‹ Éléments d'archéology chrétienneChapitre 91 sur 334 · P. L., t. XL III · texte numérisé non relu

P. L., t. XL III

2. De Rossi, Biilhttino, 1875, p. 162-175; 1876, p. 59-64. Cf. S. Optât, Z)^ jcAww. Donat., III, 8 [P. L., t. XI, col. 10T7-1019). — La formule <i depositio cruoris > montre que la tradition de la distinction des tombes de martyrs par la fiole de sang n'est pas tout à fait sans fondements, quoiqu'on ait souvent bien e.xagéré la valeur de ce signe.

LA PERSÉCUTION DE DIOCLÉTIEN. 6l

Les chrétiens furent condamnés surtout « ad metalla », c'est-à-dire aux carrières et sablonnières d'où l'on tirait les matériaux pour les grands monuments de Rome et où l'on taillait les colonnes. Les Thermes de Dioclétien étaient en briques revêtues de marbre ; certainement des chrétiens furent employés à leur construction, spécialement à l'extraction du marbre. Quelques Actes parlent de soldats préposés à la surveillance des condamnés qui travaillaient dans les carrières. Un de ces soldats, après la construction des Thermes de Licinius,dans la ville de Sirmium,dédia à Hercule Auguste, c'est-à-dire à Maximien, une inscription qui a été retrouvée à Salona, en Dalmatie, et que possède le musée de Spalato (') :

HERCVLI AVG • SAC • VAL . VALE RIANVS MIL • CVM ADSIST EREM AD CAP ITELLA COLV MNARVM AD TE RMAS LICINIAN S QVAS EIVNT S IRMIV L S

Parmi les confesseurs employés aux travaux des Thermes de Dioclétien, mentionnons S. Saturnin, qui fut enterré, via Salaria, dans le cimetière dit de Thrason et de Saturnin ; S. Cyriaque, S. Large et S. Smaragde, dont le premier fut spécialement honoré aux Thermes, dans l'église de St-Cyriaque in Thermis, et plus tard à Sta Maria in via Lata.

En 305, Dioclétien et Maximien abdiquèrent, le premier à Nicomédie, le second à Milan. Galère et Constance Chlore

I. « Herculi Augusto sacrum. Valerius Valerianus miles cum adsisterem ad capitella columnarum ad termas Licinianas quae sunt Sirmiu libens solvi. »

62 ÉLÉMENTS DARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE.

devinrent Augustes, s'adjoignant comme Césars Flavius Sévère et Maximien Daza. Galère continua la persécution ; mais il fut frappé d'une grave maladie et mourut après avoir signé un édit de tolérance et s'être même recommandé aux prières des fidèles (311). Bien loin de partager ces dispositions, Maximien organisa contre les chrétiens un véritable soulèvement de l'opinion publique. A son instigation, raconte Eusèbe ('), les villes lui demandèrent leur expulsion. Une inscription, récemment découverte en Asie-Mineure et publiée par Mommsen (2), conserve le texte grec d'une demande de ce genre adressée à l'empereur par les citoyens d'Arykanda; la lettre est précédée d'un fragment du rescrit en latin qui fut envoyé. Voici, avec les restitutions nécessaires pour les rendre intelligibles, le texte du rescrit et la traduction de la lettre :

« (Quamcumque munific)entiam vol(ueritis pro hoc vestro religioso proposito pet)ere. Jam nunc hoc (facere atque accipere constituite, scili)cet impetraturi eam (sine mora quae data vobis in aeternum) tam nostram juxta deos i(mmortales religiosam pietatem testabi)tur quam vero condigna pra(emia vitae rationis vos a nostra cl)ementia consecutos liberis ac p(osteris vestris declarabit).

Et aussitôt après : « Aux sauveurs de tout le genre humain, aux dieux augustes, les Césars Galerius Valerius Maximinus et Flavius Valerius Constantinus et Valerius Licinianus Licinius. Instance et prière du peuple fidèle de la Lycie et de la Pamphilie.

« Les dieux vos parents, ô illustres princes, ayant montré par les faits leur bienveillance envers tous ceux qui ont grandement à cœur la religion, nous avons cru opportun pour votre bonheur éternel, maîtres souverains qui êtes supérieurs à toutes choses, de recourir à votre puissance royale et immortelle, et de lui demander que les chrétiens, depuis longtemps et jusqu'à aujourd'hui rebelles (toùç irâ).ai o-Tainâî^ovraç ypuTT'.avoùç), soient enfin réduits et cessent

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