MOÏSE-PIERRE
(Bibl. Vat.).
sous un type réel, portant la barbe, et rappelant le type de S. Pierre. Que l'on ait eu réellement l'intention de représenter parfois S. Pierre sous la figure de Moïse, nous le savons d'une manière certaine. Sur une coupe du IV^ siècle, trouvée à Podgoritza, en Illyrie, la scène de Moïse frappant le rocher est commentée par cette inscription : Petrvs virga PER-
I. / Cor., X, 4. — Sur le symbolisme chrétien de l'eau, Cf. de Rossi, Bulleltitw, 1867, p. 78.
282 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
C(utit) — (une ligne que M. de Rossi n'a pu déchififrer) — FONTES CIPERVNT QUA(e)RERE (i). » On voit aussî sur un verre doré au Vatican la même scène avec le nom PETRVS. Et ceci est tout à fait conforme à la tradition écrite : les Pères comparent souvent Moïse et Pierre, l'eau descendue du rocher pour rafraîchir Israël et la confession de Pierre qui a fait revivre le monde.
L'idée de l'artiste se développe logiquement dans les sujets voisins. En face de Moïse est la Samaritaine : la grâce produite, il faut la chercher, la puiser aux sources ouvertes par le Sauveur.
A côté de Moïse, la pêche miraculeuse. On connaît le symbolisme du poisson, décrit par TertuUien : Notre Seigneur est le grand poisson, « sed nos pisciculi secundum IX0VN nostrum Jesum Christum (2). » N'est-ce pas une traduction graphique de la parole de TertuUien, que ces représentations de poissons se dirigeant vers l'ancre ou vers le pain eucharistique? La pêche des petits poissons est une image du baptême. L'ancre, image voilée de la croix, peut aussi rappeler la mer, l'eau du baptême.
La réalité même du baptême est représentée dans les chambres des sacrements. On voit en effet une personne debout, la partie inférieure du corps plongée dans l'eau ; une autre l'asperge d'eau : c'est le baptême par immersion et par aspersion (3). La peinture voisine complète cette scène symbolique : c'est l'image du paralytique de la piscine Probatique. On peut voir la même allusion dans la fresque de !'« area » de Ste-Sotère où les disciples du Bon Pasteur aspergent les brebis ('^).
Enfin une dernière représentation symbolique du baptême
1. « Fontes coeperunt currere. » — Cf. de Rossi, BuUettino, 1874, p. 174.