DORMIT . IN . E
A la voûte de cette même chapelle, on aperçoit la résurrection de Lazare et une autre scène très effacée qui a pu représenter l'Annonciation. Deux inscriptions tout à fait modernes rappellent des visites faites en ce lieu par les élèves de M. de Rossi en 1871 et 1892.
En sortant de cette chapelle on aperçoit à peu de distance une porte décorée de colonnes en briques. La galerie qui part de lava du côté des Acilii. Il y a à observer, au delà de la porte, près d'un petit escalier, la belle inscription rouge :
TGPTI AAeA(DG
er^Frxi oïaiç
AOANATOC « Tertius mon frère, aie courage, personne n'est immortel ».
Une galerie à gauche du lucernaire mène à une chapelle à abside qui paraît avoir une certaine importance. La petite chambre qui lui fait face, en effet, a deux portes autrefois décorées de marbre, au coin gauche des traces d'une petite colonne pour les huiles; et deux « graffiti »,
TRBICO VERECVNDIANO
sont tracés sur des <i loculi » à droite.
Une autre galerie se dirige du lucernaire vers la très importante région des Acilii. On rencontre sur le parcours, au fond d'une courte impasse, l'inscription
ONHCIMOC
TITCO . OAABICO
CNHCIOOPCO . TGENCO
rAïKITATCO . ZH
. eTH ♦ q .
€ Onésime à Titus Flavius Onesiphorus, son fils chéri, qui a
vécu six ans », et de l'autre côté :
CORVINIO SECVNDIONI
puis :
HIPERCHIVS HIC . DORMIT
et à l'angle d'une autre galerie
MArNCO .
Yiœ . rAïKïTATCO
« A Magnus, mon très cher fils ».
Au-dessous de cette inscription il y a, caché par un mur postérieur,un petit sarcophage, sur lequel est gravé le symbole des pains eucharistiques. Encore quelques pas à gauche et (par A, B, du plan spécial, p. 421), on se trouve dans la chapelle des Acilii Glabriones [C], un ancien réservoir d'eau, dont le puits est encore visible près de l'entrée.
Cette crypte était primitivement séparée du cimetière de Priscille et avait un escalier distinct [E] C'était un hypogée de famille noble ; les traces de peintures des galeries adjacentes et les débris de marbre qu'il renferme prouvent qu'il était richement décoré. Il a servi jusqu'au IV® siècle, et fut peut-être même avant cette époque réuni au cimetière. Les noms des propriétaires nous sont fournis, en même temps que le témoignage de leur christianisme, par plusieurs inscriptions et fragments de sarcophages. La famille des Acilii était célèbre dès les temps de la République, l'aristocratie n'en comptait guère de plus distinguées.
On sait qu'après les années de paix dont jouirent les chrétiens sous les règnes de Vespasien et de Titus, la persécution reprit contre eux à l'avènement de Domitien.Ce prince avare, soupçonneux, ennemi de toute vertu, que Suétone a peint d'après nature en l'appelant « inopia rapax, metu saevus», n'épargna pas même ses plus proches parents qui avaient embrassé la nouvelle religion. La victime la plus illustre du tyran fut son cousin Flavius Clemens, condamné à mort sous de futiles prétextes, « tenuissima suspicione » ('), l'année même de son consulat (95 de notre ère). Sa disgrâce fut partagée par sa femme Flavia Domitilla et par une autre Domitille, sa nièce : la première fut exilée dans l'île Pandataria, la seconde dans l'île Pontia (2).
Si Domitien sévit avec une telle cruauté contre sa propre famille, on imaginera facilement ce qu'il fut à l'égard des étrangers. Dion rapporte qu'il fit beaucoup de victimes, xar. aû.oi T.oXloi ; il ajoute aussitôt que l'empereur mit aussi à mort « comme suspect des mêmes délits » (3), Acilius Glabrio qui en 91 avait été consul avec Trajan. C'était toujours la même accusation, vague, indéterminée, qui avait déjà motivé tant de condamnations, l'accusation d'athéisme, de nouveauté, de pratiques étrangères, « molitores rerum novarum » (^), dissimulant probablement celle de change-