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CHAPELLE DE STE-EMERENTIENNE

lampes et autres objets trouvés dans les fouilles. Cette basilique a certainement servi aux réunions liturgiques ; c'est une véritable église souterraine.

La seconde crypte [4], qui s'ouvre un peu plus loin, fut déblayée en 1873, aux frais de Mgr Crostarosa et identifiée avec celle de Ste-Émérentienne. Nous y lûmes, M.Armellini

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et moi, le nom de la sainte peint en lettres rouges au fond de l'arcosole qui termine la chapelle à droite ; elles ne sont plus guère visibles, mais on a placé au-dessous un fac-similé (i). Cet arcosole était donc le tombeau de Ste Émérentienne, sœur de lait de Ste Agnès, et remonte au II I^ siècle. Il y a aussi à côté une chaire creusée dans le tuf, et en face une colonne sur laquelle étaient placées les lampes. De Rossi ayant placé dans ce cimetière les souvenirs de S. Pierre, on crut que cette chaire avait quelque rapport avec la « sedes ubi prius sedit sanctus Petrus » et avec la table sur laquelle le prêtre Jean prit V « oleum de sede ubi prius sedit sanctus Petrus ». Sans rejeter totalement cette opinion, je n'ai jamais cru à une identification aussi précise : il me paraissait évident que la crypte était du même âge que la basilique voisine, et que la chaire de S. Pierre, si on l'eût possédée, aurait occupé la place d'honneur qui a été donnée à Ste- Emérentienne (2). Il n'est pas impossible, du reste, qu'à une époque tardive la tradition relative à la prédication de S. Pierre se soit étendue jusqu'ici et qu'on puisse en trouver quelque souvenir.

Près de cette chaire, qui servit à des usages liturgiques (il y a en a plusieurs autres dans la catacombe), on lit un « graffito », dans lequel Armellini crut reconnaître la date de la fête de la Chaire de S. Pierre (//// FEBRAS). Mais une date du mois de janvier, si vraiment il y en a une de marquée, peut convenir également à la fête de Ste Émérentienne ; et il est bien sûr que le visiteur n'a pas écrit : « Romae sedit», mais simplement € Romane vivas ».

Quand on a traversé ce groupe de chapelles, on entre dans un réseau de galeries et on y rencontre d'assez nombreuses peintures. D'abord, dans la galerie qui part à gauche de l'abside de Ste-Emérentienne, un arcosole peint du IV^ siècle :

1. Le nom emerentianetis est certain ; des étudesu érieures ont au contraire rendu pour le moins douteuse la ecture d'autres signes, qui avaient paru former les syllabes sanc pet///// et avaient été mis en relation avec un souvenir de S. Pierre.

2. Cf. la première édition française de ce Guide, p. 278 ; et mes Memorie dei santi apostoli Pietro e Paolo in Roma, 1900, p. 106.

au fond, le Sauveur, sans barbe, tenant en main le livre des Evangiles ; de chaque côté, deux personnages debout, peutêtre deux Saints locaux, reçoivent la Loi ; à la voûte, le bon Pasteur ; la scène peinte sur la paroi représente probablement un marchand de vin qui était enterré là. En haut, on lit une inscription au charbon tracée par des religieux Augustins de Ste-Marie-du-Peuple,dont ce terrain a été la propriété jusqu'en 1870, et qui y ont fait des visites au XV^ siècle : € Corpora quae cernis sanctorum intacta virorum barbarica quondam sunt lacerata manu. Fratres de populo hic fuerunt.»

Presque en face de cet arcosole, on gravit un petit escalier, on tourne à gauche et on arrive à un groupe de chapelles du III^ et du IV^ siècle. Dans un arcosole de la première chapelle [6], à gauche de la galerie, une peinture du IV^ siècle reproduit la parabole évangélique des vierges sages. Au milieu est figurée une orante, avec l'inscription : VICTORIAE VIRGINI PETE///// ; de chaque côté, les cinq vierges sages portant des flambeaux, et le banquet de l'Époux céleste. Sur la paroi de gauche, Adam et Eve ; sur celle de droite, Daniel dans la fosse aux lions; à la partie antérieure, Jonas et les trois enfants dans la fournaise ; à la voûte de l'arcosole, le bon Pasteur. Un arcosole de la même galerie, devant la porte de cette chapelle, est orné de la figure à peine visible d'une orante.

Dans une autre chapelle du même groupe, un peu plus loin à droite, le Sauveur est assis au milieu des Apôtres. L'artiste, manquant de place, a mis six apôtres seulement. La même chapelle est décorée d'autres peintures représentant le bon Pasteur, Adam et Eve, Jonas, Moïse frappant le rocher. Plus loin encore, on voit dans une chapelle [7], à gauche de la galerie, des peintures du baptême et de l'Eucharistie, qui remontent au III^ siècle, mais qui malheureusement sont très détériorées. Les sujets rappellent le changement de l'eau en vin et la multiplication des pains. Elles sont accompagnées de la figure du Sauveur assis (à la voûte) et de plusieurs Orantes. En poursuivant la même galerie et en tournant à gauche, on remarque dans un arcosole du

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I V^ siècle [8] une scène dans laquelle on croyait reconnaître les Mages devant Hérode, et qui, suivant Mgr Wilpert, serait simplement le groupe habituel de TÉpiphanie, puis Noé, Daniel, le sacrifice d'Abraham. Enfin au delà, dans une chapelle, l'image de Susanne.

Dans les galeries qui se dirigent de ce point vers le fond du cimetière, c'est-à-dire vers l'arénaire, on rencontre deux tombeaux de fossoyeurs avec leurs inscriptions :

PROCLVS ANN III AVGVSTVLE

pATRi LVCILLIANO Q.V1 VIXIT ANN XXXV

///O ANN X FOSSOR ANN VIIII REDDIT

///IMAI VNOMES

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