De Trinit., 1. VIII, c. siP- L., t. XLII, col
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de la T. Ste Vierge (i). Nous allons examiner rapidement les principales, en parcourant les différents cimetières.
Cimetière de Priscille. — Il renferme l'image la plus ancienne. Elle se trouve à la voûte d'une chambre, dans la partie primitive du cimetière, et fait partie de la décoration d'un tombeau. Au milieu se trouvait le bon Pasteur, en bas-
relief ; à gauche, un groupe formé d'un homme, d'une femme et d'un enfant, dans l'attitude de la prière, où les uns ont vu la Ste Famille, les autres la famille qui possédait ce tombeau ; à droite, la Vierge, voilée, assise, tenant l'Enfant Jésus sur sa poitrine, et un personnage debout qui doit être un prophète.
I. De Rossi, Immagini scelte délia beata Vergi ne Maria traite dalle Catacombe romane, Roma, 1863.
LES IMAGES DE LA T. STE VIERGE
Au-dessus on aperçoit une étoile. Elle fait penser que le prophète était Isaïe, qui a annoncé la lumière divine ; peut-être aussi est-ce Michée. On ne peut supposer que cette scène représente une mère quelconque. D'abord les scènes domestiques sont très rares dans l'ancien art chrétien. Puis il faut remarquer que dans la décoration de ce tombeau tout est symbolique. L'âge de cette peinture a été fixé aux premières années du 11^ siècle. Elle est d'un style classique, comparable à celui des peintures de Pompéi. Ce jugement a été accepté même par des critiques hétérodoxes. Du reste cette chapelle se trouve dans la partie la plus ancienne du cimetière, non loin des inscriptions rouges. Des fouilles récentes ont fait
reconnaître, au-dessous du niveau actuel, des tombeaux postérieurs, et néanmoins très anciens, ce qui oblige à reculer très loin la partie supérieure. On voit, après cela, combien est sûrement informé certain ouvrage anglais qui attribue cette Madone au VI^ siècle.
On trouve aussi dans la Chapelle grecque une scène de l'Epiphanie, la plus antique qui soit connue. Elle est malheureusement recouverte par une stratification calcaire.
Une autre peinture du même cimetière représente une crante entre deux scènes, dont l'une paraît être la vêture d'une vierge consacrée,et l'autre un groupe de la T. Ste Vierge et de l'Enfant Jésus. On a élevé quelques doutes sur Tinter-
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prétation de ce dernier groupe, mais sans donner de raisons plausibles en faveur d'une autre explication.
Enfin le n:iême cimetière offre une scène de l'Annonciation ; de sorte que la plus antique des catacombes romaines renferme plusieurs images de la T. Ste Vierge.
Cimetière de Domitille. — Une peinture du III^ siècle, placée sur la paroi d'une galerie, représente l'Epiphanie. La Vierge est voilée, assise sur une chaise ; elle tient l'enfant Jésus sur ses genoux, et les Mages sont au nombre de quatre.
Cimetière des SSts-Pierre et Marcellin. — Dans
une scène de l'Epiphanie (commencement du IV^ siècle), on ne voit que deux mages ; la Vierge, ordinairement voilée, a ici la tête nue. Le voile, signe distinctif des matrones romaines, était aussi donné aux vierges consacrées, épouses de l'Agneau
LES IMAGES DE LA T. STE VIERGE
divin. Quand on a peint la Vierge sans voile, on a voulu sans doute faire une allusion à son intégrité virginale.
Cimetière de Calixte. — On trouve la scène de l'Epiphanie, avec trois Mages, dans un arcosole du III^ siècle.
Cimetière Ostrien. — Un arcosole, au fond d'une chapelle, présente une peinture à laquelle le P. Marchi a donné une grande célébrité. Elle est du IV*^ siècle et postérieure à Constantin ; on y remarque de chaque côté le monogramme isolé. On a voulu récemment y voir le portrait d'une femme déposée dans le tombeau. Il faut plutôt y reconnaître, avec le P. Marchi (^) et M. de Rossi, la T. Ste Vierge et l'Enfant Jésus sur sa poitrine ; les propriétaires du tom-
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beau sont figurés par les deux orantes qui entourent le personnage principal et le regardent. Ce type nouveau de la T. Ste Vierge ne reste pas isolé. Il est continué aux IV^, V^^, VI^ siècles, jusqu'au moyen âge ;on le conserve encore dans les images de type byzantin, qui sont très communes en Russie et en Orient.
Cimetière de St-Valentin. — Il possédait une image de la T. Ste Vierge, du VII^ siècle, avec l'inscription : SCA DEI GENETRIX. Il n'en reste que quelques traces. Le type était celui delà Vierge du cimetière Ostrien (2).
1. / monumenti délie arti cristiane primitive, p. 59, 157-158.
2. Cf. Marucchi, La cripta sepolcrale di S. Valeniino, Roma, 1878.
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Pour bien comprendre la portée de ces images, contre lesquelles les protestants, M. RoUer en particulier, ont soulevé des objections plus spécieuses que solides, il faut se rappeler que les Saints, les martj-rs, étaient représentés sur les premiers monuments des Catacombes comme les avocats des âraes(i). La T. Ste Vierge est l'avocate par excellence, « ad-
ji'*^
ATOcata», ainsi que l'appelle dès le 11^ siècle S. Irénée (2), Aussi l'a-t-on toujours représentée à la place d'honneur, assise sur une chaise, et sur une chaise voilée, symbole de la puissance, «lême de la divinité. Elle n'est pas là seulement comme un