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ORIGINE DE LA GLANDE THYROÏDE LATERALE

Poulet. Chez les Mammifères, Kastschenko a admis de même la participation simultanée de la portion ectodermique des 2e, 3e et 4e fentes (conduit præcervical) et de la portion entodermique de la 3e fente à la constitution de l’organe thymique.

Cette opinion est intermédiaire entre celle qui accorde au thymus une origine entièrement entodermique, et celle, soutenue par His, qui en fait un organe exclusivement ectodernüque. Pour His en effet, le thymus dérive uniquement des poches ectodermiques des 2e, 3° et 4° fentes réunies en un sinus præcervical (1).

Des remarques qui précèdent il résulte que, la part faite des divergences que l’on peut imputer aux auteurs mêmes, le thymus n’en est pas moins un organe essentiellement variable chez les Vertébrés quant à son origine et par conséquent à sa nature morphologique, et dont le seul caractère constant est d’être un dérivé des fentes branchiales.

d) Origine de la glande thyroïde latérale . — La glande thyroïde latérale émane chez les Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères, suivant l’opinion la plus généralement acceptée, de la poche entodermique de la 4e fente branchiale, ou plus précisément d’un ^ bourgeon ventral de cette fente (fîg. 63)., Nous disons : la glande thyroïde latérale, et non la glande thyroïde. Car l’organe de l’adulte que l’on appelle glande thyroïde dérive, comme nous le verrons plus loin, non pas d’une, mais de deux ébauches : l’une impaire et médiane, la plus anciennement connue, que nous étudierons plus tard, l’autre, paire et latérale, la seule qui nous occupe maintenant parce qu’elle est le produit de la végétation de l’épithélium d’une fente branchiale et en particulier de la quatrième.

De Meuron a montré cependant que ce n’était pas à proprement parler la 4e fente qui fournissait cette ébauche, mais bien la partie de l'épithélium du pharynx qui est immédiatement située derrière la dernière fente véritable, la 6e par conséquent chez les Sélaciens, la 5e chez les Amphibiens, la 4e chez les Vertébrés supérieurs. Ce n’était qu’à cause de la très grande proximité de

(1) His toutefois actuellement a renoncé à sa manière de voir primitive et a reconnu l’origine du thymus aux dépens de l’entoderme pharyngien exclusivement.

DÉVELOPPEMENT DE L’iNTESTlN RESPIRATOIRE

Tébauchede la thyroïde latérale et de la 4e fente chez les Vertébrés supérieurs qu’on avait pu l’attribuer à cette dernière.

Maurer a fait chez les Amphibiens une même constatation : la thyroïde latérale, que l’auteur appelle « corps post-branchial » pour marquer du même coup qu’elle demeure chez ces animaux étrangère à la constitution de la thyroïde et qu’elle ne dérive pas d’une fente branchiale, se forme aux dépens d’une région de la paroi ventrale du pharynx située derrière la dernière ou cinquième fente branchiale.

His a soutenu pour l’embryon humain une opinion analogue : pour lui, ce n’est pas la 4e fente qui se transforme en glande thyroïde latérale, mais l’épithélium du pharynx qui s’étrangle et s’isole au niveau du fundus branchialis pour former l’ébauche thyroïdienne.

De Meuron a montré que les ébauches de la glande thyroïde latérale, telles qu’il les voit se former chez les Sélaciens (fîg. 63, 1), coïncident absolument avec les corps supra-péricardiques de van Bemmelen, que cet auteur a trouvés derrière la 6e fente et qu’il a considérés comme les représentants d’une 7e paire de fentes transformée. De Meuron admet qu’en passant des Sélaciens aux Vertébrés supérieurs les 6e et 5e fentes se sont atrophiées sans subir de changement de fonction et ont ainsi disparu complètement sans laisser de traces. La partie du pharynx qui les portait s’est raccourcie de plus en plus, et les restes modifiés de la 7e fente branchiale des Sélaciens se sont trouvés alors chez les Vertébrés supérieurs rapprochés de la dernière fente branchiale, c’est-à-dire de la quatrième.

Nous verrons plus loin comment la glande thyroïde latérale se réunit à l’ébauche médiane pour former la glande thyroïde définitive dont nous aurons à suivre le développement ultérieur.

Quant aux glandes carotidiennes, leur faible importance chez l’adulte ne saurait légitimer un examen détaillé de leur formation, et nous renvoyons au tableau pour le lieu de leur origine.

e) Forme et rapports des ébauches du thymus et de la glande thyroïde latérale. — L’étude de coupes sériées pratiquées chez un embryon d’un âge convenable nous apprendra, ainsi qu’on le verra V ci-dessous, que : 1° l’ébauche de la glande thyroïde latérale est un

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