‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 366 sur 378 · I. Supr., p · texte numérisé non relu

I. Supr., p

OSTIE (« Ostia Tiberina ») fut la première colonie romaine; sa fondation remonte à Ancus Martius. Cette ville servit à Rome de port maritime ; son importance alla grandissant, jusqu'au moment où, pour la commodité des navires, Claude fit creuser le bassin de Porto {i Portus Claudii »).

Au IX^ siècle (824), Grégoire IV fonda une nouvelle ville, Gregoriopolis, dont il ne reste rien, bien qu'elle ait été assez considérable. La ville actuelle est un misérable village; son enceinte, bâtie avec les pierres de Gregoriopolis, date du XV^ siècle. Les ruines de l'ancienne ville d'Ostie se trouvent un peu au delà. On rencontre d'abord une partie de l'ancienne voie bordée de tombeaux, et la porte romaine ; puis le Forum de Cérès, où se faisait le commerce ; autour de cette place, la caserne des pompiers, les thermes, le théâtre restauré par Caracalla ; ensuite un sanctuaire de Mithra, en forme de grotte souterraine (i); le forum civil, près du temple de Vulcain (appelé faussement temple de Jupiter) ; enfin de nombreux magasins et une importante maison, qui devait appartenir à une riche famille d'Ostie, celle de L.Gamala(IIe siècle).

Ostie possède divers souvenirs chrétiens. Mais nous manquons de documents sur l'origine du christianisme dans cette ville. A l'époque impériale, Ostie était un grand centre, en relation avec beaucoup de pays, surtout avec l'Egypte d'où

I. C'était la forme ordinaire des temples mithriaques. Aussi les chrétiens n'épargnaient-ils pas les plaisanteries à ces adorateurs du soleil qui cherchaient leur dieu sous terre :

Qui Hierum docuit sub terra quaerere solem,...

Cf. de Rossi, Bullettino, 1868, p. 57. — Sur la propagation des mystères de Mithra dans l'Empire romain, cf. l'art, de Fr. Cumont dans la Revue d'histoire et de littérature religieuses, 1897, p. 289 sq., 408 sq.

venait le blé. Aussi toutes les religions y étaient-elles représentées. La religion chrétienne y était certainement établie au commencement du III^ siècle: c'est sur le rivage d'Ostie que Minutius Félix place son dialogue entre le chrétien Octavius et le païen Caecilius. Pendant la persécution de Claude II, Ostie donna à la foi de nombreux martyrs, dont les Actes sont malheureusement très interpolés (i). Les principaux sont S. Cyriaque, évêque, le prêtre Maxime, le diacre Archelaus et Ste Aurea,la patronne d'Ostie.

La nature du sol ne permit pas aux chrétiens de creuser un cimetière souterrain semblable à ceux de Rome. On fit^ comme en Afrique, des «areae» près des deux grandes voies Ostiensis et Laurentina. C'est près de cette dernière qu'a été trouvée une importante inscription, qui, sans présenter aucun caractère certainement chrétien, semble indiquer, suivant de Rossi, des relations entre la famille de Sénèque (Annaeus Seneca) et les Apôtres :

M . ANNAEO

PAVLO . PETRO

M . ANNAEVS • PAVLVS

Page 1