FER
1091. Fer. — Le fer, le manganèse, le chrome, le nickel et le cobalt forment une famille très-naturelle dans la classe des métaux communs. Ce sont des métaux réfractaires ; ils ne fondent en effet qu’aux températures les plus élevées qu’on peut produire dans les fourneaux ordinaires. Ils sont très-durs, et plusieurs d’entre eux, le fer, le nickel, le cobalt, sont doués d’une ténacité exceptionnelle. Leur densité est comprise entre 6 et 8.
Ils peuvent former avec l’oxygène des composés doués de propriétés différentes, mais les oxydes de même composition de ces divers métaux
sont analogues par l’ensemble de leurs propriétés chimiques. C*est ce qui ressort de l’inspection du tableau suivant :
PeO
MnO
CrO
CoO
ÿiO
Protoxydes isomorphes de la magnésie ét
Fe304
Mn504
Cr304
de Foxyde .de zinc.
Oxydes salins.
Fe203
Mn205
Gr203
Co203
Ni2 O3
Les deux derniers sont peu stables et peu
MnO2
connus ; les trois autres sont isomorphes de l’alumine.
Oxyde singulier, analogue du bioxyde d’étain.
FeO3
MnO3
CrO3
Oxydes acides. Les acides manganique et
Mn2 O7
Cr207
chromique forment des sels bien connus, les manganates et les chromâtes sont isomorphes des sulfates.
L’acide perchromique est très-instable, l’a-
On voit ég<
eide hypermanganique forme des sels isdmorphes des perchlorates.
ilement que cette famille peut se subdiviser en deux grou-
pes, l’un comprenant le fer, le manganèse et le chrome, l’autre le cobalt et le nickel. Ces deux derniers métaux n’ont qu’un sesquioxyde peu stable et ne forment pas d’acide métallique. Nous étudierons le fer ; les
propriétés des autres métaux de cette famille seront indiquées d’une manière plus sommaire dans les chapitres suivants :
FER,Fe = 28.
Ce métal est très-répandu dans la nature, ainsi que nous le verrons en traitant de sa métallurgie ; par ses propriétés, c’est de beaucoup le plus important de tous les métaux connus.
1092. Préparation dta fer pur. — Le fer du commerce contient toujours un peu de carbone et de silicium ; pour l’obtenir à l’état de pureté absolue, on réduit l'oxyde de fer ou l’un de ses chlorures par 1 hydrogène.
1° Réduction de l'Szyde par l'hydrogène. — On fait passer un courant d’hydrogène sur du sesquioxyde de fer chauffé dans un tube de verre ou de porcelaine ; il se produit de l’eau et du fer métallique très-divisé. Si la réduction s’opère à une température basse, le fer divisé s’enflamme dès qu’il a le contact de l’air. Mais il perd cette propriété quand il a été fortement chauffé dans le courant d’hydrogène où on le réduit. On fait ordinairement cette expérience, dans les cours, en réduisant le fer dans un tube de verre muni d’une ampoule, que l’on ferme à la lampe quand l’opération est terminée. On brise la pointe de cette ampoule refroidie, et l’on secoue pour foire tomber le fer ; ce métal s’enflamme dès qu’il a le contact de l’air. L’expérience réussit toujours avec un oxyde de fer quelconque, à la condition de réduire à une basse température (250 à 300°).
Le fer n’est pas le seul métal capable de s’enflammer à l’air. Le nickel et le cobalt préparés de la même manière possèdent cette même propriété, constatée pour la première fois par M. Magnus.
2° Réduction du chlorure. — On met du sesquichlorure de fer dans un tube de verre ou de porcelaine, l’oiry fait passer un courant d’hydrogène bien desséché, et, quand le tube est rempli de ce gaz, on chauffe vers 250° environ le point du tube où se trouve le chlorure, tandis que l’on porte au rouge vif la partie vide du tube. Le chlorure peut se volatiliser sans décomposition dans l’hydrogène à 250°, mais la réduction s’opère dans la partie fortement chauffée, dont les parois se tapissent de cristaux de fer brillants et transparents sous une faible épaisseur.
Le métal obtenu par runc de ces deux méthodes est nécessairement divisé ; on prépare avec le 1er du commerce un fer très-suffisamment