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FEUILLES. — BELLADONE

base de la corolle, plus courtes que celle dernière, à filets subulés, courbés en dedans, un peu velus à la base, terminés par desanthères petiles, cordiformes, s’ouvrant longitudinalement, rélléchiessurle filet après l’émission du pollen. Ovaire ovoïde, trèsobtusément 5-lobé, appliqué sur un disque jaunâtre, portant un style plus long que les étamines, grêle, cylindrique, et un stigmate légèrement bilobé, papilleux. Fruit (baie) entouréà sa base parle calice étalé en étoile, de la grosseur d’une petite cerise, globuleux, un peu déprimé, charnu, d’abord vert, puis rouge, enfin d’un noir luisant, à deux loges. Graines nombreuses, réniformes.

Fig. 54. — Iielladone commune.

2° Feuilles. — Les feuilles sont alternes, quelquefois géminées, surtout vers le haut, brièvement péliolées, amples, ovales, acuminées, très-entières, superficiellement sinuées, glabres ou pubescentes, vertes, molles, à nervures un peu pâles.

La Belladone contient du malate acide d’atropine, de la gomme, de l’amidon, de la matière colorante, du ligneux et quelques sels (Brandes).

L’atropine cristallise en prismes soyeux, transparents et incolores; vue en masse, elle paraît blanche. Elle fond et se volatilise un peu au-dessus de 100 degrés; elle se dissout à froid.

3° Propriétés et usages. — Les feuilles de la Belladone présentent une légère odeur vircuse. L’atropine est inodore.

Ces feuilles sonl très-narcotiques; elles jouissent de la faculté de dilater la pupille. Autrefois elles passaient pour résolutives. On s’en sert dans la coqueluche, la toux convulsive, la scarlatine, les ophthalmies. Anciennement on les conseillait dans les scrofules, dans la syphilis et dans la paralysie. On en faisait des cataplasmes contre les tumeurs cancéreuses et les engorgements glanduleux. On a vu le sulfate d’atropine réussir dans le tétanos»

On administre ces feuilles en fumigations, en poudre dans du sucre pulvérisé, en eau distillée, en solution, en huile médicinale, en teinture, en extrait ; avec ce dernier on prépare une pommade et un emplâtre. Elles font partie du baume tranquille. L’ atropine est ordonnée en teinture, en sirop, en pilules, en dragées et en collyres (1).

§ IV. — Feuilles de Jusquinme.

i° Plante. — La Jusquiame noire (2) est une plante de la famille des Solanées. Elle est très-commune en France; elle croît dans les lieux incultes et sur les bords des chemins.

Description (fi g. 55). — Plante annuelle. Racines peu épaisses, blanchâtres. Tige haute de 3 à 8 décimètres, dressée, robuste, cylindrique, couverte de poils longs, mous et visqueux, d’un vert grisâtre, rameusesupérieurement. Inflorescence en grappesspiciformes, courtes, roulées en crosse au sommet. Fleurs unilatérales, presque sessiles, d’un jaune sale, veinées de lignes fines violacées, avec des taches d’un violet foncé dans le fond de lagorge. Galice presque campaniforme, un peu tomenteux, s’accroissant après la floraison, à 5 grosses dents écartées, ovales-lancéolées, mucronées, veinées-réticulées. Corolle en entonnoir, à tube court, cylindrique, étroit, un peu plissé longitudinalement, et à limbe oblique, composé de b lobes inégaux, très-obtus; le supérieur, le plus grand, légèrement émarginé. Etamines 5, déclinées; filets un peu velus; anthères oblongues, violettes. Ovaire petit, presque globuleux, glabre. Style long, violacé. Stigmate capitulé. Fruit (capsule) enveloppé par le calicequile dépasse, oblong, un peu ventru àla base, creusé d’unsillon de chaque côté, à 21oges, s’ouvrant transversalement par un opercule supérieur, comme

(1) Voy. le chapitre des Fruits.

(2) Hyoscyamus nigerViaa., vulgairement Jusquiame commune, Hanebane potelée, Careillade.

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