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LIV. I, CHAP. XVII, COMBUSTIONS

C’est le seul cas ou elle ait été déterminée ; il y a donc là un nouveau sujet de recherches dont l’importance est incontestable.

Nous avons dit que la température réelle de combustion dépendait de la température initiale des produits de combustion et de leur pression. 11 est certain que l'introduction de l’air chaud dans les hauts fourneaux où l’on produit la fonte de fer a pour effet d’élever la température qu'on y développe. M. Frankland, en faisant brûler le gaz oxhydrique sous une forte pression, a vu la flamme, peu éclairante lorsque la combustion s’effectue sous la pression ordinaire, prendre un éclat extrême. Cet éclat de la flamme, d’autant plus grand que sa tem- * pérature est plus élevée, montre bien l’influence de la pression sur la température de combustion. Des expériences récentes de M. Siemens sur la combustion du charbon et des gaz par l’air, dans des appareils convenablement disposés pour qu’on put l’effectuer à la pression de

parce que le phénomène est trop rapide pour que cette cause ait une influence appréciable.

Supposons que le volume V ait un poids égal à l’unité, x représentera alors le poids

d’oxygène. Si 3835 représente le nombre de calories déga-

de vapeur d’eau formée et (1 — x) le poids du mélange restant, qui contiendra - — ^

d hydrogéné et —

gées dans la production de 1 gramme d’eau, 5833X# sera la quantité totale de chaleur dégagée dans l’opération. Comme cette quantité de chaleur est mesurée en condensant l’eau formée, il faut écrire qu’elle est employée : 1° à vaporiser l’eau formée, ce qui exige #x637 calories; ‘2° à échauffer la vapeur d’eau qui en résulte de 100° à T, ce qui exige c (T — 100) calories, c étant la chaleur spécifique de la vapeur d’eau à volume constant et à pression variable; 5° à porter de 0" à T° le mélange non combiné, ce qui absorbe une quantité de chaleur égale à c' (1 — x) T calories, la chaleur spécifique moyenne du mélange (à pression variable et à volume constant) étant égale à c' ; on a donc

x x 037 -f- c (T — 100) —J— c' (1 — x) T — 5833 X x , ou

(2) [3853 — 6dl]x=c' (1 — æ)T-1-c(T — 100).

Les équations (1) et (2), légèrement modifiées quand l’hydrogène et l’oxygène sont mélangés à un gaz inerte, déterminent donc T et x.

Les conclusions essentielles du travail de M. Bunsen sont les suivantes :

1° La température de combustion réelle d’un mélange d’hydrogène pur et sec est d’environ 2800°. Ce résultat diffère peu de celui qu’avaient trouvé MM. Deville et Debray, en opérant la fusion du platine avec des gaz humides , ce quj devait abaisser la température de combustion. Pour cette température de 2800°, la proportion de gaz combinés est de 1/2 seulement.

2° La température de combustion réelle décroît à mesure que la proportion du gaz inerte augmente dans le mélange, mais la valeur de x croît en même temps, ce qui revient à dire que la tension de dissociation diminue avec la température à laquelle est portée la vapeur d’eau.

CHIMIE INORGANIQUE

2 ou 5 atmosphères, ont permis d’obtenir des températures bien supérieures à celles que l’on obtient sous la pression ordinaire.

554. De la lumière qui accompagne la combustion. — Un Corps solide qui brûle devient incandescent dès que sa température est suffisamment élevée. Vers 400°, un corps solide devient rouge obscur; à 1000°, il est déjà blanc, c’est-à-dire fortement lumineux. Les gaz sont toujours peu brillants, même à une température élevée; leur éclat augmente beaucoup s’ils contiennent des particules solides portées à l’incandescence. Telle est la flamme du gaz oxygène et hydrogène, qu’on peut rendre presque aussi brillante que la lumière du soleil en

y introduisant une petite pointe de chaux (lumière de Drummond). * M. Kirchhoff a donné la véritable explication de ces différences. Les gaz 'absorbent peu h lumière à toutes les températures; ils sont par là même (peu éclairants, parce que le pouvoir émissif des corps pour la lumière est proportionnel à leur pouvoir absorbant. Un corps opaque qui absorbe facilement la lumière doit donc, à une même température, en émettre beaucoup plus qu’un gaz et, partant, devenir plus brillant.

555. inflammation. — Un corps ne peut commencer à brûler que s’il est porté à une température convenable; le phosphore et le potassium s’oxydent à la température ordinaire; le charbon brûle seulement à la température du rouge. Pour que la combustion puisse continuer, il faut que la chaleur dégagée par l’oxvdation des particules des corps qui brûlent développe assez de chaleur pour porter les particules voisines à la température d’inflammation.

Si l’on prend du charbon en poudre, l’inflammation, une fois produite, se communique au reste de la masse, parce que la chaleur dégagée par la combustion des parties qui brûlent est à peu près uniquement employée à chauffer les particules voisines. Il n’en est plus de même dans les charbons compacts et bons conducteurs : une portion de cette chaleur étant employée à chauffer toute la masse par conductibilité, il peut arriver que les particules voisines de celles qui brûlent ne soient pas suffisamment échauffées pour brûler à leur tour.

C’est le cas du coke, et surtout du charbon de cornue, qui s’éteignent dans l’air, mais qui peuvent brûler, quand ils sont bien enflammés, dans des fourneaux où l’air se renouvelle rapidement. Il en est de même pour le fer enflammé ; il continue au contraire à brûler dans l’oxygène, parce que la chaleur dégagée est employée presque tout entière à échauffer le mêlai ; sa grande conductibilité n’empêche pas l’inflam-

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