LIVRE II
CLASSIFICATION DES VÉGÉTAUX
Le nombre des végétaux connus est très-considérable. On croit qu’il existe, sur le globe, au moins 140,000 espèces (1), parmi lesquelles plus des deux tiers ont été nommées et décrites. Comment se reconnaître au milieu de tous ces noms et de toutes ces descriptions? Quels guides pourront nous conduire, sans confusion et sans peine, jusqu’à la plante objet de nos recherches?
Ces guides, la science nous les a donnés : ce sont les classifications.
Les classifications sont des arrangements plus ou moins réguliers, dans lesquels sont disposés les végétaux.
Les classifications sont indirectes (2) ou directes (3).
Les premières sont indépendantes de la nature même des objets. L’ordre alphabétique des noms, employé pour les anciens catalogues de graines, est un exemple de ce premier mode de classification. On peut encore citer, comme d’excellents modèles en ce genre, le Botanicon monspeliense de Magnol (1676), et le Cours de botanique médicale comparée de Bodard (1810).
Linné désigne, sous le nom de alphabetarii, les botanistes qui ont employé cette forme de classification. De son temps, on connaissait quarante- neuf ouvrages principaux rédigés par ordre alphabétique.
(1) Théophraste, quatre siècles avant l’ère chrétienne, en a signalé 350; Linné, en 1740, en a réuni 7540; Persoon, en 1805, en adonné 22 000 ; le Prodrome de De Candolle en embrasse, dans ce moment, près de 80 000.
(2) Empiriques de De Candolle.
(3) Rationnelles de De Candolle.