordien et Epimaque. Nous savons peu de chose de ces deux saints. Lé premier fut victime de la persécution de Julien l'Apostat. Le second, martyrisé à Alexandrie d'Egypte, fut rapporté à Rome et déposé à un mille environ de la ville, « milliario plus minus uno ». Ils sont fêtés ensemble le 10 mai. Le Liber pontificalis mentionne les réparations que fit exécuter à l'église construite en cet endroit le pape Hadrien I^'". Des martyrs plus anciens avaient été enterrés dans le voisinage : les SS. Quartus et Quintus (fête le 10 mai), et deux victimes de la persécution de Trajan, S. Simplice et S. Servilien (fête le 20 avril). « quorum corpora posuerunt christiani in praedio eorum via Latina milliario secundo », disent leurs Actes réunis à

ceux des SS. Nérée et Achillée. Bosio (') rapporte leur inscription, qu'il avait vue près de l'église St-Ange au Borgo :

SIMPLICIVS Ê^ MARTYR SERVILIANVS 0 MARTYR

Quand on traça la ligne du chemin de fer de Civita-Vecchia, on découvrit une autre entrée, aujourd'hui fermée, mais encore visible, et des galeries obstruées. Cette entrée se trouve sur le bord de la voie ferrée, près du pont sur lequel passe la voie Latine.

Le cimetière d'Apronien semble avoir été plus loin. C'est peut-être une entrée de ce cimetière que l'on voit avec quelques galeries, dans l'ancienne propriété Acquari, aujourd'hui Santambrogio; il y a une autre entrée, la seule régulière, et un petit nombre de galeries, dans l'ancienne vigne des PP. Dominicains, aujourd'hui propriété Delvecchio.

Ainsi on peut fixer à peu près la position de deux des cimetières de la voie Latine ; le troisième, celui de Tertullin, est tout à fait inconnu ; Boldetti déclare cependant l'avoir visité. Le plus important était celui d'Apronien. De cet hypogée provient probablement une inscription remarquable que nous a conservée Bosio (2), une profession de foi à la divinité de Jésus-Christ exprimée par cette belle formule : « Deo sancto Christo uni » ; bien qu'elle ait le monogramme constantinien, elle peut, à cause de ses autres symboles, remonter au III^ siècle :

DEO SANCT -^ VNI

^ LVCI TE <5SI&:^

CVM PA ]^

CE

On ne connaît aucun monument historique des martyrs du lieu. Ste Eugénie, mise à mort sous Valérien, fut déposée, disent les Actes, « in praedio suo » ; on sait que ce fut dans

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