CHAPITRE I
autour de la caisse de l’appareil. Lorsque ccs deux fils' sontparcourus par deux courants égaux dirigés en sens contraire, l’aiguille aimantée reste dans la position d’équilibre ordinaire; mais pour peu qu’il y ait une différence dans les intensités, la déviation indique quelle en est la mesure. On conçoit très-bien qu’avec ce multiplicateur, connu sous le nom de multiplicateur à deux fils , on puisse facilement former la table des intensités. En effet, supposons qu’on fasse passer dans un des fils un courant d’une certaine intensité, l’aiguille aimantée sera déviée. On tiendra note de la déviation ; on fera passer ensuite simultanément un courant de même intensité dans le second fil, et on aura une autre déviation correspondante à une intensité double. En variant l'intensité du courant, on obtiendra un nombre plus ou moins considérable de résultats, qui, d’un cêté, donneront les déviations de l’aiguille, de l’autre, les intensités correspondantes. Ensuite, par la méthode des interpolations , on établira la table des intensités , qui, bien entendu, devra être faite pour chaque appareil , attendu que les rapports entre les déviations et les intensités du courant dépendent de l’intensité de celui-ci , de la construction de l’appareil et de l’aimantation des aiguilles.
Exposons maintenant les lois en vertu desquelles s’opère l’action des courants les uns sur les autres, suivant leur direction. On a reconnu dans un fil métallique une action révolutive sur l’aiguille aimantée. On définit ainsi la direction du courant. Supposons un homme courbé dans le sens de la longueur du fil conjonctif, les pieds du côté du pôle positif, la tète du côté du pôle négatif, de sorte que le courant aille des pieds à la tête, et que la face regarde l’aiguille ; celle-ci est chassée dans un sens tel que le pôle austral est à la gauche de l’homme.
Le courant électrique agit sur une aiguille aimantée librement suspendue en raison inverse de la simple distance, d'où l’on a conclu par le calcul que la force exercée par l’élément du fil agit en raison inverse du earré de la distance, comme l’attraction générale et celle des forces électriques. Passons à l’action des courants les uns sur les autres, suivant qu’ils sont dirigés dans le même sens ou dans des sens différents. Pour étudier cette action, il faut rendre mobiles des portions de circuit , au moyen d’appareils dont on trouvera la description tome III , p. 1 5 (*). On reconnaît alors que les courants dirigés en sens contraires se repoussent , et s’attirent quand iis vont
{*) Traité de l'électricité et du magnétitme,
ÉLÉMENTS d’ÉLECTBO-CHIHIE.
dans le même sens; effets contraires à ceux qui ont lieu dans l’action à distance des corps électrisés différemment ou de la même manière. Au surplus , la loi qui régit ces actions peut être ainsi définie : Deux portions de courant s’attirent quand elles vont l’une et l’autre en s’approchant du sommet de l’angle , et se repoussent au contraire, quand l’une s’éloigne et l’autre se rapproche du sommet.
Considérons maintenant le cas des circuits fermés. Soit un conducteur de forme rectangulaire , disposé de manière à être mobile et soumis à l’action d’un courant indéfini dont la direction est (lerpendiculaire au plan du rectangle , tome III, p. 25 . L’expérience démontre et l’analyse confirme que l’action du courant amène ce conducteur dans une position fixe d’équilibre , dans un plan parallèle au courant indéfini. Il en sera encore de même si , au lieu d’un circuit fermé , on prend un certain nombre de circuits situés dans des plans parallèles, et dont toutes les parties sont liées ensemble d’une manière invariable, comme cela arrive dans le cylindre électro-dynamique.
Passons à l’action des aimants sur des conducteurs pliés en hélices, ou sur des cylindres électro-dynamiques librement suspendus. Si l’on présente un barreau aimanté à un semblable cylindre, à une certaine distance, et hors de l’espace compris entre les deux plans des spires extrêmes , on trouve que les deux parties opposées du cylindre manifestent des actions contraires, c’est-à-diredes attractions et des répulsions, selon le sens du courant et la nature du pôle le plus voisin, effet absolument analogue à ceux que l’on observe quand on présente un aimant à un autre aimant.
Un cylindre électro-dynamique est donc en tout semblable à un barreau aimanté. Aussi , si on le suspend par son milieu à un axe vertical, dès l’instant qu’il est parcouru par un courant, il oscille pendant quelques instants et vient se placer dans le méridien magnétique.
Si l’on examine la direction des courants, on les trouve descendants à l’est et ascendants à l’ouest , allant de l’est à l’ouest dans la partie inférieure de chaque spire , et de l’ouest à l’est dans la partie supérieure.
C’est en raison de ces effets que M. Ampère a avancé, et prouvé par le calcul, que l’on devait considérer un aimant comme un cylindre électro-dynamique, dans lequel les courants circulent de l’est à l’ouest, dans la partie inférieure de chaque spire , dont le plan est perpendiculaire à l’axe quand l’aimant est dirigé par l’action de la terre. Ce rapprochement est important pour la théorie des aimants, et en parti-
CHAPITRK II.
culipr pour la théorie du naaiïnétisme terrestre ; car on peut inférer de là, sans cependant que le fait soit prouvé , que le magnétisme du globe peut être représenté par l’action de courants électriques circulant de l’est à l’ouest dans la croûte supeiilcielle.
Diverses questions ont été résolues , à l’égard de l’action des courants et des aimants, entre autres celle qui concerne la rotation des courants par l'influence des courants, des aimants ou du magnétisme terrestre , et réciproquement ia rotation des aimants par l’influence des courants ; mais comme ces questions sont entièrement du domaine de la physique générale et ne sont d'aucune utilité en électro-chimie, nous renvoyons nos lecteurs à ce que nous en avons dit tome III , p. 85 (*).