SCÈNES DE L ANCIEN TESTAMENT
inspirée généralement de la partie protocanonique du livre de Daniel, quelquefois aussi de la partie deutérocanonique, où intervient le prophète Habacuc.
Suzanne. On voit son histoire représentée dans la chapelle grecque ; Suzanne est dans l'attitude de la prière. Dans une peinture du cimetière de Calixte où M. de Rossi avait cru voir le jugement d'un martyr, Mgr Wilpert a montré qu'il faut voir Suzanne devant Daniel qui condamne séparément les deux vieillards, ainsi que le rapporte le texte sacré.
Au cimetière des Sts- Pierre et Marcellin, elle est figurée en Orante dans un jardin au milieu de deux vieillards. Au cimetière de Prétextât, son nom est écrit au-dessus d'un agneau entre deux loups désignés par le nom de « Seniores ». — Toutes ces fresques prouvent que les chrétiens, dès le 11^ siècle, se servaient des livres deutérocanoniques de l'Écriture aussi bien que des livres protocanoniques.
TOBIE. Une fresque du cimetière de Thrason (II I« siècle) représente Tobie offrant à l'angeRaphaël lepois • son qu'il vient de prendre dans le Tigre. On peut voir dans cette peinture un symbole du poisson divin qui donne la lumière,qui guérit.
Le P. Garrucci avait pensé reconnaître le même sujet à St-Sébastien ; mais la peinture qu'il avait vue est plutôt l'image d'un athlète (^).
(Cim, de Calixte.
I. Cf. O. Marucchi, Descrizione délie catacombe di S.Sebastiano, Rome, 1895, p. 55 sq.
304 ÉLÉMENTS d'archéologie CHRÉTIENNE.
§ II. Scènes du Nouveau Testament.
Dans ces peintures, comme dans celles tirées de l'Ancien Testament, on peut reconnaître, avec M. Le Blant, des allusions à r« Ordo commendationis animae ». On doit y voir aussi des actes de foi en la divinité de Jésus-Christ, foi qui a pour recompense la vie éternelle.
AXX0XCL\TI0X. — C'est un sujet rarement traité. Il existe à Priscille et à St-Calixte près de la région Libérienne. La Ste Vierge est assise, l'Ange debout. Ces peintures sont très endommagées ; on est obligé de deviner la scène.
La CRÈCHE. — On n'en connaît qu'une peinture, retrouvée récemment à St-Sébastien. Elle orne la voûte d'un arcosole du IV*^ siècle, au fond duquel est tracé le monogramme triomphal. L'Enfant Jésus est couché sur une table ; à côté
de lui paraissent le bœuf et l'âne ; au-dessus est un buste du Sauveur. Des lavages inintelligents l'ont tellement dégradée, qu'il est maintenant à peu près impossible d'en rien voir. Rare dans les peintures des catacombes, ce sujet est au contraire souvent reproduit sur les sarcophages ; le Musée de Latran en possède un qui porte la date consulaire correspondant à l'an 343. S. Joseph a ordinairement les traits d'un jeune homme.
L'Epiphanie. — C'est un des sujets le plus fréquemment traités. Nous le trouvons, dès le 11^ siècle, dans la chapelle grecque du cimetière de Priscille ; il a été répété, aux Ill^et IV^ siècles, dans plusieurs cimetières. Le nombre des mages est variable ; tantôt il y en a deux, tantôt trois, tantôt quatre ou même davantage ; sur un vase du Musée Kircher on en