LIV. I, CIIAP. IV, AMMONIAQUE
se décompose qu’au rouge. Le gaz ammoniac résultant de cette réaction n’est pas mis en liberté, parce qu’il se combine avec le chlorure de calcium. A la vérité, ce chlorure ammoniacal a déjà une tension de dissociation appréciable à la température ordinaire, mais il fau que cette tension dépasse 760mm pour que le gaz se dégage librement du ballon où s’opère la réaction. C’est pour cela qu’il faut chauffer légèrement l’appareil.
La formule qui représente la préparation de l’ammoniaque est donc :
AzH5,HCl + 2CaO = AzH"> -f CaCl + CaO,HO.
197. Propriétés physiques.. — Le gaz ammoniac a une odeur vive et piquante qui provoque le larmoiement ; sa saveur est âcre et urineuse. Sa densité est représentée par le nombre 0,591 ; 1 litre d’ammoniaque pèse donc 0« r, 768. Il est éminemment soluble dans l’eau, qui en absorbe plus de 1000 fois son propre volume à 0° (15) ; on liquéfie facilement l’ammoniaque en faisant arriver ce gaz dans un tube refroidi à — 40° ; la force élastique de l’ammoniaque liquide à cette température est, en effet, un peu inférieure à la pression ordinaire de l’atmosphère1. Dans les cours on se sert ordinairement de la méthode de Faraday, qui consiste à décomposer dans un tube suffisamment résistant un composé pouvant fournir de grandes quantités de gaz ammoniac sec.
On fait d’abord passer du gaz ammoniac sur du chlorure d’argent bien desséché, à la température de 0°; ce corps2 absorbe plus de 500 fois son volume de gaz et donne une combinaison résultant de l’union de 1 équivalent de chlorure d’argent et de 5 d’ammoniaque (AgCl-f- 5AzH3).
On introduit ce composé dans un tube de verre recourbé, que l’on ferme ensuite à la lampe (fig. 65). On plonge dans de l’eau chaude
1 On produit un froid de 40° avec le mélange réfrigérant de chlorure de calcium hydraté et de neige, mais il est bien plus facile d’utiliser le froid considérable produit par l’évaporation de l’acide sulfureux liquide.
2 II existe deux composés du chlorure d’argent et d’ammoniaque. En faisant passer de l’ammoniaque sur du chlorure d’argent, on obtient le composé le plus riche en ammoniaque (AgCl. 3\zIF), si la température ne dépasse pas 20°, parce que la tension de dissociation de ce composé est encore inférieure à 760mm à cette température. A 25° cette tension étant de 950mm, le même composé se détruirait dans une atmosphère d’ammoniaque maintenue à 760mmJ aussi ne peut-on obtenir dans ces conditions que le composé (2AgCl. 3AzH3). A la température de 68°, la tension de dissociation de ce dernier corps étant de 757mm, on l’obtiendrait encore en maintenant le chlorure d’argent dans une atmosphère d’ammoniaque à 760mm, mais au-dessus de cette température, à 70°, 5, par exemple, où sa tension est de 84Gmm, il se décomposerait même dans cette atmosphère d’ammoniaque.
102 CHIMIE INORGANIQUE
la branche du tube contenant le chlorure, et l’on refroidit l’autre branche avec de la glace. On y voit bientôt se condenser un liquide incolore, transparent, qui est l’ammoniaque liquide ; si on laisse l’appareil se refroidir, la combinaison de chlorure d’argent ammoniacal se reproduit. L’explication de ces phénomènes est la suivante : La tension de l’ammoniaque liquide à 0° est de 4 atmosphères 1/2; par conséquent, si l’on chauffe le chlorure ammoniacal à une température telle que sa tension de dissociation soit supérieure à 4 atmosphères 1/2, la décomposition a lieu parce que le gaz dégagé, soumis dans la partie froide à une pression supérieure à sa tension maximum à 0°, se liquéfie au fur et à mesure qu’il se dégage.
Toutefois la décomposition du chlorure d’argent ammoniacal n’est complète que si le composé (2AgCl,oAzII3), qui prend d’abord naissance dans la décomposition du chlorure ammoniacal (AgCI,5AzIl3) a
lui-même, à cette température, une tension de dissociation un peu supérieure à 4 atmosphères 1/2. Ainsi, si la branche du tube que l’on refroidit est à la température de 0°, il suffit de chauffer un peu au-dessus de 40° la branche qui contient le chlorure ammoniacal (AgCl,3AzH3) pour que la liquéfaction ait lieu, parce qu’à 40° la tension de dissociation de ce com- Fig. Go posé est supérieure à 4 1/2
atm.; mais alors la décomposition du chlorure ammoniacal n’est pas complète : il reste nécessairement dans la branche chauffée le composé 2AgCI, 5AzII3, puisqu’à cette même température de 40° la tension de dissociation de ce composé ne dépasse pas200mm. La matière n’entre pas en fusion dans celte expérience.
On peut néanmoins décomposer ce chlorure dans le tube fermé, en élevant davantage la température. Ainsi M. Isambert, en chauffant à 105°, la branche froide du tube étant à la température de 15°, 8, a obtenu la liquéfaction de l’ammmoniaque avec le composé 2AgCl,T>AzII3;