A. — SEGMENTATION TOTALE
a) Segmentation égale. Segmentation de V Amphioxus et des Mammifères. — Dans une sphère vitelline homogène, le premier fuseau aura une situation exactement ou très approximativement centrale, et le premier sillon donnera deux hémisphères égaux ou remarquablement subégaux. Dans chaque hémisphère maintenant, le deuxième fuseau sera situé à égale distance des deux extrémités du grand diamètre de l’hémisphère ; de là qua tre quadrants serontconstitués. Dans chaque quadrant, le troisième fuseau, dirigé selon le grand diamètre de la figure à partager, sera placé à égale distance des deux extrémités de ce diamètre; le troisième sillon passant par ce fuseau, fournira deux octants dans chaque quadrant. Les seg-
LA SEGMENTATION
ments, qui auront à chaque division la figure commandée par la direction du fuseau, seront chaque fois équivalents en protoplasme, et même en deutoplasme, puisque la sphère vitelline était homogène; ils seront donc égaux. Cette égalité des segments se maintiendra lors des segmentations ultérieures. Une telle segmentation, qui produit des segments toujours égaux, est dite segmentation égale ou régulière. Disons tout de suite que si la segmentation à peu près égale est fréquente, la segmentation absolument égale devient de plus en plus rare à mesure que les observations se font plus précises ; nous reviendrons plus loin sur ce point. La segmentation égale se présente chez les Cœlentérés, les Échinodermes, chez l’Amphioxus d’après les recherches déjà anciennes de Kowalewsky, chez les Mammifères, d’après les anciens auteurs, et récemment selon Lieberkühn.
Hatschek, étudiant l’Amphioxus après Kowalewsky, a montré que la segmentation cesse d’être égale à partir delà troisième division. Les deux premiers sillons divisent l’œuf en quatre grosses boules égales. Un nouveau sillon fait passer l’œuf du stade quatre au stade huit ; c’est le sillon horizontal ; celui-ci, au lieu d’être exactement équatorial, occupe un plan plus rapproché du pôle supérieur que du pôle inférieur. Il en résulte quatre petits blastomères et quatre gros. Non seulement leur taille, mais encore leur aspect distingue les blastomères supérieurs des blastomères inférieurs ; les premiers sont plus clairs ; les autres, contenant une plus forte proportion de matériaux nutritifs, sont plus foncés. Cette inégalité et cette dissemblance entre les segments voisins du pôle supérieur de l’œuf et ceux qui appartiennent à la région inférieure se maintiennent pendant toute la durée de la segmentation.
Pour les Mammifères, on croyait autrefois que leur segmentation est absolument régulière et égale. Telle fut l’opinion de Bischofï, qui, dès 1842, décrivait très soigneusement la segmentation de l’œuf du Lapin. Kôlliker s’est prononcé dans le même sens. Plus près de nous, Lieberkühn a décrit et représenté la segmentation de l’œuf de Taupe de la même façon que Bischoff. E. van Beneden au contraire affirma que dans l’œuf de la Lapine il se produit dès le premier stade de la segmentation une inégalité