JANVIER 185G
La Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie, attifée à la troisième année de son existence, s'est acquis dans le monde médical une notoriété assez grande pour que chacun puisse aujourd'hui l'apprécier en connaissance de cause; et il nous répugnerait de capter le suffrage public par une de ces formules à l'usage de l'amour-propre et de l'intérêt. I e présent prospectus n'a donc d'autre but que de rappeler : 1° l'étendue du journal; son cadre; l'esprit qui préside à sa rédaction.
1° La Gazette hebdomadaire, publiée dans le format in 4°, n'avait d'abord que 24 colonnes. Dés le troisième numéro, l'administration donna un supplément de 8 colonnes, qui depuis a toujours été continué et a fait partie intégrante de la publication. Enfin, dès avant la seconde année, elle s'était engagée à ajouter, en outre de celle première augmentation, six suppléments de 10 colonnes par an. Cette promesse non-seulement a été -emplie a\ec
scrupule, mais est déjà dépassée du double depuis plusieurs mois. Aujourd'hui donc, la Gazette hebdomadaire contient régulièrement, par numéro, 32 colonnes in-4°, cl de plus, elle donne au moins 200 colonnes de supplément réparties entre ses cinquante-deux numéros. Au boul de l'année, elle forme un beau tome, d'une dimensien commode pour les bibliothèques, et qui contient environ 1000 pages, y compris une table de 40 colonnes en petit-texte.
Nous croyons n'exprimer qu'un fait universellement reconnu, en disant qu'elle se distingue par un soin typographique et un luxe de figures que le journalisme médical n'avait jamais connus, et qu'il n'a pas encore imités.
Le prix n'a augmenté, ni avec l'étendue delà publication, ni avec les frais de dessin et de gravure, qui deviennent chaque jour plus considérables. 11 reste fixé à 24 francs par an.
2° Le cadre que la Gazette hebdomadaire s'était tracé à son origine s'est notablement agrandi. 11 comprenait primitivement : 1° un article critique sur une ou plusieurs questions à Vordre du jour, empruntées à l'Académie de Paris, à l'Académie des sciences, à diverses sociétés savantes de Paris, de la province et de l'étranger, aux livres, aux feuilles périodiques, à l'enseignement; 2° deux Mémoires originaux, ou un mémoire original et un chapitre, d'Histoire et critique, destiné à présenter l'exposé succinct et raisonné des diverses phases et des éléments divers d'une question actuellement agitée dans le public médical; 3° de temps à autre, une Revue clinique des hôpitaux et de la ville ; 4° une Revue de la presse médicale française et étrangère; genre de travail pour lequel de nombreux échanges avec les journaux belges, anglais, américains, allemands, italiens, grecs, espagnols, mettent à notre disposition des matériaux considérables; 6° un compte rendu détaillé de l'Académie de médecine et de l'Académie des sciences; G0 une Revue des livres nouveaux, conçue spécialement au point de vue analytique, de manière à faire connaître autant que possible au lecteur la substance môme des ouvrages; 7° un feuilleton consacré à la littérature, à l'organisation, à la législation et à la philosophie médicales. Celte partie du cadre contient, à des intervalles déterminés, sous le nom de Lettres médicales, une revue des événements, grands et petits, qui peuvent intéresser le monde des médecins ; 8° enfin un article Variétés.
Ce cadre originel n'a pas subi de changements dans la distribution générale; mais il a été l'objet de quelques additions importantes, par suite de nouvelles obligations nées de faveurs successives dont nous avons été honorés.
En premier lieu, le gouvernement, désirant consigner officiellement dans un organe de la presse médicale les actes publics, décrets, arrêtés, circulaires, concernant l'organisation et l'enseignement de la médecine, a fixé son choix sur la Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie, qui a été autorisée, par arrêté de M. le ministre de l'instruction publique, en date du 28 juin 1854, à joindre à son titre celui de Bulletin de l'enseignement
médical. Depuis celle époque, le journal reçoit directement du cabinet du ministre communication des actes dont l'insertion est jugée ulile, et une PARTiiî officielle est réservée à cet effet en tête de chaque numéro. Cette insertion est gratuite. En acceptant les charges qui en résultent, nous n'avons eu d'autre intention, ni d'autre avantage, que de concourir à un acte de bonne administration, et de servir par cela même l'intérêt du corps médical. Ceux qui nous connaissent et qui nous lisent n'ont pas besoin qu'on leui rappelle que le journal, en tant qu'œuvre scientifique, conserve l'entière liberté de ses opinions et ne relève que de lui-même.
D'autres faveurs, non moins précieuses, nous sont venues des sociétés savantes. La Gazette hebdomadaire est devenue successivement l'organe de la Société médicale allemande de Paris, de la Société de médecine du département de la Seine et de la Société anatomique de Paris. Elle publie donc, soit in extenso, soit par extraits, les comptes rendus officiels de ces trois sociétés. La première nous apporte les produits, toujours originaux, d'un pays mal apprécié en France; la deuxième, des travaux lui se distinguent surtout par leur valeur pratique. Des travaux de la Société anatamiqw, la Gazette ne publie habituellement que le Sommaire, mais le droit lui est exclusivement réservé d'en détacher et de faire entrer dans son cadre les mémoires et observations qui seraient plus spécialement à sa convenance.
Z° La Gazktte hebdomadaire n'a pas l'esprit exclusif. Elle sait que le but suprême de la médecine est la guérison des malades, et que tout ce qui y tend d'une façon plus ou moins directe doit être l'objet de ses premières préoccupations. Elle ne croit pas avoir manqué jusqu'ici à cette obligation essentielle d'un journal de médecine. Toutefois, pour répondre à un désir dont l'expression lui est venue de divers côtés, elle a pris et commencé la résolution d'ajouter encore à l'importance de sa partie pratique, et plus particulièrement de donner aux articles de Revue clinique plus d'étendue et de variété. Pour y mieux réussir, au lieu de se confiner dans quelques hôpitaux de la capitale, elîe fait des emprunts aux nombreuses cliniques dont elle trouve le compte rendu dans les journaux de France et de l'étranger. Mais en même temps elle ne saurait perdre de vue que le progrès réel de la pratique neconsistepas dansunc sempiternelleredite deeeque les livres les plus usuels ou l'enseignement officiel sont obligés d'apprendre à ceux qui sont encore sur les bancs, mais qu'il ne peut venir que des progrès de la science ellemême, ou de l'excellence des méthodes. Nous l'avons dit ailleurs : « Les discussions doctrinales sur lesquelles nous vivons depuis si longtemps ne produiront plus rien tant qu'elles ne disposeront pas d'éléments nouveaux. L'anatomie pathologique, la séméiologie, telles qu'on les entend généralement chez nous, c'est-à-dire l'anatomie pathologique avec le scalpel, la séméiologie avec la percussion et l'auscultation, seront bientôt à bout de voie. On a décrit assez de rougeurs, de gonflements, de poin'i'l's, d'indurations, de ramollissements, de sons plessimétriques, de phénomènes acous-
tiques, etc. ; si l'on n'en sait pas plus long quant à la nature des maladies, c'est que ces notions sont insuffisantes. » Voilà pourquoi la Gazette hebdomadaire, sans déserter l'intérêt des praticiens et tout en relevant avec empressement tout ce qui est d'utilité positive et immédiate, s'efforce, autant qu'il est en elle, de pousser" la science dans les voies nouvelles que l'avancement de la chimie organique, l'esprit moderne de l'analomie et de la physiologie lui ouvrent si naturellement. De même, elle se garde bien de négliger les grandes questions de philosophie médicale, bien convaincue que le médecin reste au lit du malade ce qu'il est sur le terrain des doctrines et des méthodes, et que philosopher en médecine, c'est souvent parler clinique. Comment elle comprend cette partie de sa tâche, elle l'a montré dans les plus importantes questions qui aient agité la science depuis longtemps, la question du cancer, celle du vitalisme, et celle de la glycogénie.
Chaque volume commence avec janvier, mais l'abonnement peut partir du premier de chaque mois.
Prix pour Paris , les Départements et l'Algérie.
Un an, 24 francs. — Six mois, 13 francs. — Trois mois, 7 francs.
Prix de l'année pour l'Etranger.
Autriche, Bade, Bavière 24 fr.
Ortchés italiens, Suisse , Portugal , 25
sardaigne 26
Angleterre et Malte, Belgique, Grèce, Pays-Bas, Turquie, Egypte 27
Espagne, Prusse, Pologne, Russie, Suède, Colouies françaises, États-Unis du
Nord (voie d'Angleterre) 28
Toscane £9
Sicile ; "0
États romains 34
Cornu, typog. etstér. de ChétI