‹ Éléments d'archéology chrétienneChapitre 177 sur 334 · HONORII XII ET THEODOS · texte numérisé non relu

HONORII XII ET THEODOS

VIII AVGVSTORVM

ET IVGALIS EIVS SAVRA INL 0 ¥ ^ SIM .... QVIESCIT QVI EST DEP jjâ PRID 0^KL!â MART . . . FESTO VC CONS 0^ET QVI DE ORIENTE FV . . . NVNTIATVS

(An. 418 et 439.)

Théodoric, après sa conquête (493), nomme lui-même des consuls en Occident, et jusqu'à l'époque de la guerre gothique (535), les inscriptions ne mentionnent qu'un nom de consul. Mais après la venue de Bélisaire en Italie, on reconnaît de nouveau le consul d'Orient. Le nom de Bélisaire lui-même est cité plusieurs fois.

-|- HIC REQVIESCIT IN PAGE lOHANNIS VH OLOGRAFVS PROPINE ISIDORI QVI VIX ANN • PLVS M XLV DEP /Ef X KALEN • IVNIA CONSVLATV VILISARI VC ^

(Crypt. Vat. — .1/. L. X/f, 2<^J.

Sous le règne de Justinien, les documents publics portent presque toujours le nom de l'empereur. Basile (541) fut le dernier simple particulier revêtu de la dignité consulaire ; on data ensuite au mo}'en de la formule : « post consulatum Basilii ». Cette dignité persista chez les empereurs byzantins, mais non d'une manière régulière. L'inscription de la colonne de Phocas indique ainsi l'an 608 : PoST

174 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.

CONSVLATVM PIETATIS EIVS AN NO V. C'est peut-être la dernière mention de consul.

A la fin du VI^ siècle, on commence à donner les noms des rois barbares. L'indication de l'ère chrétienne ne se trouve qu'au VI 11^ siècle, bien qu'elle ait été introduite dès le VI« par Denys le Petit.

Il faut remarquer quelques variantes des expressions ordinaires mentionnées jusqu'ici. La formule N** COS fut remplacée, au IV^ siècle, par CONSVLATV N** ; le postconsulat, désigné par l'abréviation PC. Le nom de l'empereur fut suivi de la mention AVG ; quand il y avait plusieurs empereurs,on disait AVGG DD NN ou AVGGG DDD NNN; au V^ siècle, on écrivit AAVVGG. Au VP siècle, on ajoute à ce titre le qualificatif PP (« Perpetuus »).

Les Fastes consulaires nous font connaître le rapport des dates consulaires avec l'ère de Rome. Il y eut plusieurs documents de ce genre. Les premiers furent les Fastes Capitolins, commencés sous Auguste, vers l'an 724, et abandonnés après l'an 12 de l'ère chrétienne. Ils avaient été placés dans la maison du grand Pontife, sur la voie Sacrée. C'est près de là qu'on en a trouvé les fragments. Ils sont sans utilité pour l'archéologie chrétienne, aussi bien que les Fastes des Collèges sacerdotaux et funéraires, qui vont jusqu'à la fin du IIP siècle.

Parmi les Fastes postérieurs, les plus importants sont : les Fastes philocaliens, contenant la liste des préfets de Rome et des consuls de 254 à 354 ; — les Fastes du Cauon de la Pâque, occasionnés par la question de la célébration de la Pâque, qui donnent les noms des consuls de 312 à 412 ; — la Chronique de S. Athanase, extraite de la traduction syriaque de ses lettres, publiée par Cureton (1848), et traduite par le C-'^^ Mai ; — le Catalogue des fastes consulaires, dans le ms. 2077 du fonds de la reine Christine au Vatican, qui donne les consuls de 354 à 398, et les consuls de l'Occident jusqu'à 437, avec quelques lacunes. Les Fastes de S. Prosper d'Aquitaine vont jusqu'à 455 ; ceux de S. Idace, évêque en Galicie, jusqu'à 468 ; les Fastes consulaires de Vcrone, de 439

LES INSCRIPTIONS CONSULAIRES. I75

à 4S6 ; la CJironiqiu de Cassiodore, secrétaire de Théodoric, jusqu'à 559, Les Fastes orientaux sont de peu d'utilité pour les inscriptions romaines.

Les inscriptions consulaires antérieures à 410 ne se rencontrent pas dans les cimetières à la surface du sol ; après cette date, elles y sont très fréquentes. Réciproquement, après la même date on ne voit plus d'inscriptions consulaires dans les cimetières souterrains. Une seule a été trouvée, dans un arcosole à St-Pancrace : elle est de l'an 454; mais elle constitue une vraie exception, et on peut penser qu'elle a été tracée à la hâte et comme sur un monument provisoire.

En résumé, on peut, avec M. de Rossi, tirer de l'étude chronologique des inscriptions chrétiennes les règles suivantes :

Les plus anciennes sont les plus simples et les mieux gravées ;

Les formules d'acclamation : ViVAS IN Deo, Fax tecym. Fax TIBI, sont de l'époque la plus ancienne ; — les formules Depositvs, Depositio, de l'époque moyenne ; — les formules Hic jacet. Hic positvs est, de la fin du IV^ siècle ; — les formules d'éloge : MiRAE BONITATIS, INCOMPARA- BILI, etc., de la fin du IV^ siècle, et surtout du V^

Les inscriptions les plus anciennes mentionnent le « praenomen », le « gentilitium » et le « cognomen » : c'est la manière classique ; — plus tard on ne met plus le « praenomen » ; — à la fin du IV^ siècle, on cite seulement le « cognomen », souvent des noms nouveaux de formation chrétienne, comme Martyrius, Faschasius, Adeodatus, Evangelius, Joannes, Beatissimus ; quelquefois des noms exprimant un sentiment d'humilité: Projecticius, Fimus, Stercorius, etc., qu'on trouve même dès la fin du HP siècle.

Les noms Fides, Spes, qu'on lit dans des inscriptions très anciennes, à Friscille par exemple, sont des surnoms plutôt que de vrais noms (^).

I. II y ,'iuiait une étude intéressante à faire sur les noms symboliques que se donnaient les premiers chrédens. « On voit quelques-uns d'entre eux prendre des noms injurieux, bas, presque dégoûtants, comme protestation contre l'orgueil antique. Un autre sentiment ne peut expliquer le choix de certains vocables, qui se lisent sur d'assez nombreuses tombes chrétiennes. Des femmes elles-mêmes se plaisent à

176 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.

Il ne sera pas inutile de compléter ces principes généraux par la liste des consuls dont les noms se retrouvent dans les inscriptions chrétiennes publiées par i\I. de Rossi (i) :

Ann. , Ann

AP Consuls. ap.

J.-C. Ij.-c.

71 Vespasianus III et M. Coc- 295 cejus Nerva

107 Sura et Senecio 296

III Piso et Bolanus 297

168 Apronianus et Paullus

204 L. F. Cilo et M. A. Libo

217 Praesens et Extricatus

234 Maximus et Urbanus 300

235 Severus et T. CI. Quintianus

238 Plus et Proc. Pontianus 301

239 L. Fulv. Aemilianus II et L.

Naevius Aquilinus 256(?)Glabrio 263 Albinus II et Maximus 310

268 ou 279 Paternus II 317

269 Claudius Aug. et Paternus 3i8(i

273 Tacitus ! 319

274 Aurelianus Aug. II et Capi- 1

tolinus 323

279 Probus Aug. III et Nonius î 325 Paternus II

290 Diocletianus IIII et Alaxi-

niianus III 330

291 C.Tiberianus 1 1 et Cassius Dio ,

292 Hannibalianus et Asclepio- , 331

dotus

Consuls.

Nummius Tuscus et Annius

Anullinus Diocletianus VI Maximianus Aug. V et >ilaxi-

mianus Caes. II Anicius Faustus et Virius

Gallus Constantius et Maximianus

Caess. II I T. FI. Postumius Titianus

Varus et Nepotianus Constantius et Maximianus

un

Maxentius III ou 33oGalIicanus ?)Licinius V Constantinus Aug. V et Lici-

nius Jun. Caes.

Severus et Rufinus Sextus Coccejus Anicius

Faustus Paulinus II et

Julianus FI. Gallicanus et Aur. Sym-

machus Annius Bassus et Ablavius

dérouter ainsi les habitudes mondaines ; il y en a qui s'appellent volontairement : Fétide, Méchante, Basse, Fugitive, Rejetée, Fumier. D'autres ont cherché ailleurs des noms propres à exprimer le changement qui s'est fait dans les âmes. Ainsi nous apparaissent des groupes charmants de mères et de filles, qui s'appellent, soit en latin, soit en grec, Sagesse, Foi, Espérance et Charité ; d'autres qui choisissent le nom d'Irène, qui, en grec, signifie Paix ; celui d'Agapé, qui veut dire amour ; ou, pour exprimer la pureté de leur âme, prennent le nom gracieux de la neige, Chionia ; d'autres encore qui, voulant signifier leur récente illumination par le baptême, s'appellent Lucie, Lucine, dérivés de Lumière... » P. Allard, Études d'histoire et d\i}-chéologie, 1899, p. 404-405. Cf. Le Blant, Inscriptions chrétiennes de la Gaule, Introd., p. loi.

I. Cf. Inscript, christ., t. I, p. 587-613. On en a trouvé depuis plusieurs autres-

LES INSCRIPTIONS CONSULAIRES

Ann.

AP. Consuls.

^^3 Dalmatius et Zenophilus

334 Optatus et Anicius Paulinus

jun.

335 J- Constantius et Rufius Al-

binus

336 Nepotianus et Facundus S37 Felicianuset T.Fab.Titianus

338 Ursus et Polemius

339 Constantius Aug. II et Con-

stans Aug.

340 Acindinus et Proculus

341 Marcellinus et Petronius Pro-

binus

342 Constantius III et Constans

II Augg.

343 Placidiis et Romulus

344 FI. Leontius et FI. Sallustius

Bonosus

345 Amantius etAlbinus

346 Constantius Aug. IIII et

Constans Aug. III

347 Rufinus et Eusebius

348 Philippus et Salia

349 Limenius et CatuUinus

350 FI. Anicius Sergius et Nigri-

nianus

351 Vannentius et Decentius

352 Decentius et Paulus

353 Constantius Aug. VI et

Constantius II

354 Constantius Vil et Constan-

tius III

355 FI. Arbitio et Q. FI. Lollianus

Mavortius

356 Constantius VIII et Julianus

Caes.

357 Constantius IX et Julianus II

358 Datianus et Cerealis 339 Eusebius et Ypatius

360 Constantius Aug. X et Julia-

nus Caes. III

361 FI. Taurus et FI. Florentius

Éléments d'archéologie chrétienne.

Ann.

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