NOYAU ET ENVELOPPES DE L ŒUF
§ 2. — Le noyau (fig. I, vg). — Le noyau de l’oeuf s’appelle vésicule germinative ou de Purkinje. Sa forme est généralement arrondie ; son volume n’est pas nécessairement en rapport, même pour une espèce donnée, l’Homme par exemple, (Nagel), avec la taille de l’œuf. Comme tout noyau, la vésicule germinative est formée : 1° d’une membrane nucléaire ( mvg ) qui la sépare du vitellus ambiant ; 2° d’un suc ou sève nucléaire, appelé encore enchylema , qui imbibe tout le noyau ; 3° de filaments , qui, suivant les auteurs et aussi selon les cas, se présentent soit anastomosés en un réseau (r), soit libres et formant plusieurs segments ou anses, soit soudés en un peloton unique. La charpente de ces filaments est constituée, de même que le suc nucléaire, par une substance que certains réactifs ne colorent pas, et qui a reçu pour ce motif le nom d 'achromatine. Mais la charpente achromatique n’est que le support d’une autre substance bien plus importante, pour laquelle les réactifs indifférents à l’égard de l’achromatine manifestent une affinité toute spéciale, et qui a été pour cette raison nommée chromatine. La chromatine est répandue uniformément sur le filament, ou plutôt s’y montre concentrée en grains ou « microsomes » échelonnés le long du filament. Les expressions de réseau , segments ou anses , peloton chromatiques rappellent l’agencement et le caractère essentiel de cette partie constitutive du noyau.
Il arrive dans certains cas, et en particulier dans les œufs, que la chromatine se ramasse en certains points du trajet des filaments pour y former des nodosités. Bien plus, certaines nodosités, accaparant toute la chromatine du noyau, et devenant ainsi particulièrement grosses, figurent des « pseudo-nucléoles », les taches germinatives ou de Wagner (tg), de forme arrondie ou irrégulière, douées de mouvements amœboïdes remarquables; leur nombre est ordinairement de 1 ou 2, mais peut s’élever jusqu’à 100 (Grenouille).
§ 3. — Membrane d’enveloppe et enveloppes accessoires
(fig. 1, mr, z ; lig. 3, vt, x, w , s, ism, sm ). — La membrane d'enveloppe de l’œuf, différenciée aux dépens d’une couche périphérique du vitellus, porte le nom de membrane vitelline. Elle est
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extrêmement mince, et peut même faire défaut ; ainsi sur l’œuf humain Nagel n’a pu en constater l’existence.
Si la membrane vitellinepeut manquer, et si, quand elle existe, sa ténuité est telle qu’elle ne puisse assurer à l’œuf qu’une protection peu efficace, on comprend la nécessité d’enveloppes, qui pour avoir un caractère morphologique accessoire n’en sont pas moins physiologiquement de première importance. Ainsi chez les Vertébrés l’œuf est entouré d’une enveloppe généralement épaisse, la zone pellucide ou « chorion », séparée du vitelius dans l’œuf humain par un espace périvitellin (Nagel). La zone pellucide est généralement striée dans le sens radial soit dans la totalité, soit dans une partie seulement de son épaisseur ; elle est pour cette raison depuis longtemps désignée sous le nom de zone radiée. Les stries de la zone radiée sont l’expression optique de canalicules, à travers lesquels le vitelius peut émettre des pseudopodes vers les cellules folliculeuses, ou bien au contraire grâce auxquels les cellules folliculeuses peuvent pousser des prolongements et même émigrer jusqu’à l’œuf. On comprend l’importance de ces dispositions et de ces phénomènes dans la vie de l’œuf.
Si la membrane vitelline appartient indiscutablement en propre à l’œuf, dont elle représente la membrane cellulaire, il n’en est pas de même de la zone pellucide que l’on s’accorde aujourd’hui à regarder comme un produit cuticulaire des cellules folliculeuses, par lequel ces dernières se limitent intérieurement, du côté de l’œuf. La constatation, faite par Nagel sur l’œuf humain très jeune, d’un espace périvitellin séparant les cellules folliculeuses du vitelius, et la situation ultérieure de cet espace périvitellin entre la zone pellucide et le vitelius, parlent catégoriquement en faveur de l’opinion précédente.
La membrane vitelline et la zone pellucide étant l’une et l’autre formées par des cellules d’origine ovarique, la première par l’œuf, la seconde par le follicule, peuvent être réunies sous la dénomination commune d 'enveloppes primaires (Ludwig). On peut leur opposer, sous le nom d 'enveloppes secondaires , les membranes que sécrètent souvent les parois des voies génitales excrétrices. L’œuf de la Poule (fig. 3) est pourvu de plusieurs enveloppes de ce genre ; ce sont Y albumine de Vœufix, w), la membrane coquillière (. sm , ism) et la coquille (s).