I. 1 Cor., X
202 ÉLÉMENTS d'aRCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.
serve l'ancien mode de sépulture ; les sarcophages qu'elles ont laissés sont sans ornements. Les colombaires remplacèrent les tombeaux ; les urnes cinéraires de l'époque d'Auguste sont très belles. Au 11^ siècle, on recommença à inhumer, sous l'influence des religions orientales, peut-être du christianisme lui-même. Il y eut des sarcophages assez élégants, — on en voit au Vatican et au Capitole, — mais qui ne sauraient être comparés aux bas-reliefs décoratifs du I^"" siècle. La décadence d'ailleurs fut rapide : on trouve les mêmes sujets constamment répétés et assez grossièrement exécutés. La sculpture chrétienne a commencé plus tard que la peinture : on pouvait peindre ce qu'on voulait dans les Catacombes, il était plus difficile de faire exécuter des sujets chrétiens dans les ateliers publics de sculpture. Aussi la sculpture chrétienne ne commence-t-elle vraiment qu'à la paix de Constantin ; si l'on trouve auparavant quelques sarcophages chrétiens proprement dits, c'est à titre de rares exceptions. Pendant les trois premiers siècles, les chrétiens achetèrent les sarcophages dont tout le monde se servait, évitant seulement les sujets qui auraient pu blesser leurs croyances. On a trouvé à Prétextât, à Domitille, à St-Calixte, des sarcopiiages ornés de génies, de bustes de personnages, etc., qui ne se distinguent en rien des monuments païens. Au lîl*^ siècle, on fait quelques essais de sculpture chrétienne ; on représente des figures isolées, le bon Pasteur, rOrante, l'ancre. Quelques sujets d'ailleurs se prêtaient à une signification chrétienne : les scènes de la vie pastorale, qui rappelaient le bon Pasteur ; la mer avec les poissons, qui pouvaient représenter le monde et les fidèles ; le navire, symbole de la vie, etc. On n'a jamais trouvé dans les Catacombes de sarcophages idolâtriques ni d'inscriptions proprement païennes : les quelques fragments de ce genre qu'on peut rencontrer ont dû arriver là par accident ou bien y être apportés comme matériaux de construction (').
I. M. Vé.xdL.\.é[L' archéologie chritienne,\>.-y>'^-j,o-j) a cru découvrir sur un sarcophage un mélange de figures chrétiennes et de symboles païens. Mais ce qu'il prend pour une divinité assise est plutôt une figure philosophique conversant avec un autre personnage, comme on en voit sur beaucoup de sarcophages.