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PRINCIPAUX SELS DE CUIVRE

Les sels de sous-oxvde de cuivre sont beaucoup moins importants que les sels de protoxyde. Les mieux connus sont les sulfites.

Sulfites de sous-oxyde.

Le sulfite de sous-oxyde de cuivre n’existe qu’à l’état de combinaison avec le sulfite de cuivre et les sulfites alcalins.

1506. Sialfites doubles de sous-oxyde et de protoxyde de cuivre. — Il existe deux sulfites doubles de cuivre, l’un jaune et l’autre rouge, qui ne diffèrent que par leur eau d’hydration; on transforme le sel jaune en sel rouge, en le laissant au contact d’une liqueur acide qui lui enlève trois équivalents d’eau.

Péân de Saint-Gilles a obtenu le sel jaune en versant peu à peu de l’acide sulfureux dans une solution d'acétate de cuivre. Lorsqu’on précipite un sel de cuivre par un sulfite alcalin, on obtient encore ce sel, mais il est toujours mélangé d’une certaine quantité du sulfite alcalin employé à sa préparation. Sa formule est Cu20,S02-bCu0,S02-{-5H0. C’est un précipité amorphe, jaune verdâtre, soluble dans les acides étendus et dans les sels d’oxyde de cuivre, en donnant une solution vert émeraude. Sa solution ammoniacale a une teinte bleu foncé. Par un contact prolongé avec l’acide sulfureux, il se transforme en sel rouge cristallin, insoluble dans l’eau et les acides étendus. Ce sel, découvert par M. Chevreul, ne retient seulement que deux équivalents d’eau.

1507. Combinaisons des sulfites de cuivre avec les sulfites alcalins. — On les obtient en versant un sulfite alcalin en excès dans un sel de cuivre ; ils sont incolores, mais ils s’altèrent rapidement à l’air et se transforment, suivant les circonstances, en sel jaune ou en sel rouge. Les plus faciles à obtenir sont les sels doubles d’ammoniaque.

Péan de Saint-Gilles, en traitant le chlorure cuivreux par un grand excès de sulfite d’ammoniaque, a obtenu le composé

Cu20,S02-f- (AzH40,S02)7 -F-10IIO.

qui est soluble et peut cristalliser en prismes volumineux. Lorsqu’on fait passer un courant d’acide sulfureux dans la dissolution de ce sel, on obtient un précipité blanc cristallin (prismes rliomboïdaux droits), dont la formule est

Cu*0,S02 + AzII40,S02.

Sulfate de cuivre, Cu0,S03 + 5H0 (vitriol bleu).

1508. Préparation. — La majeure partie du sulfate de cuivre du commerce provient du grillage et de la lixivation des sulfures de cuivre, ou de l’affinage des matières d’or et d’argent.

Le sulfate de cuivre du commerce renferme presque toujours du sulfate de fer ou du sulfate de zinc ; ces impuretés ne sont pas toujours nuisibles, car le vitriol bleu est employé concurremment avec le sulfate de fer dans la teinture en noir; mais il est parfois nécessaire d’avoir du sulfate exempt de fer. On a recours alors au sulfate provenant de l’affinage, qui est plus pur, ou bien on purifie par le procédé suivant du sulfate de cuivre exempt de zinc. On ajoute à la dissolution de ce sulfate de l’acide azotique, pour peroxyder le fer, et l’on évapore à siccité; en reprenant par l’eau, on dissout le sulfate de cuivre, et le fer reste presque en totalité à l’état de sous-sulfate insoluble. On fait bouillir ensuite avec un peu d’hydrate d’oxyde de cuivre, pour précipiter le sesquioxyde de fer.

1509. Propriétés et usages. — On obtient ce sel en grands cristaux bleus, transparents et efflorescents à la surface, qui sont des parallélipipèdes doublement obliques, plus solubles à chaud qu’à froid. Le tableau suivant indique cette solubilité à diverses températures.

Températures.

Quantité d’eau qui dissout une partie de Cu0,S03-t- 5HO.

0,47 (Brandus et Firnhaber

A 15° il s’effleurit en perdant 3 équivalents d’eau. A 100° il perd 4 équivalents d’eau, et vers 200° il se transforme en une poudre blanche de sulfate anhydre, qui redevient bleue au contact de l’eau. La dissolution étendue de sulfate de cuivre se décompose vers 250° en acide sulfurique libre et en sulfate quadribasique

4CuO,S03 + 3iIO ou Cu0,S05-t-5(Cu0,II0),

identique à la brochantite (Friedel). Vers le rouge, le sulfate de cuivre se décompose en donnant de l’oxyde de cuivre et une notable quantité d’acide sulfurique anhydre.

L1V. III, CH AP. XXIII, AZOTATE DE CUIVRE. 5‘2l

Le sulfate de cuivre se combine en toutes proportions avec les sulfates du groupe magnésien, de fer, de zinc ; si la dissolution contient un grand excès de sulfate de fer par exemple, le sulfate de cuivre prend 7 équivalents d’eau, comme le sel de fer; mais si, au contraire, le sulfate de cuivre est en excès dans le sel double, les deux sulfates contiennent seulement 5 équivalents d’eau. Cette analogie avec les sulfates du groupe magnésien se retrouve dans les sulfates doubles de cuivre et de potasse ou d’ammoniaque

CuO ,S05-}- K0,S03-f- 6110 et Cu0,S05-f- AzH40,S05-f 6H0,

qui ont la même formule et la môme forme cristalline que les sulfates de magnésie et de potasse ou d’ammoniaque.

Lorsqu’on ajoute de l’ammoniaque à une dissolution de sulfate de cuivre, on obtient d’abord un précipité bleu soluble dans un excès de réactif; en opérant avec des dissolutions concentrées, il se dépose par refroidissement des cristaux d’un bleu foncé qui contiennent, pour 1 équivalent de sulfate de cuivre, Cu0,S03, 2 équivalents d’ammoniaque et 1 équivalent d’eau, Cu0,S03-f-2AzIl5-f-H0 l.

1510. Usages. — Le sulfate de cuivre est employé en médecine pour cautériser ; il sert à chauler le blé, c’est-à-dire à détruire un champignon particulier qui se développe sur le grain ; à produire le noir, des lilas et des violets dans la teinture, et à préparer d’autres sels de cuivre. On en emploie aujourd’hui de grandes quantités dans la galvanoplastie.

Azotate de cuivre, Cu0,Az05 + Aq.

1511. Préparaüon et propriétés. — On le prépare en dissolvant le cuivre dans l’acide azotique étendu, on évapore ensuite la dissolution. Si le sel cristallise vers 20 ou 25°, il retient 4 équivalents d’eau (5 d’après, plusieurs auteurs), et 6 équivalents quand la température est inférieure à 20°.

Cet hydrate constitue des prismes d’un bleu pâle, qui sont effloreseents dans le vide sec. L’hydrate à 4 équivalents est d’un bleu foncé, il est déliquescent et soluble dans l’alcool. Il fond à 114° et se décompose

1 On peut envisager ce composé comme le sulfate d’un oxyde d’ammonium composé

Cu.

AzIl40,S03-J-H0.

Az

à 170°, en donnant un sel basique vert cristallin pour résidu. Bien audessous du rouge, il se transforme en oxyde et vapeurs nitreuses.

Il est facilement décomposable par les matières avides d’oxygène. Si on enveloppe de l’azotate de cuivre avec une feuille d’étain et qu’on le frappe sur une enclume, l’étain prend feu en se transformant en oxyde stannique.

On obtient un azotate ammoniacal de cuivre 2AzIi5,Cu0,Az05 ('), en saturant à chaud par l’ammoniaque une solution concentrée d’azotate de cuivre ; par refroidissement, il se dépose des cristaux bleus, qui appartiennent au prisme rhomboïdal droit. Ils perdent leur ammoniaque quand on les chauffe doucement, et font explosion si on les chauffe brusquement. Si l’on ajoute quelques gouttes d’acide à leur dissolution, il se précipite un sel basique.

1512. Azotates basiques. — Lorsqu’on fait digérer à chaud une solu tion d’azotate de cuivre en excès avec du carbonate de chaux, on obtienl une poudre verte d’azotate tribasique de cuivre 5Cu0,Az05-|-2H0. (H. Debray). D’après Gerhardt, le sel basique obtenu en décomposant partiellement l’azotate par la chaleur, ou en faisant bouillir la dissolution d’azotate avec de l’oxyde de cuivre, serait un sel quadribasique. Obtenu par voiehumide, il retiendrait 3 équivalents d’eau (Cu0,Az05H-3Cu0,H0) . D’après Graliam, au contraire, ces sels seraient tribasiques.

Le sous-azotate de cuivre se dédouble rapidement au contact de l’ammoniaque caustique, en azotate de cuivre ammoniacal et en hydrate d’un bleu cTazur qui retient un peu d’ammoniaque. Il le perd à 130° en devenant vert, sa formule devient alors CuO,HO.

Phosphates de cuivre.

1515. Phosphate orcEinaire 5Cu0,Ph05,5II0. — C est ce phosphate qui se produit sous forme de précipité bleu verdâtre, quand on mélange des dissolutions de phosphate de soude ordinaire et de sulfate de cuivre. L’acide phosphorique dilué, mis en présence du carbonate de cuivre, donne naissance à un liquide bleu qui, chauffé à 70°, donne des cristaux d'une belle couleur bleue du même phosphate (H. Debray).

1514. Uhéthénitc 4CuO,PhOs,IIO. — Le phosphate ordinaire, chauffé avec de l’eau pure dans des tubes scellés, se transforme au-dessus de

Ce serait l’azotate de l'ammonium composé Az

Cu.

AzII4,0Az06.

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