TROISIÈME SECTION
Régime des femmes en couches.
De nouvelles douleurs, moins fortes que celles dont nous venons de parler, annoncent la délivrance, ou l'expulsion du délivre , qui arrive ordinairement très-peu de temps après la sortie du fœtus , et que l'on favorise par de douces tractions qu'on exerce sur le cordon ombilical , d'abord en ligne directe , puis en le portant alternativement de droite à gauche. On laisse quelques instants la femme sur le lit où elle est accouchée ; puis , après l'avoir appropriée et changée de vêtements avec toutes les précautions nécessaires , de manière à abriter les parties supérieures du contact d'un air froid , on la transporte dans son lit garni d'alèzes , et on lui met autour de l'abdomen une serviette convenablement serrée 5 elle y goûte alors un sommeil bienfaisant, si nécessaire après tant de secousses.
L'air de l'appartement ne doit être ni trop chaud ni trop froid , renouvelé assez souvent, surtout celui qui entoure le lit , ce qu'on obtient en écartant les rideaux -, il faut aussi éviter le bruit , une lumière trop vive , et entretenir la plus grande propreté , en changeant tous les jours de linge de corps , et en étuvant les parties génitales avec de l'eau tiède ou du lait mélangé à une décoction de cerfeuil.
L'alimentation des femmes en couches est la partie la plus importante des soins qu'elles réclament ; non-seulement on a à combattre le désir de manger, mais aussi le funeste préjugé qui veut qu'on les gorge d'aliments substantiels pour réparer les perles qu'elles ont faites , et leur donner des forces 5 ce préjugé est tellement enraciné que, souvent même , le médecin est trompé , et que les accidents qu'il est obligé de combattre tiennent à l'inobservation des règles qu'il a tracées, et il est souvent témoin de péritonites mortelles qui n'ont pas