CHAPITRE Y
DU CRYPTOCOQUE.
Le genre Cryptocoque ( Cryptoeoccus ) (I) a été fondé, en 1833, par M. Kützing. Ce groupe comprend des plantes très-simples en organisation. Il est caractérisé par des globules plus ou moins nombreux, qui composent une couche amorphe et diffuse.
Ce genre ne présente chez l’homme qu’une seule espèce.
1° Le Cryptocoque nu ferment (2). — Ce Champignon, observé d’abord dans la bière, a été découvert sur l’homme par MM. Hannover, Henle, Vogel, Itemak, Bœhm...
On regarde ce petit végétal comme constituant lalevure de la bière, et comme donnant naissance par son développement rapide, à des phénomènes d’un haut intérêt (3).
M. Pouchet considère les Cryptocoques du ferment comme les spores d’un petit Champignon qu’il appelle Aspergille polymorphe (4).
Description (fig. 133). — Petites masses agglomérées, homogènes, anguleuses, blanches, à surface lisse, composées de cellules globuleuses ou ovoïdes, incolores, offrant 0mm,009 à
(1) De xfûiîTw, cacher, et xôxxoç, graine.
(2) Cryptoeoccus cerevisiœ Kütz . [Torula eereoisiœ Turp., Cryptoeoccus fermen tum Kütz.), vulgairement Champignon du ferment.
(3) Cagniard de Latour, Schwann, Mitscherlich, Pasteur
(4) Aspergillus polymorphus Pouch. (voy. page 406).
0mm,00i de diamètre, et contenant quelquefois un ou deux petits corpuscules brillants.
Ces cellules se reproduisent par des gemmes qui poussent sur un ou plusieurs côtés et qui atteignent bientôt le volume de la cellule primitive. Il en résulte des chapelets formés de 3 à 5 cellules plus ou moins allongées.
On ne connaît, dit M. Ch. Robin, que ce mode de propagation de ce végélal ; mais sa fructification à l’air n’a pas été vue et
Fig. 133. — Cryptocoque du ferment.
ne pourra se voir, car il pourrit dès qu’il est en contact avec l’atmosphère.
2° Action sur i/homme. — Le Cryptocoque du ferment se développe dans les liquides de l’œsophage, de l’estomac et de l’intestin. Il est souvent introduit dans ces cavités par la bière, mais d’aulres fois il a une origine différente.
M. Hannover l'a trouvé dans l’enduit noirâtre de la langue des typhoïques.M. Lebert l’a observé chez une femme atteinte d’une affection pultacée de la bouche. Vogel l’a vu dans l’urine des diabétiques, dans les déjections alvines et dans les vomissements. Rennett l’a également rencontré dans les matières rejetées par les cholériques.
Cette Algue n’a aucune action sur les organes. A proprement parler, ce n’est point un parasite véritable. Sa présence peut être considérée comme un épiphénomène, une suite de l’altération des humeurs qui en permettent le développement, et non la cause de cette altération, ni même probablement celle des vomissements par lesquels il est expulsé, lorsque c’est dans l’estomac qu’on le rencontre (Vogel, Ch. Rob..).