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L1V. I, CI1AP. II, AZOTE

qui l’emporte d’abord sur la diminution de volume résultant de l’absorption de l’oxygène. On fait ensuite passer le gaz dans des éprouvettes, où l’on constatera ses propriétés.

Ce mode de préparation ne donne pas l’azote bien pur. Il contient encore un peu d’oxygène que le phosphore n’a pas absorbé, et la petite quantité d’acide carbonique qui est toujours contenue dans l’air. On peut enlever cet oxygène en introduisant dans chaque éprouvette un bâton de phosphore qui absorbe lentement l’oxygène à froid, mais d’une manière complète. L’expérience dure plusieurs heures ; on sait qu’elle est terminée quand les bâtons de phosphore cessent d’ètre lumineux. On enlève l’acide carbonique en introduisant dans une éprouvette qui con-

Fig. 24.

tient encôre un peu d’eau, un petit fragment de potasse. On ferme ensuite l’éprouvette avec la main, et l’on agite pour mettre l’acide carbonique en contact intime avec la dissolution qui doit l’absorber.

2° Par le cuivre. — On prépare plus facilement l’azote pur de la manière suivante. On fait passer de l’air, préalablement dépouillé de son acide carbonique, sur du cuivre chauffé au rouge, qui absorbe alors très facilement l’oxygène de l’air.

Un grand flacon à deux tubulures contient de l’air. L’une des tubulures est traversée par un large tube terminé à sa partie supérieure par un entonnoir. Si l’on fait écouler de l’eau par ce tube, elle remplira la partie inférieure du flacon et chassera l’air, qui s’échappe par le tube

CHIMIE INORGANIQUE

adapté à la seconde tubulure ( fig . 24). Cet air traverse d’abord un tube à boules de Liebig, contenant une dissolution concentrée de potasse qui absorbera l’acide carbonique. Il pénètre ensuite dans le tube de verre chauffé qui contient la tournure de cuivre; il y perd son oxygène, qui s’unit au cuivre, et l’azote se rend, par un tube abducteur qui termine l’appareil, dans une cuve à eau où on le recueille.

Le tube de verre doit être peu fusible, et il est bon de l’entourer d’une feuille de clinquant afin d’éviter sa déformation.

3° Par l'azotite d'ammoniaque. — On peut encore préparer l’azote par d’autres procédés et notamment par la décomposition de l’azotite d’ammoniaque sous l’influence de la chaleur.

L’azotite d’ammoniaque, chauffé légèrement, se décompose en azote et en eau, d’après la formule suivante :

AzII3,H0,Az05 = 2Az + 4110.

On substitue à l’azotite d’ammoniaque, que l’on se procure difficilement, un mélange de deux dissolutions d’azotite alcalin et de chlorhydrate d’ammoniaque. Lorsqu’on chauffe il se dégage de l’azote :

K0,Az03 + AzII4Cl = KC1 + 2 Vz + 4HO.

4° Par l'ammoniaque. — L’action du chlore sur l’ammoniaque donne également de l’azote: cette réaction sera indiquée à propos du chlore.

L’absorption de l’oxygène de l’air par le cuivre en présence de l’ammoniaque fournit un moyen commode de préparation de l’azote. M. Berthelot a indiqué le dispositif suivant :

On introduit dans un grand flacon d’une dizaine de litres de capacité 200 grammes environ de tournure de cuivre que l’on recouVre d’une dissolution ammoniacale, et le flacon bouché est abandonné à lui-mème pendant un jour ou deux. Le bouchon porte un tube à entonnoir qui plonge jusqu’au fond du flacon et un tube de dégagement muni d’un robinet de verre. On déplace l’azote par de l’eau bouillie et on lave le gaz pour enlever l’ammoniaque entraînée.

97. Propriétés physiques. — L’azote est un gaz incolore, inodore et insipide. Sa densité est 0,97 14 : 1 litre d’azote pèse donc 1,293x0,9714 — 1,257 à la température de 0° et sous la pression de 760. Il est très peu soluble dans l’eau. Un litre d’azote se dissout dans 40 litres d’eau.

En comprimant l’azote à 200 atmosphères dans son appareil, puis

L1V. I. C1IAP. II, AIR.

opérant la détente brusque, M. Cailletet l’a condensé en petites gouttelettes liquides disparaissant rapidement (décembre 1877).

98. Propriétés chimiques. — L’azote est impropre à la respiration : les animaux meurent asphyxiés quand on les met sous une cloche contenant de l’azote. 11 éteint les corps en combustion, mais ne s’enflamme pas. Il ne trouble pas l’eau de chaux, comme le fait l’acide carbonique, avec lequel on l’avait confondu avant Rutherford.

Pendant longtemps on a cru que l’azote ne pouvait se combiner directement avec aucun autre corps ; mais H. Sainte-Claire Deville a fait voir que ce gaz était absorbé par le bore légèrement chauffé: la combinaison est accompagnée d’un vif dégagement de chaleur et de lumière. Mais c’est là une exception assez rare.

Il forme indirectement , avec la plupart des corps, des combinaisons que nous devrons étudier avec le plus grand soin. Cependant, en se plaçant dans des conditions convenables, il est possible d’effectuer un certain nombre de combinaisons de l’azote avec quelques corps simples ou composés.

Nous signalerons, et ces réactions seront étudiées ultérieurement : la combinaison de l’azote et de l’hydrogène sous l’action des étincelles électriques (197 bis) ; la formation des vapeurs nitreuses sous l’influence des étincelles éclatant dans un mélange d’oxygène et d’azote ou accompagnant des oxydations vives ou lentes ; la formation des acides hypoazotique, nitrique, pernitrique par l’effluve; la combinaison de l’azote et de l’acétylène par les étincelles électriques avec formation d’acide cyanhydrique.

M. Berthelot a constaté que, sous l’action de l’effluve à fortes tensions, l’azote et la vapeur d’eau réagissaient pour former de l’azotate d’ammoniaque.

Enfin, l’azote libre et pur est absorbé, sous l’influence de l’effluve, par un grand nombre de matières organiques, le papier, la dextrine par exemple. M. Berthelot a vérifié que, sous l’influence de tensions électriques faibles, comparables à celles qui existent dans l’atmosphère, cette fixation d’azote par les matières organiques se produisait également. C’est là un fait du plus haut intérêt, étant donné le rôle important que joue l’azote dans la nature.

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