LIV. I, CIIAP. I, OXYGÈNE
On opère d’ordinaire sur 50 grammes de chlorate de potasse, qui donnent 4 litres d’oxygène si l’on arrête l’opération, et c’est ce que l’on fait le plus souvent, au moment où tout le perchlorate de potasse est formé, et 12 litres, si l’on achève la décomposition.
70. Influence des oxydes métalliques suc la décomposition du chlorate de potasse. — Le chlorate de potasse se décompose très-facilement sans donner de perchlorate, quand on le mélange avec une petite quantité de sesquioxyde de fer ou d’oxyde noir de cuivre. Avec le sesquioxyde de fer la décomposition est môme accompagnée d’un vif dégagement de lumière, aussi est-elle explosive et ne doit-on l’opérer que sur une petite quantité de matière. Avec le bioxyde de manganèse naturel le dégagement est aussi très rapide, et si l’on opère en chauffant deux tubes identiques qui contiennent l’un le mélange, l’autre le chlorate pur, on constate que l’oxygène se dégage du premier avant que le chlorate soit fondu dans l’autre. Le. bioxyde provenant de la calcination du nitrate de manganèse n’accélère en aucune façon cette décomposition. On n’est pas encore fixé sur le mode d’action des oxydes métalliques, dans cette circonstance, d’autant plus qu’ils n’éprouvent aucun changement appréciable dans leur composition.
Le mode de préparation, avec addition d’oxyde de manganèse, exige que l’on chauffe la cornue contenant le mélange avec beaucoup de précautions, sans quoi la décomposition pourrait être assez brusque pour entraîner l’explosion de l’appareil. Mais on peut éviter tous les inconvénients en ajoutant au chlorate de potasse son poids d'oxyde rouge de manganèse grossièrement pulvérisé, et faisant dégager le gaz par un large tube abducteur. L’oxyde rouge de manganèse, provenant de la calcination du bioxyde de manganèse, a l’avantage de ne renfermer aucune des impuretés contenues dans ce corps (acide carbonique, azote), qui se mélangent à l’oxygène du chlorate de potasse quand on chauffe ce sel avec du manganèse ordinaire.
Dans les laboratoires où l’on consomme beaucoup d’oxygène, on opère la décomposition du mélange à parties égales de chlorate de potasse et d’oxyde rouge de manganèse dans une bouteille en fer (ordinairement une bouteille à mercure) qui porte un large tube également en fer par lequel le gaz se dégage.
M. Salleron construit, pour cet usage, une sorte de cornue en fonte formée de deux parties : l’une est à fond plat, large et peu élevée ; L’ autre, constituant le dôme, porte unlarge tube de dégagement (ftg 15). Le dôme repose dans une rigole pratiquée sur le pourtour de la pièce
CHIMIE INORGANIQUE
inférieure et le joint est fait avec du plâtre. — Si une obstruction se produisait, ou si le dégagement s’accélérait outre mesure, il ne pourrait en résulter aucun accident, car le joint céderait.
Fig. 15.
Le gaz est recueilli dans le gazomètre Ë.
77. Gazomètre*. — Quand on veut recueillir une quantité un peu considérable d’un gaz quelconque, on fait usage d’un gazomètre. Ces appareils varient beaucoup dans les détails de leur construction: lega-