MARQUES DE BRIQUES
de l'an 141 :
EX F ASIN QVAD O D C NVN FORT SEVERO E STLOGA
cos (0
Un très grand nombre portent la date de l'an 123, PETINO • ET • APRONIANO • CONS, SOUS le règne d'Hadrien.
Les fabriques nommées sur les marques impériales faisaient partie du patrimoine de l'empereur ou appartenaient à sa famille. En voici quelques exemples :
EX . PR • FAVSTINAE - AVG • OPVS • DOL L . BRVTTIDI • AVGVSTALIS (2)
EX • PRAE • L • AVRELI • VERI • AVG EX • OFF • M • LVRI ■ lAN. (3)
Enfin il y a des marques privées, comme celle-ci : CALLISTI • DVOR • DOMITIOR, d'un esclave de deux Domitii ; — DONNE • DE • FIGLIN • VICCIANIS, c'est-à-dire, « Donnaei de figlinis viccianis », etc. Nous savons les noms des fabriques privées les plus connues : Bucceniana, Coepioniana, Camilliana, Caniniana, Domitiana major, Domitiana miner, Faoriana, Lanniana, Marciana, Oceana major, Oceana minor, Tampiana, Vicciana, Voeceniana.
L'estampille reproduite ci-après en fac-similé doit être lue: « Ex praediis Domitiae Lucillae, ex figlinis Domitianis minoribus, opus doliare Aeli Alexandri. »
Il y eut, même dès les premiers siècles, des briqueteries chrétiennes. Ainsi Annius Serapiodorus, qui avait son atelier à Ostie, marquait ses produits de l'image du bon Pasteur. La célèbre fabrique Claudiana avait pour estampille le
1. « Ex figlinis Asiniae Quadratillae opus doliare Caii Nunnilii Fortunati Severo et Stloga consulibus. »
2. « Ex praediis Faustinae Augustae opus doliare Lucii Bruttidii Augustalis. »
3. « Ex praediis Lucii Aurelii Veri Augusti ex officina Marci Lurii Januarii, »
154 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
monogramme Constantînien ; d'autres, comme celle de Surrentinus, prirent la croix.
Sous le règne de Théodoric, les estampilles présentent cette formule spéciale : REG • DN THEODORICO FELIX ROMA, ou BONO ROMAE.
Gï)apitre htnxitmt.
L'Épigraphie chrétienne a été généralement négligée ^ par les anciens archéologues. Bosio, dans sa Roma sotterranea, Aringhi (0, Boldetti (2), ont publié un certain nombre d'inscriptions chrétiennes, mais avec peu de critique et sans méthode scientifique. Les épigraphistes classiques de notre siècle les ont aussi dédaignées ; l'un d'eux, revenu depuis à d'autres sentiments, est allé jusqu'à dire qu'il les détestait : « Hoc genus monumentorum non tam negligo quam odi. »
Le premier qui eut l'idée de faire une collection méthodique d'inscriptions chrétiennes fut Mgr Gaetano Marini. Son travail inachevé (3) a été continué par M. de Rossi, qui a fixé les règles de l'épigraphie chrétienne et élevé cette science au niveau de l'épigraphie classique.
M. de Rossi s'est servi pour ce travail, non seulement des monuments, mais aussi des anciennes Sylloges epigraphicae^ parchemin de Scaliger, collections de Reichenau ou d'Einsiedeln, de St-Gall, de Verdun, de Wiirtzbourg, de Closterneubourg, de Gottwei, et des recueils manuscrits de Cyriaque d'Ancône, de Marcanova, de Pontano,de Giocondo da Verona, de Pierre Sabin, de Manuzio, etc., composés à partir du XV^ siècle.
Les pays où l'on rencontre le plus d'inscriptions chrétiennes sont : l'Italie, l'Afrique romaine, la Gaule et l'Espagne,
r. Roma stibterranea (1651).