ACTION HÉROÏQUE
Un de vos camarades tombe par mégarde dans la rivière et va se noyer. Vous êtes moins âgé que lui, plus faible, mais malgré tout, vous vous jetez à l’eau pour le sauver, au péril de votre vie. Votre action n’est pas seulement bonne, elle est héroïque.
Résumé. Les actions humaines se divisent en deux classes, les actions mauvaises et les actions bonnes ; mais chacune de ces deux classes comprend des degrés. Les actions mauvaises sont criminelles, honteuses, injustes, égoïstes, simplement mauvaises; les actions bonnes sont simplement bonnes, justes, charitables, généreuses, héroïqur-. Entre les actions mauvaises et les actions bonnes, il y b. une zone neutre, composée d’actions indifférentes. L’homme doit laisser derrière lui toutes les formes du mal, et par la pratique progressive des actions bonnes, justes, charitables, généreuses, se mettre en état de s’élever, au besoin, jusqu’aux actions héroïques.
Exercices. Qu’est-ce qui est le plus mauvais d’une action injuste ou d’une action égoïste ?
Qu’est-ce qui est le meilleur, d’une action juste ou d’une action charitable ? — Donnez des exemples d’actions indifférentes :
se promener, dormir, manger, etc. — Serait-il prudent de vouloir s’élever tout de suite aux actions les plus nobles, les plus sublimes, sans être passé par les degrés intermédiaires des actions simplement bonnes ?
LA NATURE HUMAINE ET LA MORALE
Le bonheur et la vertu.
(Imité du catéchisme moral de Kant.)
Le maître. Quel est votre plus grand et même votre seul désir dans la vie?
L’élève ne répond pas.
Le maître. N’est-ce pas de réussir en toute chose et toujours selon votre volonté?
L’élève. Certainement.
Le maître. Comment appelez-vous cet état où la volonté est toujours satisfaite ?
L’élève ne répond pas.
Le maître. On l’appelle le honheup, c’est-à-dire une prospérité constante, un parfait contentement.
Si vous étiez le maître de distribuer le bonheur à votre gré et d’en faire don aux autres hommes, l’accorderiez-vous à tout le monde? Par exemple donneriez-vous au paresseux de moelleux coussins ? à l’ivrogne du vin en abondance ? au fourbe de l’or pour tromper plus aisément les autres?
L’élève. Non assurément : je ne donnerai pas aux hommes de quoi satisfaire leurs mauvais penchants.
Le maître. A qui réserveriez-vous donc le bonheur ?
L’élève. A ceux qui en sont dignes.
Le maître. Bien, mais que faut il faire pour en être digne ?
L’élève ne répond pas.
Le maître. Ce qui aspire en vous au bonheur, c’est le penchant^ c’est le désir ; ce qui vous rend capable de résister à votre désir, quand il est mauvais, c’est la liberté de votre volonté; enfin, ce qui vous ordonne de
LA MORALE
surmonter votre désir, c’est votre raison^ ou autrement dit votre conscience. En d’autres tenmes vous aspirez naturellement au bonheur, mais ce qui^vous en rend digne, c’est la pratique de la vertu. Etre digne du bonheur et faire son devoir, c’est tout un.
U élève, "^iais quand l’homme s’est rendu digne du bonheur, est-il sûr de l’obtenir?
Le maître. Assurément. Dès cette vie l’homme de bien peut être heureux : tandis que le méchant ne l’est jamais. Les actions honnêtes sont en même temps utiles tandis que les actions déshonnêtes n’ont jamais d’avantages durables. Il est vrai qu’il peut arriver que le bonheur échappe même au plus vertueux des hommes, car le cours de la nature ne se règle pas de lui-même sur le mérite, et notre bonheur dépend de circonstances qui ne sont pas toutes en notre pouvoir. Dans ce cas il faut en appeler à l’espoir d’une autre vie, compter sur la justice de Dieu, et croire qu’étant digne du bonheur, nous ne pouvons manquer d’y participer d’une façon ou d’une autre.
Résumé. L’homme aspire au bonheur par un penchant naturel, mais il n’a droit au bonheur que par la vertu. Le mérite est l’état d’un homme qui, par la pratique du bien, s’est rendu digne du bonheur. Le démérite est l’état contraire. La vertu est le meilleur, moyen d’être heureux ici-bas , bien qu’il arrive quelquefois que le bonheur échappe même à l’homme vertueux.
Exercices. Qu’appelle-t-on mérite et démérite ? — A quoi la vertu nous donne-t-elle droit ?
— Le bonheur, qui est la conséquence de la vertu, en est- il
le but ? — Faut-il faire le bien seulement pour les avantages qui en résultent? — « Fais œ que dois, advienne que pourra. ►
La nature humaine et La morale