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LES CADUQUES

Kollmann, à ce quela puissante végétation de la muqueuse, formée de tissu conjonctif, de glandes, et de vaisseaux, et recouverte par l’épithélium, cesse à un certain niveau ; l’occlusion de la capsule n’est alors complétée que par l’épithélium et une mince couche connective.

La destinée des diverses parties de la muqueuse utérine (hauts plateaux, capsule du fruit) est très importante à connaître. La muqueuse entière tombera avec l’œuf à la naissance ; dans sa totalité elle est donc une caduque. On distingue : 1° la caduque vraie, qui tapisse le corps de l’utérus (fi g. 213, c ; fig. 214 et 213 dv, dv\ dv ”, ds, ds ”) ; 2° la caduque réfléchie, formée par la partie de la capsule du fruit qui recouvre l’œuf et le sépare de la cavité utérine (fig. 213, d; fig. 214 et 213, dr et c) ; la caduque sérotine ou placentaire, au niveau de laquelle s’est faite la fixation de l’œuf à l’utérus et qui est formée par la face basilaire de la capsule du fruit, destinée à fournir plus lard la partie maternelle du placenta (fig. 213, sf ) (voir aussi la fig. 217).

Fig. 215. — Coupe idéale dans le plan médian de l’utérus de la figure précédente , pour faire voir la forme de la capsule du fruit et la saillie considérable de la muqueuse qui l'entoure (d’après Kollsiann).

Les lettres comme en 214. — uc, cavité du col utérin. — ds, ds ”, continuation et extrémité du prolongement de la caduque vraie. — c, cicatrice. La cavité de la capsule et l’œuf qu’elle contient sont teintés en gris. La caduque elle-même est laissée en blanc.

Des formations analogues à la caduque humaine ont été décrites chez quelques Mammifères. C’est ainsi que chez nombre de Rongeurs, le Rat par exemple, la muqueuse forme, à la limite de la région non modifiée et de celle qui a subi la transformation placentaire, un repli qui a pu être considéré comme un rudiment de caduque réfléchie (Turner).

ANNEXES EMBRYONNAIRES CHEZ L’HOMME

Chez le Hérisson, Hubrecht a décrit comme il suit la formation d’une caduque réfléchie ; cette description peut vraisemblablement s’appliquer à l’Homme. L’œuf, parvenu dans un recessus de la cavité de l’utérus (fig. 216, A), est enfermé au fond de ce recessus par la coalescence des parois utérines (B) qui se soudent derrière lui en une épaisse membrane, la caduque réfléchie (C).

Weber et Sharpey ont fait intervenir un processus analogue pour expliquer la production de la caduque réfléchie de l’Homme; Weber toutefois a admis, d’une façon un peu différente, que l’œuf arrivé dans l’utérus s’enfonce dans l’épaisseur même de la muqueuse, et qu’en s’accroissant il la dédouble, la partie soulevée par lui devenant la caduque réfléchie.

Nusbaum décrit chez la Souris une disposition où l’on peut voir également une caduque réfléchie, formée par un processus différent de ceux

Fig. 216. — Formation de la caduque réfléchie chez le Hérisson (d’après Hubrecht, un peu modifiée). A, B, C, 3 stades successifs. — lu, lumière de l'utérus. — dr, caduque réfléchie. — o, œuf.

qui précédent. La région de la cavité utérine où l’œuf est situé se sépare du reste au moyen d’une cloison constituée par la muqueuse. Puis une rainure annulaire s’enfonce toujours davantage entre la paroi utérine et la muqueuse qui loge l’œuf, jusqu’à atteindre le côté mésométrial, celui où se formera le placenta. De la sorte l’œuf est entouré par une capsule (sorte de caduque réfléchie) issue de la muqueuse, et adhérente à la caduque placentaire.

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