CHAPITRE II
mercure à égalité de température entre certaines limites ; au delà elle le devient. La nature de i’électricité varie encore suivant la différence de température entre les deux corps.
La tige est positive lorsque sa température est un peu plus élevée que celle du mercure ; elle est , au contraire , négative , lorsqu’il y a un plus grand intervalle.
En général , avec le succin , le soufre, la cire d'Espagne, les effets du choc sont plus marqués qué ceux du simple contact; on voit donc encore l’influence de l’ébranlnment des parties pour exciter la puissance électrique.
Des substances composées de parties flexibles , telles que le coton , le papier et la laine , sont très-électriques par les trois modes d’immersion, depuis + lo" jusqu’à 80°, même à égalité de température avec le mercure. Il s’ensuit que la faculté électrique augpiente avec celle qu’éprouvent les particules des corps à perdre leur position naturelle d’équilibre; il suffit souvent d’un très-léger ébranlement, tel (jue celui provenant de la rupture de l’action attractive exercée par le mercure sur les corps, pour dégager de l’électricité. Examinons des cas encore plus compliqués.
Lorsque l’on frotte l’un contre l’autre deux corps qui n’ont pas le même degré de dureté , et que l’un d’eux cède , par conséquent , à l’autre, une partie de sa substance, au bout de quelques instanfs, le frottement ne s’exercera plus entre les deux corps , mais bien entre le corps le plus tendre et la portion de ce corps qui a été déposée sur le plus dur. On a alors des effets électriques complexes , selon que le métal le moins dur est oxydable ou non ; de là une foule d’erreurs dans lesquelles sont tombés les physiciens qui se sont occupés de déterminer l’espèce d’électricité que prend un corps dans son frottement contre un autre.
Lorsque ies métaux cèdent aux frottoirs , soit une portion de leur substance, soit de l’oxyde qui forme une couche sur le frottoir, dans ce dernier cas, le frottement a lieu entre le métal et son oxyde qui est toujours négatif par rapport au métal. Mais quand la couche d’oxyde a acquis une certaine épaisseur, et qu’elle ne peut plus être enlevée , le frottement a lieu entre deux couches d’oxyde , qt |l n’y a pas d’effets électriques. En ayant égard à ces diverses circonstances , on peut expliquer les anomalies qui se présentent dans les expériences. Si l’on frotte doucement les métaux avec des corps tels que le liège et le caoutchouc , on enlève facilement la couche d’oxyde , et l’on ob- ^nt alors l’éleetricité positive sur les métaux. Ces résultats montrent
36 ÉLÉMENTS d’ÉLKCTBO-CHIMIE.
combien il faut prendre de précautions dans les recherches relatives
au dégagement d’électricité par frottement.
On a imaginé des appareils à l’aide desquels ou recueille le plus possible des électricités dégagées dans le frottement de deux corps. Ces appareils , appelés machines électriques , sont décrits dans tous les traités de physique; ainsi, nous pouvons nous abstenir d’en parler.
M. Péclet a construit un appareil pour étudier l’influence qu’exercent le temps , la vitesse et la pression sur le dégagement d’électricité par pression.
Il paraît résulter, suivant lui , de ses expériences : 1" que la vitesse et la pression étant constantes, la tension finit par le devenir ; 2° qu’en général , la tension est indépendante de la vitesse ; 3° qu’au deià d'une certaine limite, la pression n’influe pas sur l’éleetricité dégagée. Dans l’explication que ce physicien a donnée des faits observés , il a fait abstraction de l’électricité qui se recombine à la source même où elle se dégage , quand on ne met aucun obstacle à eette recomposition. C’est faute d’avoir négligé cette recomposition que d’autres personnes ont été également induites en erreur dans les explications qu’elles ont données des phénomènes produits dans le dégagement de l’électricité par frottement ; en effet , on ne doit jamais perdre de vue les considérations suivantes : 1° lorsque la décomposition des deux électricités dans le frottement s’effectue plus rapidement que la recomposition , la tension électrique augmente ; 2“ si la recomposition se fait dans un temps appréciable , plus on tournera vite , plus la tension maximum augmentera. On conçoit parfaitement qu’il arrive un certain point, quand on tourne rapidement, où la tension de l’électricité dégagée est telle, qu’une portion des deux électricités se recombine malgré la mauvaise conductibilité des corps frottés ; il en sera de même au fur et à mesure que la tension augmentera. D’après cela , l’on doit arriver à une tension maximum que l’on ne saurait dépasser , attendu que les deux électricités se recombinent toujours au contact, le frottement n’étant pas tellement instantané , que la séparation des deux corps ne puisse s’effectuer dans un temps infiniment petit. Voilà comment il faut entendre que le dégagement de l’électricité est indépendant de la pression et de la vitesse du frottement.
Des effets de frottement dans les gaz et dans le vide.
Dans les expériences précédentes, on opérait dans l’air. Voyons ce