‹ Éléments d'archéology chrétienne (volume 3)Chapitre 69 sur 378 · Joafi. , XV · texte numérisé non relu

Joafi. , XV

vis-à-vis de l'entrée, une peinture, aujourd'hui en très mauvais état, représente le banquet symbole du Paradis [14] : deux personnes sont assises devant une table à trois pieds sur laquelle sont posés un pain et un poisson ; un ministre les sert.

Une autre particularité que présente ce vestibule consiste dans un « loculus » de forme spéciale. C'est un sarcophage en stuc masquant la place où était déposé le corps. Une petite chapelle voisine [15] n'a d'autre ouverture qu'un trou qui devait être fermé par une pierre ; on n'y voit pas de « loculus », mais un arcosole à droite et un banc pour le cadavre : on a voulu imiter un tombeau oriental, sans doute en souvenir de celui de Notre-Seigneur. Ces monuments permettent de suivre les transformations qu'ont subies les sépultures chrétiennes primitives.

L'hypogée avait son entrée sur la voie publique. Il a dû être creusé à une époque de paix, probablement pendant la période qui suivit la persécution de Néron jusqu'à celle de Domitien. Tout ceci prouve l'importance des monuments placés à droite et à gauche de l'entrée : la grande chambre, avec les deux « cubicula » voisins, dont l'un, orné de peintures du 11^ siècle, a pu servir de € triclinium » pour les agapes ; et le puits, qui a pu fournir aux chrétiens l'eau nécessaire pour ces repas.

Après avoir visité le vestibule, en traversant diverses galeries de moindre importance, on arrive à la région contiguë appelée des « Flavii Aurelii ». Auparavant on visitera une autre région, d'une époque postérieure, assez importante, quoique peu étendue : celle des petits Apôtres et de Diogène (IV^ siècle). En s'y rendant, on rencontre la chapelle dite des petits Apôtres, par opposition à celle qui a été décrite plus haut. Au fond de rarcosole,une orante, ayant au-dessus de la tête le monogramme Constantinien, est debout entre S. Pierre et S. Paul ; à la voûte, le Sauveur assis et les Apôtres : Notre-Seigneur, S. Pierre et S. Paul ont le nimbe rond, or le nimbe ne se voit jamais avant le IVe siècle. On remarque dans la même chapelle l'inscription,

Guide des catacombes romaines. 8

probablement plus ancienne, d'une vierge chrétienne, qui est louée d'avoir cru en Jésus-Christ :

III A CRDEDIT (credidit)

in ChrisTV ^ VIX AN

///SU . DIES xqlll VIRGO

III KAL APRI FATFEC/7/ (fatum fecît).

L'expression FATVM FECIT signifie : mourut.

En face, dans un « cubiculum », il y a sur un « loculus » un « graffito » avec la date consulaire de l'an 348.

Un peu plus loin, à gauche, on arrive à la chapelle où fut déposé, au IV^ siècle, un chef de fossoyeurs nommé Diogène. Son nom et son titre étaient marqués en rouge surl'arcosole :

DIOGENES . FOSSOR • IN PAGE . DEPOSITVS OCTABV . KALENDAS • OCTOBRIS

La chapelle était très décorée ; Boldetti, ce pieux vandale des catacombes, la dévasta pour en détacher les peintures ; heureusement il avait eu soin d'en prendre des dessins et de copier l'inscription. Au fond de l'arcosole, le fossoyeur était représenté avec les instruments de sa profession ; dans l'arc, le Sauveur entre S Pierre et S. Paul. Il ne reste plus que la main gauche de Diogène tenant une lampe, l'image de « loculi », une perspective de galeries, et une partie de l'image de S. Paul.

On voit à une petite distance de cet endroit, près d'un escalier, un fragment d'inscription assez important :

///IS SPIRITVS

TVVS TN REFRTGERÏO

De là, en continuant à droite, on arrive à la région des « Flavii Aurelii ».

in. RÉGION DES Flavii Aurelii. — C'est une région fort ancienne ; elle s'étend derrière le mur gauche de la basilique.

On rencontre tout de suite une grande inscription où le nom de la défunte DECIMIA est écrit sur deux ancres. Tout près de celle-ci a été trouvée, en 1875, ^^ célèbre inscription [24] : « Flavius Sabinus et Titiana, frère et sœur. »

OA . CABeiNOC . KAI TrTTANH . AA(^A^OT

Un Flavius Sabinus était fils de Flavius Petro et de Vespasia Polla ; lui-même fut père d'un autre Flavius Sabinus et de celui qui devint l'empereur Vespasien Le frère de Vespasien fut consul, Tacite en parle dans sons Histoire (i) comme d'un homme très doux, mais il Taccuse d'oisiveté et d'austérité : on peut soupçonner qu'il était chrétien ou favorable à la nouvelle religion, et qu'avec lui commença le christianisme chez les Flaviens. Celui qui est nommé dans l'inscription pouvait être un petit-fils ou un neveu de ce Flavius Sabinus. De là on descend à une chapelle double très bien conservée, dont les tombeaux sont encore fermés et les inscriptions à leur place. Dans la première chambre on voit deux monogrammes qui pourraient se lire IVLIVS AGRIPPA et RVFINA. Les inscriptions de la seconde donnent les trois noms, ce qui est la marque d'une époque assez reculée :

P . AELIVS . RVFINVS

M . AVRELIVS . lANVARIVS

Page 1