IVIBAS IN PAGE ET PETE PRO NOBIS
Il8 GUIDE DES CATACOMBES ROMAINES.
Les formules de ces inscriptions, la forme des caractères, montrent que cette région est très ancienne, qu'elle doit être une région primitive du cimetière.
L'escalier du fond, très ancien et très grandiose, est peutêtre le plus monumental de toutes les catacombes romaines. Il fut découvert en 1852 aussitôt après la création de la Commission d'archéologie sacrée, et Pie IX voulut immédiatement visiter les fouilles, ainsi que le rappelle une inscription à ses armes fixée sur la paroi.
Vers le milieu de ce grand escalier, on rencontre le premier étage. A gauche en montant, on voit [29] une chapelle avec abside qui a certainement servi de lieu de réunion pour les chrétiens. A droite s'ouvre une longue galerie Elle est bordée de chapelles qui ont été creusées postérieurement. L'une d'elles, à droite, garde le souvenir de la société des « mattei », qui y tenaient leurs réunions au XVIII^ siècle et qui furent les prédécesseurs des « cultores martyrum ». Une autre, à gauche, fut probablement une crypte de martyrs ; on y lit ce «graffito » : SPIRITA SANCTA IN MENTE HABETE BASSVM PECCATOREM. Mais il y a au fond une grande crypte très ancienne [33], à laquelle on accédait par un escalier spécial. On y remarque un arcosole au-dessus duquel est encore à sa place l'inscription sur marbre : AM- PLIATI. Les lettres de cette courte épitaphe sont très soignées et d'une forme paléographique certainement antérieure à la seconde moitié du 11^ siècle ; on peut la juger sans témérité de la fin du I^"". Les décorations de la chambre répondent aussi à cette époque, car sur les parois il y a des peintures décoratives du style appelé pompéien, que l'on voit dans les parties les plus anciennes des catacombes romaines. Enfin si l'on compare cette chambre avec les galeries et les autres chambres voisines, qui sont du IIl^ siècle, puisqu'on y trouve une inscription consulaire avec la date de l'an 289 (bas • ET • QVINTI . COS •), on doit conclure que le monument en question est beaucoup plus ancien, et que cette chambre a été un des noyaux primitifs du cimetière de D ^mitille, c'està-dire un tombeau de l'époque des Flaviens, quand vivait
encore la génération qui avait conversé avec les Apôtres. Il faut remarquer qu'Ampliatus est un nom d'esclave, qui devint plus tard le « cognomen » des membres de la même famille affranchis et de leurs descendants (i). Or si un esclave a pu avoir pourlui-même et pour sa famille un tombeau si considérable dans le plus noble des cimetières chrétiens de Rome, il faut admettre qu'il a été un personnage de grande impor-
tance dans l'Eglise primitive. C'est pour toutes ces raisons
CRYPTE D'AMPLIATUS.
que VE. de Rossi, en rendant compte de cette belle découverte dans son Bullettino (2), dit qu'on peut soutenir avec vraisemblance que l'Ampliatus du cimetière de Domitille est le même personnage que celui qui est salué par S. Paul (3) et qui était très cher à l'Apôtre. Dans la même chambre on a trouvé aussi une autre inscription plus récente qui parle d'un