‹ Éléments d'épigraphie assyrienneChapitre 43 sur 58 · INFINITIF · texte numérisé non relu

INFINITIF

zakar.

nazkar. zukkur.

zitkur.

suzkur.

sutuzkur.

uzkur.

zithkir.

ÉCRITURES ANARIENNES. 261

Apverses.—La terminaison is est spécialement assyrienne; elle forme des adverbes en s’ajoutant à la racine soit directement,

soit à l’aide d’une n intermédiaire.

AL fort; Atis, avec force.

Rabou , grand; Rabis, grandement, etc.

Préposirions. — Les prépositions sont également propres à la langue assyrienne. Nous en avons déjà indiqué quelques-unes ; celles qui sont les plus communes et les plus connues sont : ina, ana , ultu, tat, ili, kirib, pani, lapani, etc., etc.

Nous ne suivrons pas plus loin cette analyse. L'application des principes posés par M. Oppert à la traduction des textes assyriens en est le seul contrôle sérieux, et nous ne pouvons l’expérimenter ici.

Cependant les travaux qui s’accomplissaient avec tant de persévérance devaient bientôt recevoir la consécration la plus haute à laquelle ils pouvaient aspirer. L'Empereur a fondé, par un décret en date du 22 décembre 1860, un prix de 20,000 fr. pour l’œuvre ou la découverte la plus propre à honorer ou à servir la France. L'Institut est chargé de décerner ce prix tous les deux ans ; chacune des sections est appelée tour à tour à désigner le candidat qui doit être agréé dans l’assemblée générale des cinq Académies. En 1863, l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres était appelée à faire une proposition ; son choix s’est fixé sur les travaux de M. Oppert , et il a été sanctionné par l’Institut. Aussi, désormais, on peut dire que l’assyriologie est une science arrivée : ceux qui ignorent les principes de cette science nouvelle s’inclinent devant le jugement de l’Institut ; mais ceux qui voudraient en appeler de cet arrêt, avant de se prononcer, devront recommencer les laborieuses études des assyriologues ; car maintenant ceux-là

seuls qui peuvent lire auront seuls le droit de critiquer.

262 ÉCRITURES ANARIENNES,

Quels sont donc les principes qui ont guidé, à leur insu peut-être, tous les savants qui se sont occupés de la lecture des textes assyriens, et dont M. Oppert, le premier, a cherché à formuler l’ensemble ? N'oublions pas que, pour vérifier l'exactitude de ces principes, il faut en faire l’application aux textes. Quelqu'étrange que soit un principe nouveau dans une langue nouvelle, si l'application le justifie, il faudra bien néanmoins l’accepter. Reprenons donc le développement logique des faits, et voyons d’abord comment toutes ces écritures si différentes peuvent se rattacher au même système.

Les monuments assyriens embrassent une période de près de quinze siècles; ils offrent, au premier aspect, une grande variété graphique; mais on ne tarde pas à se convaincre que la plupart de ces variétés tiennent à des causes accidentelles qui ont été remarquées dès les premiers travaux. M. Botta avait ainsi identifié des signes qui paraissaient offrir quelque dissemblance et qui, au fond , étaient identiques. La nature des matériaux donna lieu à ces différences accidentelles. Si la pierre est cassante, on évite de croiser les clous, et dès lors les signes prennent un aspect différent qu’il est facile de reconnaître ; d’un autre côté, on écrivait sur les briques de plusieurs manières : à Babylone, les briques sont imprimées avec un timbre, en bois probablement, qui servait à produire un grand nombre d'épreuves identiques : les caractères sont alors très-soignés ; mais il n’en est pas ainsi à Ninive, où les légendes des briques sont écrites directement sur la terre à l’aide d’un instrument aigu dont on voit encore la bavure. Ces traits révèlent le talent, le caprice ou la négligence du plinthographe.

On écrivait sur le marbre, sur les briques ; on écrivait même sur des bandelettes flexibles, ainsi qu'on en peut juger par les

bas-reliefs. Nous reproduisons ici, d’après un monument de

ÉCRITURES ANARIENNES. 263

Koyoundjik, un scribe qui inscrit le nombre des têtes que l’on

dépose devant lui.

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