ORIGINE ET LEGALITE DES CIMETIERES CHRETIENS
§ I. Fondation et développement des catacombes.
LES chrétiens ont toujours eu le culte des morts et le respect des tombeaux. Dans les Actes des Apôtres, il est dit que les fidèles prirent soin du corps de S. Etienne : « Curaverunt Stephanum (i). » La lettre de l'Église de Smyrne relative au martyre de S. Polycarpe mentionne la célébration des rites sacrés sur son tombeau (^).A ce sentiment les chrétiens unissaient l'horreur de mêler leurs corps avec ceux des païens ou de les brûler : il leur fallait donc des cimetières particuliers; et comme les Juifs avaient emprunté aux Égyptiens l'usage des sépultures souterraines, le même usage passa d'Orient à Rome. La campagne romaine, légèrement ondulée, se prêtait d'ailleurs admirablement à des excavations.
Il convient de distinguer dans l'histoire des catacombes plusieurs périodes.
Les catacombes primitives furent des tombeaux de famille. Le droit privé les protégeait. La loi romaine déclarait le tombeau « locus sacer, locus religiosus », et comme tel, le plaçait sous la juridiction des Pontifes, dont la permission était requise pour les translations de corps ou les modifications importantes de tombeaux. Propriété sacrée, inviolable, le tombeau ne partageait pas le sort des autres biens dans la succession : « Hoc monumentum haeredem non sequitur (H • M • H • N • S • ), » lisons-nous sur beaucoup de monuments funéraires; et encore : « Hoc monumento dolus malus abesto », et même: « Hoc monumento dolus malus et