Chaleur dégagée dans la combustion de l’hydrogène. — La
chaleur dégagée lors de la combinaison de 8 grammes d’oxygène et de 1 gramme d’hydrogène formant 9 grammes de vapeur d'eau est de-H 29cal,l, c’est-à-dire qu’elle serait susceptible d’élever de 1° la température de 29,1 kilogrammes d’eau ou de 0 à 100° la température de 291 grammes d’eau.
Si l’eau produite était ramenée à Y état liquide , il faudrait ajouter au nombre précédent la quantité de chaleur abandonnée par la condensation de 9 grammes d’eau, et le nombre s’élèverait à-|-34cal,5.
Enfin, si l’eau formée était ramenée à Yétat solide , il faudrait ajouter encore la quantité de chaleur abandonnée par la solidification de l’eau, et la chaleur de formation deviendrait H- 35cal, 2.
129. Applications de l’hydrogène. — La chaleur dégagée par la combinaison de l’hydrogène et de l’oxygène peut, dans les circonstances déterminées, développer une température bien supérieure à celle que nous atteignons dans nos foyers à l’aide des combustions ordinaires :
1° Chalumeau à gaz oxygène et hydrogène. — On obtient la température maximum que l’on peut produire avec les gaz hydrogène et oxygène, en enflammant le mélange de ces deux gaz, dans la proportion exacte de 2 à 1, à l’extrémité d’un tube étroit par lequel on le fait échapper; on obtient ainsi une flamme capable de fondre les métaux les plus réfractaires.
Les appareils employés à cet usage portent le nom de chalumeaux a gaz oxygène et hydrogène.
Comme l’opérateur courrait un danger très sérieux si une notable quantité de ce mélange détonant prenait feu dans l’appareil, il convient, afin de prévenir tout accident, de n’employer qu’un chalumeau à gaz séparés.
Nous donnons le dessin d’un de ces chalumeaux (fig. 42) ; il se com-
CHIMIE INORGANIQUE
pose d’un tube de caoutchouc de quelques millimètres de diamètre intérieur, terminé à l’une de ses extrémités par un tube de cuivre E très étroit et recourbé portant un bout en cuivre assez gros B. L’autre extrémité du tube de caoutchouc est fermée par une garniture en cuivre B qui porte deux tubulures II et 0, munies de robinets; c’est par là que les gaz contenus dans des gazomètres, ou produits directement, arriveront dans l’appareil, mais, pour qu’ils ne puissent se mélanger dans le caoutchouc, la tubulure 0 pénètre dans l’intérieur jusqu’en 0'; on adapte, à l’extrémité de cette tubulure, un autre tube de caoutchouc qui va s’engager à l’autre extrémité sur un petit cylindre 0" intérieur au tube effilé E, fixé à ce tube par une base élargie,
L’oxygène, arrivant par la tubulure 0, passe dans le caoutchouc intérieur et vient, après avoir traversé le cylindre 0", se rendre dans le tube de cuivre étroit E; l’iiydrogène entre par la tubulure H, suit l'intervalle compris entre les deux tubes de caoutchouc et, après
avoir passé dans quelques orifices pratiqués sur la base du cylindre 0", pénètre à son tour dans le tube de cuivre qui termine l’appareil. C’est là seulement que s’effectue le mélange des deux gaz. Le bout de cuivre B sert à refroidir les gaz dans le voisinage de l’extrémité et à empêcher la combustion du mélange de se propager à l’intérieur; en tous cas, quand cet incident a lieu, la quantité du mélange enflammé est trop petite pour que l’explosion puisse déterminer la rupture du cuivre.
Pour faire fonctionner l’appareil, on commence d’abord par faire arriver l’hydrogène par la tubulure II ; au bout de quelques instants l’air contenu dans les tubes est chassé; on l’enflamme alors à l’extrémité B, puis on ouvre le robinet de la tubulure 0 : l’oxygène arrive et donne à la flamme beaucoup plus d’éclat. Un peu d’habitude conduit bientôt l’opérateur à régler l’ouverture des robinets de manière à faire le mélange dans la proportion la plus convenable. On se règle surtout sur l’éclat de la flamme et sur le bruit que font les gaz en brûlant L
1 Quand l’hydrogène est en excès, la flamme est rouge; elle devient bleue quand