CARACTÈRES GÉNÉRAUX DU TISSU NERVEUX
dans la substance grise de la moelle épinière et dans ce qu'on a appelé les ganglions du cerveau ; tandis que dans l'écorce grise du cerveau et du cervelet la substance grise se montre , par places , presque sans fibres nerveuses. Elle renferme également des vaisseaux, beaucoup plus même que la substance blanche , et les ganglions périphériques contiennent de plus diverses formes de tissu conjonctif servant d'enveloppe aux différentes parties du ganglion.
La composition chimique des substances nerveuses est loin d'avoir été étudiée suffisamment. Dans la substance blanche, la fibre centrale des tubes nerveux consiste en une combinaison protéique très analogue à la fibrine musculaire; la gaine médullaire, principalement en graisses de diverses espèces, et l'enveloppe, en une substance analogue au sarcolemme. La substance grise contient surtout un corps albuminoïde, avec une quantité assez notable de graisse.
L'importance physiologique du tissu nerveux tient : 1° à ce qu'il préside aux mouvements et aux sensations; 2° à ce qu'il exerce une certaine in lluence sur les fonctions végétatives; 3° enfin, à ce qu'il sert de mshtratum aux actes de l'àme. Tous les faits connus jusqu'à présent autorisent à croire que dans l'exercice de ces fonctions la substance grise joue le rôle le plus important, et que la substance blanche ne sert que de moyen d'union entre la substance grise et les organes.
Les cellules nerveuses se développent aux dépens des cellules formatrices ordinaires de l'embryon , tandis que les tubes nerveux résultent de la fusion d'un grand nombre de ces cellules, rondes ou étoilées , fusion qui s'étend à la fois à l'enveloppe et au contenu. Dans les tubes à moelle, il se produit en outre une modification particulière du contenu des cellules , par suite de laquelle ce dernier se divise en un fil central solide et en une enveloppe molle. Le mouvement nutritif doit être très énergique dans la substance grise, comme le prouve évidemment la grande quantité de sang qui y afflue; mais les produits de la décomposition de ce tissu sont encore complètement inconnus. La substance nerveuse blanche se régénère assez facilement dans les nerfs périphériques, et aussi , à ce qu'il paraît , dans la moelle épinière. On a observé un développement accidentel de tubes nerveux dans des produits pathologiques; il paraîtrait même, d'après une observalion de Virchow, que de la substance grise pût se produire d'une manière anormale.
Les organes composés de substance nerveuse sont : les cordons nerveux périphériques, les membranes nerveuses et les tubes nerveux, les ganglions, la moelle épinière et Yencépha-le.
On ne trouve de tubes nerveux contenant de la moelle que chez les animaux vertébrés ; encore n'est-ce pas dans toutes les classes : ainsi, par exemple, il n'en existe pas dans la lamproie (Stannius). Toujours on rencontre à côté d'eux des tubes sans moelle, généralement aux mêmes endroits que chez l'homme ; mais on en trouve aussi sur d'autres points, comme dans la peau des mammifères, dans l'organe électrique des poissons, dans le grand sympathique des pl a ci os tomes (Leydig). Les nerfs des inver-
tébrés, quand ils existent , ne contiennent que des tubes pâles, sans moelle, dont la structure rappelle souvent complètement celle des fibres embryonnaires d'animaux supérieurs, surtout en ce qui concerne l'existence de grandes dilatations avec des noyaux dans leurs expansions terminales.
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SECTION V