VILLOSITÉS
légèrement rétréete à leur extrémité inférieure. Ces cellules ont 0- 2 à , " ,m de longueur et 0-.007 à 0 -.009 de largeur, et reniement o d na* ment un novau clair, vésiculaire, ovalairc, à un on deux nucléole» et » , , ons \rès fines. Pendant la vie, ces cellules qut présentent te mêmes propriétés chimiques que les cellules les plus profondes de p t - Hum bucca , sont unies entre elles d'une manière s. infime que peu dm- "u ' , . m„„tnnT1P voit Das ou l'on ne voit qu'indistinctement
stants même après la mort on ne \ oit pas ou ou i leurs contours quand on les examine de profil; vues den haut, au couaire elles figurent une véritable mosaïque. Les cellules ne deviennent très distinctes que lorsqu'elles se détachent de la ™^Ze^e- Kénéral, a lieu de telle façon que des ser.es entières, voue même leievete St complet d'une villosité, s'enlève comme la co^d'un fruit de mus-
Vai démontré récemment ( Wûrzb. Verl, , t. VI, 1855) que les membranes de ce eflules sont épaissies à leur face libre et très finement striées, et ces
a Ossements partiels, considérés dans une série de ce Mes ou sur les S entières , figurent une enveloppe amorphe spéciale, analogue a la c tel plan. S.l'acti<,n prolongée de l'eau ou des fluides intest.naux a p effet de dilater les cellules en grosses vésicules piruormes, qu, souvent K à leur petite extrémité et laissent échapper leur mucus, sous la orme d'un sphère incolore entraînant quelquefois le noyau avec elle. Le mucus qui sur les cadavres, recouvre la surface de l'intestin , es forme en " partie par le contenu des cellules : en s'imbibant d'eau, il s est gonlé et a formé un enduit épais dans lequel on trouve toujours un grand nombre de cellules déchirées et vides.
La sécrétion muqueuse normale se fait dans l'intestin absolument comme dan Ve omac; seulement dans le premier les cellules ne se détachent ,a- ÎÏÏs et paraissant en état de verser leur mucus au dehors sans crever.
Vivant Brücke le chvlifère central des villosités serait m, espace sans parois Suivant Bruche, e £uï Drésenterait des vacuoles, où s'accumule le chyle propres, et le re de la vflo ^ ^ véritables chylifères. Pour moi , je et qm se continuent p tas Pr0'0™Cfmembrane 0pr6 au!£ chylifères des villosités, reste convaincu de lesis tau» d ur mem ( | ^ ^ ^ membrane que) a vue bien ä'S 'nctemen i observations directes. Les
SU- ^^ÄCÄÄTto -Ildes épithé.iales des vil.o- ~o»rvn de pare" 1 leur extrémité libre, et qu'à leur extrémité interne ou adhérent aïa villosité elles sont percées d'ouvertures auxquelles correspondraient d s ouv rtures semblables dont serait criblée la membrane externe des villosi.es n TouZZ^s Brücke avoue lui-même que ces deux espèces d'ouvertures ne peuvent Xe observées directement ; je me contenterai donc défaire remarquer que 1 près mes ob ervauons les plus récentes (t. s. c), l'existence d'une paroi memo a apre n» " cellules, n'est pas su ette au moindre doute. Certes, dans
Œ ' deB 1« Problème si difficile de l'absorption des gesses mais une considération de cette nature ne doit pas nous faire renoncer
' fÄratyÄond ont montré que dans le phénomène de l'absorption
im
de la graisse les cellules epitheliales de la villosité tout entière, ou celles de son sommet seulement (ce dernier cas n'est si fréquent que parce que les villosités, quand elles sont distendues, l'intestin étant contracté, sont si rapprochées les unes des autres, que leurs pointes seulement plongent dans le contenu de l'intestin), se remplissent de molécules graisseuses ou de gouttes de graisse. Comment cela se fait-il?
D'après les observations récentes de Brücke et de moi, la graisse se divise dans l'intestin en molécules d'une petitesse incommensurable, et c'est sous cette forme qu'elle est absorbée par les celluies épithéliales. Or, comme j'ai prouvé que ces cellules ont une membrane très distincte et très épaisse du côté du canal intestinal, on est forcé d'admettre que les molécules de graisse traversent cette membrane ou en passant par des canalicules ou pores préformés, ou en se frayant un chemin à travers sa substance. Quant à l'existence de pores dans la membrane des cellules cylindriques de l'intestin grêle, je renvoie le lecteur à mon mémoire sur ce sujet, mentionné dans ce paragraphe ; je dirai seulement qu'il se pourrait très bien que les stries que j'ai découvertes dans les membranes épaissies de ces cellules fussent les indices de canalicules excessivement fins; en tous cas, ces stries démontrent une structure toute particulière dans cette partie de la membrane des cellules qui prend la plus grande part à l'absorption ; elles méritent donc toute l'attention des physiologistes. Je ferai remarquer encore que cette membrane striée se gonfle par l'action de l'eau et subit une transformation toute spéciale, de manière à acquérir la forme d'un groupe de fibrilles très courtes ou de cils. De pareilles cellules épithéliales ont été décrites à tort par Gruby et Delafond comme des cellules à cils vibratiles. D'après Donders et moi, il n'est pas rare que des cellules cylindriques crèvent à leur partie supérieure et laissent échapper une partie de leur contenu (du mucus) et leur noyau. Un second noyau formé préalablement dans ces cellules sert à les régénérer. Les cellules en voie de régénération ont un contenu opaque, souvent granulé, et la forme d'une massue : ce sont les cellules que Gruby et Delafond ont nommées epithelium capitatwm.
On trouve souvent dans le parenchyme des villosités et près de leur sommet deux ou plusieurs globules d'une graisse plus ou moins fluide, provenant, d'après Donders, d'une séparation, après la mort, de la graisse qui a pénétré dans la villosité. Les petites cellules décrites par E.-H. Weber au-dessous des cellules épithéliales n'existent pas.
$ 158. Claudes de l'intestin grêle. — L'intestin ne présente que deux espèces de glandes véritables : 1° des glandes en tube, qui ont toujours leur siège dans la muqueuse elle-même, et 2° des glandes en grappe, situées dans le tissu sous-muqueux du duodénum.
Les glandes en grappe, ou, comme 'on les appelle habituellement, les glandes de Brunner, du nom de leur inventeur, forment à la face interne de la muqueuse du commencement du duodénum une couche continue qui atteint sa plus grande épaisseur tout près du pylore, où elle constitue un anneau glandulaire très considérable, et qui s'étend jusqu'au voisinage de l'embouchure du canal cholédoque. Lorsque sur un duodénum tendu ou insufflé on a enlevé les deux couches musculeuses, on reconnaît facilement les glandules dans des corpuscules jaunâtres, irrégulièrement polyédriques, aplatis, d'un diamètre de 0mn\2 à 3mm, ou en moyenne 0mm,5 à 1"""; ces glandules sont entourées d'un peu de tissu conjonctif et appliquées immédiatement contre la muqueuse, dans laquelle elles envoient de petits canaux excréteurs. La structure de ces glandes est la même que celle des glandes
GLANDES DE l/lNTESTlN GR H LE, ft61
muqueuses de la bouché et de l'œsophage; leurs vésicules terminales ont 0mm,07 à 0mm,14j et même 0m'",ü8 de diamètre. Elles sécrètent un mucus alcalin qui ne renferme point de particules organisées, et qui n'exerce aucune action digestive sur les combinaisons protéiques. Les usages de ce mucus paraissent donc être purement mécaniques.
Les glandes en tube ou de Lieberkühn [cryptes mnqueux) sont répandues dans tout l'intestin grêle et dans le duodénum : ce sont des tubes étroits et rectilignes, excessivement nombreux, qui occupent toute l'épaisseur de la muqueuse; elles sont légèrement ren-
flées à leur extrémité, très rarement bifurquées ( chez les animaux ces tubes se divisent très souvent en deux ou trois branches). Pour avoir une bonne idée de leur nombre , le meilleur moyen c'est d'examiner à un faible grossissement des sections verticales de la muqueuse ou la face libre de cette membrane. Dans le premier cas on voit des follicules très serrés, presque sans intervalles (fig. 210); dans le dernier cas on s'aperçoit cependant que les glandes n'occupent pas tout
l'espace et qu'elles n'existent qu'entre les Fig. 21 6.
villosités, mais que là elles sont tellement
nombreuses, qu'elles ne laissent pour ainsi dire pas d'intervalle entre elles, de sorte que la muqueuse qui sépare les villosités semble percée en crible. Ces glandes se trouvent même sur les plaques de Peyer et sur les follicules isolés : chez l'homme, la partie de la muqueuse placée immédiatement au-dessus du milieu des follicules en est seule dépourvue, d'où il résulte que les glandes de Lieberkühn sont disposées en anneaux autour des follicules. La longueur des glandes de Lieberkülm est égale à l'épaisseur de la muqueuse, et varie conséquemment entre 0mln,5 et 0mm,3 ; leur largeur est de 0""\Ü6 à ()""*', 08; le diamètre de leur orifice, de 0""",05 à 0mm,07. Ces glandes se composent d'une membrane propre homogène et très mince, et d'un, épithélium cylindrique ne contenant jamais de graisse pendant la digestion, contrairement à celui de l'intestin. L'épithélium circonscrit une cavité remplie pendant la vie d'un liquide limpide appelé suc intestinal; après la mort , ou sous l'influence de l'eau , il s'altère rapidement, de sorte qu'alors les glandes paraissent remplies de cellules ou d'une substance granuleuse.
Les vaisseaux des glandes de Brunner présentent la même disposition que ceux des glandes salivaires, tandis que ceux des glandes de Lieberkühn affectent le type des vaisseaux des gland ules gastriques. Autour de chaque
Fig. 216. — Glandes de Lieberkühn du cochon. Grossissement de 60 diamètres, a, membrane propre et épithélium; 6, lumière delà glande.
/l62 HISTOLOGIE SPÉCIALE.
tube glandulaire s'étend un réseau délicat de capillaires qui ont ()'nm,007 de largeur; à la surface de la muqueuse tous ces petits réseaux partiels communiquent ensemble el forment un réseau superficiel dont les mailles polygonales sont composées de capillaires un peu plus larges (de ()""", 02), réseau qui fournit les capillaires des villosités, et se continue directement avec les veines; celles-ci traversent en droite ligne la muqueuse après avoir reçu les veines des villosités. Ainsi, là encore, les veines n'ont de connexions qu'avec le réseau superficiel qui entoure les orifices des glandules et avec celui des villosités, et ne communiquent nullement avec les réseaux qui enveloppent les glandules. 11 s'ensuit de là que, comme dans l'estomac, les vaisseaux qui sécrètent le suc intestinal font suite immédiatement aux artères, et précèdent ceux qui servent principalement à la résorption. (Voy. Frei, /. i. c.)
Nous no savons guère d'où viennent les petites cellules à noyau arrondies qu'on rencontre dans le mucus intestinal. Je ne les ai point trouvées dans les glandes, et je ne saurais les ranger parmi les cellules epitheliales ; ces cellules, qui 'd'ailleurs sont peu nombreuses, me paraissent se former à la surface do la muqueuse, de môme que les corpuscules muqueux de la bouche. Dans diverses maladies de l'intestin , dans la péritonite, le typhus , Böhm a trouvé une foule de glandes de Lieberkiihn remplies d'une substance blanchâtre et visqueuse [Gland, ind., p. 34) qui, d'après les recherches ultérieures du même auteur (Uarmschleimhaul in der Cholera, p. 63), paraissait formée uniquement par l'épithélium détaché des parois de l'intestin et accumulé en une espèce de bouchon. Dans le choléra, d'après Böhm , cet épilhélium est éliminé en môme temps que celui du canal intestinal.
§ 159. Follicules clos de l'intestin grèie. — On trouve dans les parois de l'intestin grêle une espèce particulière de vésicules isolées ou réunies en groupes , dont la texture anatomique et le rôle pbysiologique n'ont pas encore été élucidés complètement, et que pour ce motif il convient de décrire sous un nom général.
Les plus importants de ces organes sont les glomérules ou plaques de Peyer {fjlandulœ Pcyerianœ sive agminatœ des auteurs). Ce sont , en général, des organes arrondis ou oblongs, aplatis, situés sans exception au niveau du bord libre de l'intestin, c'est-à-dire celui qui est opposé à l'insertion du mésentère; ils ont leur plus grand diamètre dirigé dans le sens de l'axe longitudinal de l'intestin, et se montrent très distinctement à la face interne sous la forme de taches mal délimitées, lisses et un peu déprimées ; mais on les reconnaît aussi à la face externe de l'intestin, à de petites saillies de la paroi, et par transparence à des taclies foncées. C'est dans l'iléon que siègent habituellement les plaques de Peyer; mais il n'est pas rare d'en rencontrer dans les portions inférieures du jéjunum ; quelquefois on en trouve également dans la moitié supérieure de cet organe, jusque très près du duodénum , et même dans la partie horizontale de ce dernier. Habituellement les plaques de Peyer sont au nombre de 20 à 30, et quand elles remontent très haut, elles peuvent atteindre le chiffre 50 ou 60 ; mais c'est toujours dans la partie inférieure de l'iléon qu'elles sont le plus nombreuses. Les
FOLLICULES CLOS DE L'INTESTIN CliÉLE. 463
plaques ont des dimensions d'autant plus grandes qu'elles sont plus rapprochées du cœcum ; elles mesurent , en général , 1 à h centimètres dans leur plus grand diamètre, qui peut varier d'ailleurs entre 7 millimètres, et 8 à 13 et même 30 centimètres. La largeur des plaques de Peyer est de 7, 11 à '20 millimètres. Au niveau de ces plaques les valvules conniventes sont ordinairement interrompues ; cependant dans le jéjunum elles se continuent quelquefois sur les plaques , tandis que dans L'iléon elles sont souvent remplacées par des séries de vil losités très rapprochées.
Vues de plus près, les plaques de Peyer se présentent comme des réunions de follicules clos sphériques ou se rétrécissant légèrement en cône vers la cavité de l'intestin; ces follicules ont 0mm,40 — 1 à r 2 millimètres de diamètre , et sont très serrés les uns contre les autres; ils sont situés dans la muqueuse, mais s'étendent t> aussi dans le tissu sous - muqueux , de sorte qu'une de leurs faces est à 0""",0r) à 0""",07 au-dessous de la surface delà muqueuse , tandis que l'autre touche la r1G, 217.
tunique musculeuse , qui à ce niveau est
un peu plus adhérente à la muqueuse. Quand on examine la face interne de l'intestin chez l'homme, on remarque avant tout, sur les plaques do Peyer, une foule de petites dépressions arrondies, placées à 0""",75 — 1""", — 2""" de distance les unes des autres ; chacune d'elles répond à un follicule qui soulève légèrement le fond de la dépression ; ces points déprimés ne portent aucune trace de villosités. Le reste de la
Fig. 218.
plaque est garni de villosités ordinaires ou de petits plis anastomosés en réseau et présente les orifices des glandes de Lieberkühn; ces dernières forment particulièrement, autour de chacune des petites saillies déterminées par les follicules, une espèce de couronne composée de six à dix ouvertures au plus (corona tubulorum des auteurs).
Les follicules qui constituent les plaques de Peyer se composent : 1° d'une enveloppe externe complètement fermée, épaisse, assez résistante, formée d'un
Fie. 217. — Plaque de Peyer de l'homme, grossie 4 fois, a, surface de la muqueuse couverte de villosités; b, dépression de la muqueuse au niveau de la plaque, correspondant aux follicules; c, parties intermédiaires garnies de petites villosités.
Fig. 218. — Portion d'une plaque de l'eyer d'un vieillard, d'après Flouch. a, follicule qu entoure une sorte d'anneau formé par les ouvertures des glandes de Licberkùhn ; b, villosités ; c, glandes de Lieberkühn plus isolées.
UÖk HISTOLOGIE SPÉCIALE.
tissu conjonetif vaguement fibrillaire , dans lequel on trouve des noyaux ; et 2° d'un contenu mou, généralement grisâtre, jamais laiteux. Ce contenu, qui s'altère rapidement dans l'eau, se compose d'une petite quantité de liquide et d'un nombre infini de noyaux et de cellules arrondies, de 0",n,,üü9 à 0""",018 de diamètre. A l'état frais les cellules paraissent complètement homogènes et d'une couleur grisâtre; mais, traitées par l'eau et Tacide acé tique, elles s'éclaircissent et se dissolvent ensuite , tandis que les noyaux
deviennent granuleux, et par là même plus distincts.
Ces éléments , qui ça et là contiennent des granulations graisseuses, sont dans un mouvement continuel de formation et de dissolution, ainsi qu'on peut s'en convaincre en comparant entre elles les diverses formes qu'ils présentent. Frei et Ernst ont découvert sur les animaux , et j'ai fait moi-même cette observation sur l'homme, que le contenu des follicules clos est traversé par de nombreux vaisseaux sanguins très lins , de 0m"\003 à 0',in,,009 de largeur, qui se continuent avec le réseau périphérique des follicules : ces vaisseaux sont faciles à voir chez les animaux (le cochon, par exemple). 11 faut, pour cela, prendre les follicules très frais et en extraire le contenu avec précaution.
Nous ne savons que très peu de chose des vaisseaux lymphatiques propres aux plaques de Peyer. Il est certain cependant que les chyliferes qui proviennent de ces plaques sont plus nombreux que ceux des autres points de l'intestin grêle, bien que les villosités y soient en moins grand nombre et moins développées ; nous ignorons complètement comment ces vaisseaux se comportent dans l'intérieur des plaques. Il est probable que les chylifères forment des réseaux autour des follicules; au moins les voit-on à l'extérieur entourer circulairement les follicules, sans s'insérer à leur surface ni pénétrer dans leur intérieur, ce dont on peut s'assurer facilement, grâce à la couleur blanche des vaisseaux remplis de chyle. Il suit de là que, s'il est vrai, comme l'admet Brücke, qu'il existe une communication directe entre les follicules clos et les vaisseaux lymphatiques, cette communication
Fig. 219. — Trois follicules clos des plaques de Peyer du lapin 5 coupées horizontalement par le milieu, pour montrer les vaisseaux de leur intérieur. D'après une injection de frei.
Fig. 219.
FOLLICULES CLOS DE L'iNTESTlN GRÊLE. ^65
ne peut avoir lieu que sur la face du follicule tournée vers la cavité de l'intestin.
Les follicules solitaires {folliculi solitarii) ressemblent si exactement aux éléments des plaques de Peyer, tant sous le rapport du volume que sous celui du contenu (j'y ai trouvé également des vaisseaux, même chez l'homme) et de l'ensemble de la structure, qu'il ne serait nullement rationnel d'en faire un groupe à part, d'autant moins qu'eu égard au nombre, on rencontre toutes les dispositions possibles, et qu'il existe, chez les animaux du moins, des plaques de Peyer conposées seulement de deux, trois à cinq follicules. Chez v^^*^f^'C^: l'homme, le nombre des follicules solitaires est excès- L^: ' »*;Ç^NH* sivement variable : tantôt il est impossible d'en décou- FlG> 220. vrir un seul ; tantôt l'intestin tout entier, jusqu'au bord des valvules conniventes, en est criblé, et tantôt enfin on n'en trouve qu un nombre restreint dans l'iléon et le jéjunum. L'absence complète de toi lirules peut être considérée comme un fait anormal, car chez le nouveau-né et sur les sujets bien portants ils sont constants, plus nombreux dans !<• jéjunum que dans l'iléon ; d'un autre côté, les vésicules miliaires qu'on rencontre souvent en nombre infini dans l'intestin grêle, chez les individus
affectés de catarrhe intestinal, pourraient bien avoir également, en tout ou en partie, un caractère pathologique, car il est démontré que de semblables vésicules se montrent parfois dans d'autres organes, dans le foie, par exemple, d'après Virehow. Les follicules solitaires ont le même siège que les éléments des plaques de Peyer ; mais on les rencontre également le long du bord mésentérique de l'intestin, et leur face tournée vers l'intestin est couverte de villosités et fait ordinairement une légère saillie sous la muqueuse.
C'est pour moi une chose certaine que les follicules des plaques de Peyer n'ont point d'orifice; je ferai remarquer cependant les faits suivants : 1° Sur les animaux frais on trouve toujours les capsules closes sans exception ; il est facile de constater ce fait sur les plaques très développées du cochon, de la brebis, du chat, du chien, etc., que je recommanderai spécialement pour ce genre d'étude, attendu que chez l'homme les plaques de Peyer sont très souvent altérées. V Une ouverture peut être simulée par une dépression delà muqueuse au-dessus du follicule, surtout si la portion proéminente de la paroi glandulaire n'est pas parfaitement tendue. 3° Les follicules clos de l'intestin sont sujets, chez l'homme, à une foule de maladies, de sorte qu'on les trouve souvent déchirés et altérés, et que dans un grand nombre de cas il ne reste plus de la plaque qu'une surface réticulée, creusée de fossettes irrégulières; les follicules peuvent aussi crever seulement après la mort, comme Virehow l'a montré le premier [Medicinisclie Reform, -1848, n° 10, p. 64); lorsqu'on les laisse dans l'eau et dans un lieu un peu chaud; il faut donc regarder comme résultant de la putréfaction un grand nombre des ouvertures qu'on trouve sur le cadavre.
Certes, l'opinion de Brücke, d'après laquelle les follicules des plaques de Peyer seraient en rapport de continuité avec les lymphatiques, mérite considération à tous
Fig. 220. — Follicule solitaire de l'intestin grêle, garni de villosités. D'après Böhm.
égards, car si elle était vraie, ces plaques devraient être assimilées aux glandes lymphatiques ; mais ici, comme dans beaucoup de circonstances, je ne saurais trop prémunir les observateurs contre des conclusions précipitées. Un examen impartial des faits ne permet point d'affirmer que la continuité directe des follicules avec les chylifères, telle qu'elle a été conçue d'abord par Brücke, soit une chose démontrée (voy. mon Anal. Micr., II, <2, p. 4 88), ni qu'il y ait dans l'intérieur des follicules, comme l'admet aujourd'hui le même auteur, des vacuoles pour le chyle qui touchent aux vaisseaux de ces derniers et qui communiquent à l'extérieur avec de véritables lymphatiques. Il est impossible d'ailleurs de nier les différences qui existent entre les plaques de Peyer et les glandes lymphatiques. Dans ces dernières , tous les alvéoles communiquent directement entre eux, tandis que dans les premières tous les follicules, presque sans exception, sont des vésicules closes de tous parts (Henle et Brücke ont vu quelques follicules communiquant entre eux ; mais les faits de cette nature sont certainement très rares , et jamais je n'ai rencontré de follicules privés de paroi d'un côté) ; d'un autre côté, les glandes lymphatiques présentent des vaisseaux afférents et des vaisseaux efférents : ces derniers existeraient seuls dans les plaques de Peyer. Je ferai remarquer enfin, contrairement à l'opinion de Brücke, que les alvéoles des glandes lymphatiques sont souvent remplis de chyle , tandis que jamais on n'a rien observé de semblable sur les follicules des plaques de Peyer [ce que Brücke (Silzungsber. der Wiener Akademie, février 1855) décrit comme du chyle contenu dans les follicules, pourrait bien n'être qu'une accumulation de graisse dans leur intérieur, telle qu'on la rencontre quelquefois dans les follicules solitaires du gros intestin, où certes il ne peut être question de chyle]. Je ne voudrais pas dire cependant que la manière de voir de Brücke est inexacte ; mais j'engagerai les anatomistes à rechercher avant tout s'il existe des lymphatiques dans l'intérieur des follicules, et si les lymphatiques qui naissent des plaques de Peyer sont plus riches en cellules que ceux qui proviennent des autres régions de l'intestin ; ce dernier fait bien constaté suffirait , a mon avis , pour faire regarder les follicules comme dès foyers où se forment les corpuscules lymphatiques.
§ 160. Muqueuse du g'i*os intestin. — La muqueuse du gros intestin ressemble à celle de l'intestin grêle par un si grand nombre de caractères, qu'il me suffira d'attirer l'attention sur quelques particularités qui distinguent ces deux membranes.
La muqueuse du gros intestin, celle du rectum exceptée, ne forme à elle seule aucune espèce de replis, car la couche des fibres musculaires annu- | laires contribue à la formation des plis sigmoïdes. En outre, les villosités font complètement défaut à partir du bord tranchant de la valvule iléocœcale, dans laquelle la tunique musculeuse pénètre également ; sauf quelques petites élevures verruqueuses à peine visibles qu'on trouve en quelques points, la muqueuse du gros intestin est parfaitement unie et lisse. Dans le côlon la couche musculeuse de la muqueuse est difficile à apercevoir chez l'homme, bien qu'elle y existe ; dans le rectum elle est plus distincte. Chez les animaux, j'ai trouvé cette couche très développée. D'après Brücke, les couches de fibres musculaires longitudinales et transversales, qui existent également dans le côlon (chez les animaux?), n'ont que 0"'n,,028 d'épaisseur : cet amincissement porterait sur la couche externe ou des fibres longitudinales , qui serait réduite à trois ou même à deux plans de fibres. Dans le rectum, suivant le même anatomiste, les deux couches auraient de nouveau la même épaisseur, et mesureraient ensemble ()""", 0^7 environ et même