EAU
Densité à 0“,76 de pression. . .
(Unité de comparaison adoptée.) Chaleur spécifique
. , J, ( à volumes égaux
— de la vapeur d eau. r °
( a poids égaux
Indice de réfraction (Newton, Wollaston, Brewster).
Pouvoir réfringent de l’eau de pluie (Newton). . . .
Poids atomique { ow .
L’eau, comme tous les liquides, est compressible. Sous une pression
CHAPITBB IT.
égale à celle de l’atmosphère, elle diminue de 0,000044 à 0,000048 de volume suivant Canton et Perkins; 0,000045 d'après M. QErsted. Comprimée très- vivement , elle fait jaillir une vive lumière.
Elle se gazéifleà 100*, sous la pression de O^.TO, et augmente alors de 1700 fois de volume.
En se refroidissant, elle se condense de plus en plus jusqu’à + 4°, où elle acquiert son maximum de densité , puis elle se dilate jusqu’au terme de congélation. Selon Mairan , l’eau à zéro augmente de -pf de son volume en se congélant ; cet effet tient à un arrangement particulier des molécules.
Les substances qu'elle tient en dissolution influent sur le point d’ébullition. Les pointes ou saillies qui se trouvent dans les vases où l’on fait l’ébullition favorisent l’ébullition. On peut faire descendre la température de l’eau jusqu’à — 12', quand elle n’est pas aérée, sans qu’elle se congèle; mais, pour peu qu’on imprime un mouvement de vibration au vase et par suite à l’eau, la congélation s’opère aussitôt. On opère la composition et la décomposition de l’eau au moyen de l’électricité. Parlons d’abord de la composition.
On a vu précédemment que si l’on faisait détoner, dans un eudiomètre, deux volumes d’hydrogène et un volume d’oxygène, il se formait de l’eau ; mais on n’obtient qu’une quantité d’eau très-petite ; si l’on veut s’en procurer une plus grande quantité , on se sert de l’appareil que présente la figure 9 , planche II , dont voici la description , telle que la donne M. Thénard, Traité de chimie, 1. 1*% p. 257, sixième édition :
B, ballon de verre de 10 à 12 litres.
m,m', tige de cuivre recourbée inférieurement , terminée par une petite boule de cuivre m', et destinée à faire passer des étincelles électriques de m' en/.
CAC , gazomètre destiné à mesurer la quantité de gaz oxygène que l’on introduit dans le ballon, et composé des pièces suivantes :
L , grande cloche graduée de verre, mobile et soutenue par le contre-poids k au moyen d’une corde passant sur les poulies ii.
E, cylindre intérieur de fer verni, arrondi supérieurement, et fermé de tous côtés.
C, C, cylindre extérieur, séparé du cylindre E par un intervalle gg d’environ 12 centimètres, que l’on remplit d’eau pour faire l’expérience.
g', g', fond de la cavité circulaire gg.
a, a, rebord du cylindre extérieur servant à recevoir l’eau dont le
182 ÉLéMEUTB D’BLRCTIO'CHIMIG.
nivean s'élève à mesure que la cloche L descend entre les deux cylindres.
y, robinet placé immédiatement an-dessons du fond y'y', et servant à vider l’eau contenue dans la cavité circulaire gg.
y', tuyau horizontal muni d’un robinet , et servant à introduire le gaz oxygène dans la cloche L, au moyen du tuyau vertical tt, avec lequel il communique.
y", autre tuyau horizontal muni d’un robinet , et s’adaptant d’une part au tuyau vertical tt, et de l’autre au tuyau SS' qui se rend dans le eouduit d'tf.
PP, montant de cuivre fixé an cylindre extérieur par les vis nn, et servant de support aux poulies tt.
ZZ , vis destinées à mettre l’instrument de niveau.
C',Â',C', gazomètre semblable en tout au gazomètre CAC, destiné à conduire le gaz hydrogène, et communiquant avec le ballon B par le conduit as" TT.
Pour faire fonctionner cet appareil, la cloche L est rempile de gaz oxygène, en adaptant le tube d’une cornue dans laquelle on dégagera gaz au moyen du tuyau y',- le robinet y" reste fermé. Dans le bassin k , on met des poids pour élever la cloche à mesure qu’elle se remplit de gaz pour que la pression soit égale à celle de l’atmosphère. La cloche L' est ensuite remplie de gaz hydrogène, et l’on fait le vide dans le ballon B. On ferme les robinets e' et y', et l’on onvre peu à peu les robinets e et y". Le gaz de la cloche L passe aussitôt dans le ballon et le remplit. La cloche s’abaisse peu à peu , et on la remplit de nouveau. On ouvre les robinets y" et e, et l’on fait passer des étincelles sans interruption de m en /, au moyen de la tige mm' en communication avec une machine électrique. On ferme le robinet af, et l’on ouvre les robinets x" et c', et l’on presse assez fortement avec les mains sur la cloche L'. Le gaz hydrogène se rend dans le ballon par l’extrémité / du tuyau dd, et s’enflamme par l’effet de l’étincelle électrique. On cesse de faire passer des étincelles, et l'on diminue la pression jusqu’à ce qu’elle ne soit plus égale qu'à 3 ou 4 centimètres d’eau. On en exerce une en même temps sur le gaz oxygène de la cloche L, laquelle pression ne doit être que de 7 à 8, millimètres. On obtient ces pressions constantes en enlevant des poids des bassins kk', et on les mesure par l’ascension de l’eau dans les branches t/t/ des tubes w'vv'; la combustion de l’hydrogène s’opère ainsi sans interruption, et l’eau se condense dans le ballon. On doit opérer ordinairement avec de l’oxygène et de l’hydrogène très-secs, ce qui s’obtient en les
CHAPITBB IV.
faisant passer dans des tubes contenant du chlorure de calcium. En se reportant à la décomposition de l’eau dont il a di'jà été question et dans laquelle on obtient un volume d’oxygène pour deux volumes d’hydrogène, on en conclut des deux expériences de synthèse et d’analyse , que l’cau est composée d’un volume d’oxygène et de deux volumes d’hydrogène.
L’eau chimiquement pure n’est pas décomposée, et cela par la raison qu’elle conduit très-mal l’électricité, comme Davy l’a prouvé en opérant sur de l’eau distillée dans un alambic d’argent, et la plaçant dans des vases de platine, d’or et d’agate ; mais il n’en était pas de même toutes les fois que l’eau qui avait été distillée renfermait des matières organiques ou azotées, il obtenait alors de l’ammoniaque au pôle négatif et de l’acide nitrique au pôle positif, par suite de la réaction des éléments de l’eau sur les principes constituants de ces matières. L’eau renfermée dans des vases de verre, dont les éléments pouvaient être séparés par les courants, était également décomposée ; on avait de la soude au pôle négatif et du chlore au pôle positif, provenant sans doute du sel marin que, dans quelques cas, on emploie comme fondant dans la fabrication du verre. L’eau qui tient en dissolution un acide ou un métalloïde est décomposée ; voir à ce sujet l’acide sulfurique et les métalloïdes, l’iode, le brôme, le chlore , etc.
ACinS BOBIQDB.
Cet acide incolore est solide et inodore; dissous dans l’eau, il cristallise par refroidissement , en petits prismes dont la forme n’a pas encore été déterminée.
Densité (fondu).
— (cristallisé)
Chaleur spécifique
Poids atomique. | ^^3.1 ^
On a essayé de décomposer l’acide borique électro-chimiquement ; pour atteindre ce but, Davy a opéré de la manière suivante :
La surface de l’acide borique vitreux humectée fut mise en contact avec les pôles d’une pile très-forte; il se manifesta à l’extrémité du fil négatif une petite tache brune que le physicien anglais considéra comme du bore, dont il ne put obtenir que des traces , quelque puissante que fût la pile. La décomposition sans aucun doute ne peut
184 ÉLÉMENTS D’ÉLECTBO-CHIMIE.
être continuée qu'en raison de la mauvaise conductibilité du bore.