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MANGANÈSE

MANGANÈSE, Mn = 27,50

Le manganèse naturel (bioxyde de manganèse naturel) est employé depuis fort longtemps dans les verreries sous le nom de savon des verriers, à cause de sa propriété de blanchir le verre (coloré par le fer). Mais on ignorait sa véritable nature jusqu’à Bergman et Scheele. Ce dernier surtout démontra en 1774 que ce corps était l’oxyde d’un métal particulier. Cette découverte a un intérêt historique tout particulier. Scheele découvrit en même temps la baryte, associée aux minerais qu’il étudiait, et le chlore comme produit de la réaction de l’acide chlorhydrique sur ce même minerai.

1141. Préparation. — On calcine du bioxyde de manganèse pur (1147), pour le transformer d’abord en oxyde magnétique, que l’on mélange avec une quantité de charbon de sucre un peu inférieure à celle qui produirait la réduction totale de l’oxyde. Ce

mélange , chauffé dans un double creuset de chaux à un violent feu de forge, donne un culot métallique recouvert d’une scorie rougeâtre de manganate de chaux. Le métal ainsi préparé ne contient

évidemment pas de carbone, Fig. 160.

ni d’oxyde ; car la chaux enlève l’oxvde et le transforme en manganate.

L’appareil dans lequel on chauffe ce mélange, servant aussi à la fu-

sion du chrome, du nickel et du cobalt, mérite une description spéciale.

On place sur une forge portative, munie d’un bon soufflet, un manchon ou cylindre en terre réfractaire de 12 centimètres de diamètre intérieur environ (fig. 160); sur une grille percée de petits trous qui ferme la cavité A de la forge, on place un creuset B en chaux réfractaire ; dans l’intérieur du creuset, on en met un second qui contient la matière à fondre. Le creuset extérieur, épais, est destiné à protéger l’intérieur contre l’action de la scorie formée dans la combustion du charbon. On chauffe le double creuset, lentement d’abord, avec du charbon de bois, et quand il est au rouge, on remplit le manchon d’escarbilles, bien dépouillées de mâchefer (ou du charbon de cornues), et l’on fait arriver sous la grille un courant d’air actif. L’échauffement maximum se produit à 2 ou 5 centimètres de la grille et se maintient jusqu’à une hauteur de 7 ou 8 centimètres. C’est dans cette zone que doit se trouver la matière à fondre ; une heure de chauffe suffit amplement à la fusion des matières qui ne sont pas plus réfractaires que le platine ou le quartz. M. Henri Sainte-Claire Deville, à qui l’on doit cette disposition, a pu, de cette manière, fondre ces deux substances et même volatiliser le platine. Mais le molybdène, le tungstène et l’iridium ne peuvent être fondus dans cet appareil.

Brunner en décomposant du fluorure de manganèse par le sodium dans un creuset en terre, a obtenu un culot d’un métal plus fusible que le précédent. Ce n’est pas du manganèse pur, mais bien un siliciure de ce métal qui contient de 1 à 6 p. 100 de silicium, suivant que le creuset a été plus ou moins attaqué par le sodium.

M. Fremy a obtenu du manganèse cristallin en réduisant le chlorure par de la vapeur de sodium, et M. Bunsen en décomposant par la pile une solution concentrée de chlorure de manganèse.

1142. Propriétés. — Le manganèse est un métal d’un gris blanchâtre, peu brillant, dur et cassant. Sa densité est 7 environ; il est presque aussi infusible que le platine. Il s’oxyde facilement à l’air et dans l’eau bouillante, en dégageant de l'hydrogène, et se délite en une poudre noir verdâtre, mélange d’oxyde et de métal non altéré.

OXYDES

Nous avons énuméré les divers oxydes du manganèse et fait ressortir leurs analogies.

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