‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 270 sur 378 · SE VIVA ET CONIVGI · texte numérisé non relu

SE VIVA ET CONIVGI

SVO AGATHEMERO

Au delà d'une percée moderne et d'une chapelle, nous remarquons les suivantes, qui ne sont pas postérieures au commencement du III^ siècle, et dont quelques-unes ont une haute portée dogmatique. En voici une qui atteste la divi-

nité du Christ, le nom du Sauveur étant représenté par le symbolique poisson :

K m4>1 AUJTA/rArKYjATO; '

AAeA4'UJ0€:qAu;puj>«zu)AA6isJ''

« Claudius Philotas à son très cher frère Théodore. Vivons en Dieu J.-C. Sauveur »

Plus loin, sur un « loculus » près du sol :

lA^uu r uJ(î>iAhJUOAJ| 1^ UUC ei H/VTO\A€ TA ^•

M A I uoN eïxorïTTePH

Nj A n uuN

C'est l'épitaphe d'un enfant nommé Philémon. Elle se termine par cette belle allusion au dogme de la communion des saints : « Prie pour nous avec les Saints. »

Près de là, un « cubiculum» dont la voûte est ornée d'une peinture du bon Pasteur. Un peu plus loin on a trouvé cette petite inscription d'un « Carpus serviteur de Dieu » :

sv

FH^KAPnOC AOY AOC- 0Y

Remarquer, à la première ligne, l'abréviation de la formule € in Jesu Christo».

En continuant la galerie, nous rencontrons l'épitaphed'un vétéran de Sévère et Caracalla :

P . MARCELLO BETERANO AAGG NN EQ.R

i Publio M. Veterano duorum Augustorum nostrorum, equiti romano ».

Elle est encore à sa place, preuve que la galerie existait dès les premières années du III^ siècle.

Une autre, à peu pi es de la même époque, renferme la prière pour le repos de l'âme :

EVCARPIA CARISST MA DEVS REFRIGERET SPIRITVM TVVM

Les inscriptions des galeries voisines attestent aussi l'antiquité de cette région :

APAnH

©rrATPi

Ce groupe du poisson et de la colombe, symboles du Christ et de l'âme fidèle, est fort ancien.

LEONTI P AX A FRA TRIBVS VALE

Cette belle acclamation et la prière faite au nom des frères, c'est-à-dire des autres fidèles, méritent d'être remarquées.

Toutes ces galeries entourent un ancien réservoir d'eau auquel on ne pouvait accéder que de l'extérieur. Découvert en 1889, il fut ensuite abandonné jusqu'au mois de novembre 1900. La Commission d'archéologie sacrée le mit alors, par une percée moderne [K du plan ci-contre], en communication avec les galeries cimitériales. Ce monument est de la plus grande importance : il se rattache, selon moi, au souvenir de la chaire de S. Pierre, et a par conséquent un intérêt fondamental pour l'histoire du cimetière de Priscille. Je m'y arrêterai donc assez longuement, en priant le visiteur qui désire parcourir assez rapidement la catacombe de passer tout de suite à ma conclusion, page 457 (^).

Le cliché ci-joint représente l'icnographie du monument. Un escalier en travertin [A], de plus de vingt-cinq marches, large de plus de deux mètres, descend à une antique abside en maçonnerie [B], toute revêtue d'enduit. Au fond de l'abside, une cavité la fait communiquer avec une vaste piscine encore pleine d'eau [D], desservie par un petit canal maintenant coupé [E]. Par l'ouverture de l'abside on voit deux arcs en briques recouverts d'enduit, juste au-dessus du réservoir d'eau ; entre les deux arcs s'ouvrait anciennement un petit

1. Je reproduis en grande partie une étude que j'ai publiée dans le Nuovo hullettino di archeologia cristiana (1901, n° 1-2). Je donnerai ainsi satisfaction au désir de ceux qui m'ont demandé une réédition de cet article déjà épuisé.

lucernaire aujourd'hui bouché. L'abside, ainsi que l'espace qui la séparait de l'arc de la piscine, étaient décorés de festons et de fleurs peints en rouge. La Commission d'ar-

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