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CHROME

Découvert par Vauquelin en 1797 dans le plomb rouge de Sibérie (Chromate de plomb). Ce chimiste reconnut plus tard sa présence dans le fer chromé (Fe0,Cr-03) d’où on extrait aujourd’hui les divers composés de chrome.

1164. Préparation. — On chauffe un mélange d’oxyde de chrome (Cr203) et de charbon de sucre en proportion convenable dans l’appareil qui sert a préparer le manganèse. On obtient ainsi un culot gris d’acier, d’un métal très-dur très-brillant dont la densité est égale à 6. Il est inattaquable par l’acide sulfurique et l'acide azotique ; l’acide chlorhydrique le dissout lentement, en dégageant de l’hydrogène et en produisant une dissolution bleue de protochlorure de chrome hydraté. Les alcalis l’attaquent facilement surtout sous l’influence de matières oxydantes.

Le métal que l’on obtient en fondant le mélange d’oxyde et de charbon dans un creuset hrasqué, chauffé dans un bon fourneau à vent, est rarement fondu, c’est une masse métallique poreuse d’un métal plus ou moins carburé ou silicié ; de là les divergences dans les propriétés qui lui ont été assignées par divers auteurs.

On obtient le chrome cristallisé par diverses méthodes :

1° On fait passer sur du chlorure de chrome de la vapeur de sodium entraînée par l’hydrogène (Fremy).

2° On chauffe dans un creuset 1 partie de chlorure de chrome, 2 parties de chlorure de potassium et de sodium à équivalents égaux (858) que l’on recouvre de 2 parties de zinc en grenaille et d’un peu de chlorure alcalin. On chauffe graduellement jusqu’au moment où l’on voit la vapeur de zinc se dégager. Après refroidissement on trouve un culot de zinc fondu sur une scorie verte. On nettoie ce culot et on le traite par

l’acide azotique étendu qui dissout le zinc el laisse les cristaux de chrome (Wôhler).

o° Le chromate de plomb réduit dans un creuset brasqué donne un culot que l’on traite par l’acide azotique étendu, et qui laisse également des cristaux de chrome (IL Debray).

M. Bunsen a obtenu un dépôt de chrome cohérent semblable au fer par l’aspect, en décomposant par la pile une dissolution de protochlorure de chrome, le métal se déposait sur des lames de platine servant d'électrode négative.

OXYDES

On en connaît cinq qui sont le protoxyde, CrO, l’oxyde salin Cr50\ le sesquioxyde, Cr203, et les acides chromique, CrO3, et perchromique, Cr20\ Le protoxyde est inconnu à l’état, anhydre, et quand on essaye de préparer son hydrate en précipitant les sels de prototoxyde par la potasse, on obtient une matière tellement oxydable, qu’elle décompose l’eau en produisant un oxyde salin hydraté, Cr50\H0. L’oxyde salin Cr304, s’obtient en décomposant au rouge sombre, la vapeur de l’oxychlorure de chrome qui traverse un tube de verre. Le verre se recouvre d’une mince couche brune translucide, d’un oxyde fortement magnétique comme l’oxyde correspondant de fer. Cet oxyde chauffé au contact de l’air se transforme en sesquioxyde vert (Wôhler). Nous avons dit (104) que l’acide perchromique prenait naissance quand on traite l’acide chromique par l’eau oxygénée. Cet acide, découvert par M. Barreswill, est à peine connu, on sait seulement que sa dissolution dans l’éther possède une belle couleur bleue, mais on n’a pu jusqu’ici le combiner aux bases minérales sans le décomposer.

Le sesquioxyde de chrome et l’acide chromique sont seuls importants.

Sesquioxyde de chrome anhydre, Cr-O3.

1165. Préparation. — 1° On obtient l’oxyde de chrome pur sous forme de poudre verte d’une belle nuance, en calcinant le chromate de mercure, préparé en précipitant le chromate de potasse par l’azotate d’oxydule de mercure, et lavant le précipité avec soin :

2 (Hg80,Cr05) = 4 H g + 50 + Cr203?

2° On l’obtient plus facilement en chauffant au rouge naissant un mélange de deux parties de bichromate dépotasse et d’une partie de soufre, il se forme du sulfate d"e potasse et de l’oxvde de chrome que l'on sépare

TJ V. III, CI! A P. XII, SESQUIOXYDE DE CHROME HYDRATÉ. 547 par des lavages; en laissant un excès de bichromate, l’oxyde ne retient pas de soufre :

K0,2Cr03 + S — KO, S O3 4- Gr*0\

5° L’oxyde de chrome peut être obtenu sous forme de cristaux rliomhoédriques , isomorphes du corindon, en faisant passer des vapeurs d’acide chloro-chromique, CrO*Cl, dans un tube de terre étroit chauffé au rouge vif. Ces cristaux sont extrêmement durs ; ils sont brillants et d’une belle couleur verte. Leur densité est 5,21 fWôhler), M. Frémv obtient le même oxyde cristallisé en faisant passer un courant de chlore sur du chromate neutre de potasse chauffé au rouge.

1 J6G. Propriétés et usages. — L’oxyde de chrome est encore plus réfractaire que l’alumine; comme elle et le sesquioxyde de fer, il est presque insoluble dans les acides quand il a été calciné. L’hydrogène est sans action sur lui, mais le charbon le réduit à une température élevée. Sa belle couleur le fait employer dans la peinture sur porcelaine.

Vert de chrome Cr205,2H0.

1107. C'est un oxyde hydraté qui constitue une belle couleur verte, (vert- émeraude) qu’on fabrique en grand depuis quelques années, pour les besoins de l’impression des tissus et des papiers peints, par un procédé indiqué parM. Guignet.

1168. Préparation. — On chauffe dans un four à réverbère, à 500° environ, un mélange de 5 parties d’acide borique et de 1 partie de bichromate de potasse, mis en bouillie épaisse avec de l’eau. L’eau se dégage, ainsi qu’une partie de l’oxygène du chromate, et il se produit un borate de chrome et de potasse, qu’on retire du four avec des ringards et qu’on fait tomber dans l’eau, où il se désagrégé et se transforme en borate acide de potasse, qui est soluble, et en oxyde de chrome hydraté, Cr2Û5,2H0, d’une très-belle couleur.

Le vert-émeraude est inaltérable à la lumière solaire, les lumières ar-

lificielles ne changent pas sa nuance ; comme il est d’une innocuité parfaite, il remplace avec avantage les verts arsenicaux qui sont extrêmement vénéneux.

Sesquioxyde de chrome hydraté, Cr-0r>,9H0.

1 169. Il existe deux modifications bien distinctes du sesquioxyde de chrome hydraté, l’une qui correspond aux sels verts de chrome, l’autre aux sels violets.

Lorsqu’on précipite un sel vert de chrome par la potasse ou l’ammoniaque on obtient un oxyde bleu verdâtre qui est soluble dans la potasse en excès. La solution ainsi obtenue, portée à l’ébullition ou évaporée dans le vide, laisse déposer un oxyde anhydre de chrome, vert, insoluble dans les alcalis.

Les sels violets, donnent, par l’ammoniaque un oxyde bleu violacé, caractérisé par sa solubilité dans l’acide acétique et par la propriété qu’il possède de se dissoudre peu à peu dans un excès d’ammoniaque en prenant une coloration rouge vineuse. Comme son isomère il se dissout dans la potasse; l’ébullition le transforme comme lui en oxyde anhydre.

Les deux hydrates chauffés, dégagent progressivement leur eau et deviennent ensuite incandescents si on les porte au rouge; ils perdent alors leur solubilité dans les acides.

L’hydrogène et la plupart des métalloïdes sont sans action sur l’oxyde de chrome, le charbon seul peut le ramènera l’état mêtalliqne.

Acide cbroraique, Crû3.

1170. Préparation. — On le prépare en versant peu à peu dans une dissolution saturée à froid de bichromate de potasse un peu moins d’une fois et demie son volume d’acide sulfurique concentré et exempt de plomb. Le mélange s’échauffe très-fortement, et en se refroidissant il laisse déposer des aiguilles d’un beau rouge cramoisi, que l’on sépare de l’eau mère. On met égoutter ces cristaux sur des briques poreuses ou sur des plaques de porcelaine dégourdie. Cet acide retient un peu d’acide sulfurique et de sulfate de potasse ; on le redissout dans l’eau pure et l’on dissout duchromate de baryte dans une petite quantité de la dissolution ; on verse goutte à goutte celte liqueur dans la dissolution principale, jusqu’au moment où Je précipité de sulfate de baryte cesse de se former. On précipite ainsi tout l’acide sulfurique et on régénère un peu de bichromate de potasse. La liqueur, décantée et évaporée dans le vide sec, donne de beaux cristaux d’acide chromiquc, l’eau mère retient le bichromate de potasse.

1171. Propriétés. — Cet acide cristallise en prismes d’un rouge vif, déliquescents, d’une saveur âpre et amère; il colore la peau en jaune. Il est très-soluble dans l’eau, à laquelle il communique une teinte jaune brun. Chauffé légèrement, il prend une teinte noire, et reprend sa couleur par le refroidissement, fond ensuite et se décompose, si on le chauffe davantage, en oxyde vert et oxygène.

2Cr0s==Cr*03H-0\

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