LES OISEAUX. LE PARADIS
la vie éternelle. Les anciens lui avaient attribué cette signification, parce qu'ils croyaient sa chair incorruptible.
Le phénix était le symbole de la résurrection et de l'éternité. Les Actes des martyrs en parlent souvent, il en est question dans ceux de Ste Cécile. On le voit dans les basiliques du moyen âge, par exemple sur les portes de l'ancienne basilique de St-Paul, oii la figure de l'oiseau était accompagnée de son nom. Mais on ne le trouve pas habituellement dans les monuments les plus anciens.
Les oiseaux étaient ordinairement représentés dans les jardins fleuris qui pour les premiers chrétiens étaient l'image du ciel. C'est en effet comme un repos et un rafraîchissement que les prières liturgiques et les Actes des Martyrs dépeignaient le bonheur éternel. Tout ce qui en rappelle l'idée dans la vie terrestre pouvait servir à exprimer aussi la foi chrétienne.
Un autre symbole du Paradis est la voûte étoilée. Il y en a un bel exemple dans le célèbre hypogée des Acilii. Cette manière de figurer le ciel s'est conservée jusqu'au IV^ siècle. Dans le Mausolée de Ste-Constance, on a découvert récemment les traces d'une décoration en mosaïque représentant le monogramme constantinien, monument triomphal du christianisme, au milieu d'un ciel étoile : c'est évidemment un souvenir de la vision de Constantin. Toutefois ce symbole est d'une extrême rareté. La manière la plus habituelle de figurer le ciel est le jardin avec des fleurs, des fruits, des orantes, des colombes.
Toutes ces représentations symboliques n'étaient qu'une traduction figurée des formules épigraphiques et des prières funéraires : Spiritvs tvvs IN FACE, — Spiritvs TVVS in BONO, — Ueus suscipiat animam tuam, — Deus perducat te in Paradisum. »
Cl)apitre cinquième.